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Solicitud directa (CEACR) - Adopción: 2024, Publicación: 113ª reunión CIT (2025)

Convenio sobre el desarrollo de los recursos humanos, 1975 (núm. 142) - Tayikistán (Ratificación : 1993)

Otros comentarios sobre C142

Observación
  1. 2004

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Articles 1 à 3 de la convention. Adoption et développement de politiques et de programmes d’orientation et de formation professionnelles. La commission note que le gouvernement indique avoir prêté une attention particulière à la mise en valeur des ressources humaines dans la sphère de la formation professionnelle pendant la période faisant l’objet du rapport. À cet égard, il mentionne l’adoption d’un ensemble de textes réglementant le développement, la reconnaissance, la validation et l’accréditation des qualifications, à savoir: 1) en 2020, la «Procédure pour l’assurance qualité des qualifications et leur validation»; 2) en 2022, la «Classification nationale des qualifications»; et 3) en 2022, la «Procédure pour l’élaboration et la reconnaissance des normes de compétence pour chaque profession». Le gouvernement se réfère en particulier au «Programme de formation professionnelle pour les citoyens de la République du Tadjikistan pour la période 2021-2025» dont le but est d’attirer les personnes non qualifiées vers la formation professionnelle. Pendant ce quinquennat, un million de personnes participeront à la formation professionnelle, la priorité étant donnée aux personnes vulnérables, et plus particulièrement aux personnes handicapées. D’après les données statistiques communiquées, 446 personnes handicapées ont suivi des cours de formation professionnelle gratuits. La commission note aussi la mise au point du Programme par pays pour le travail décente (PPTD) de la République du Tadjikistan (2020-2024), qui compte dans ses réalisations l’amélioration de la capacité du système d’éducation et de formation professionnelles (EFP) à réduire l’inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail. En outre, la commission observe que, selon le Profil national d’EFTP du Tadjikistan figurant sur le site de l’UNESCO, un projet de loi sur l’éducation et la formation professionnelles initiales (EFPI) prévoyant l’instauration d’une EFP basée sur les besoins du marché du travail a été approuvé par le gouvernement le 28 septembre 2020 et proposé à l’aval du parlement.
S’agissant des données statistiques demandées, la commission prend note des informations statistiques complètes fournies, en particulier les données ventilées sur les admissions, les diplômes obtenus et l’emploi des personnes ayant suivi des cours de formation professionnelle dans toutes les régions du pays. À propos du nombre des centres dispensant une éducation et une formation professionnelles, le gouvernement dénombre 61 écoles professionnelles et techniques supérieures et centres d’éducation pour adultes, avec 41 sections réparties dans tout le pays. La commission observe en particulier que, sur les 46.409 bénéficiaires de services d’orientation professionnelle, 15.880 étaient des salariés, 3.580 femmes, 462 personnes handicapées, 4.189 jeunes, 1.569 militaires de réserve, 470 anciens détenus et 1.899 travailleurs migrants. Le gouvernement indique que, d’ans l’ensemble, 54 pour cent des personnes qui entament des cours de formation professionnelle subsidiés ont un emploi. Toutefois, d’après le rapport de 2021 de la Banque asiatique de développement «Éducation et formation techniques et professionnelle au Tadjikistan et dans d’autres pays d’Asie centrale», dans l’ensemble, le niveau d’éducation professionnelle de la population active reste bas. Seuls 29,8 pour cent de la main-d’œuvre ont une éducation professionnelle, ce qui est le reflet de la faiblesse du niveau d’industrialisation, quoique cette proportion soit en train de changer. Les données récoltées à l’occasion de trois enquêtes sur la main-d’œuvre montrent que la proportion de personnes de niveau d’éducation professionnelle secondaire ayant un emploi est passé de 7,9 pour cent à 8,9 pour cent entre 2004 et 2016, tandis que la proportion de diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 11,2 à 17.0 pour cent. Dans le même temps, la part des personnes de niveau d’éducation professionnelle primaire ayant un emploi a diminué, passant de 7,5 pour cent à 3,9 pour cent. L’analyse des chiffres de l’enquête sur le main-d’œuvre de 2016 fait apparaître un décalage entre le niveau d’éducation de la population âgée de 30 à 75 ans et l’emploi, indiquant que le travail effectué par 50,2 pour cent de la population adulte salariée ne correspond pas à son niveau d’éducation ou à ses qualifications acquises. Afin d’évaluer avec précision les tendances actuelles, la commission prie le gouvernement de fournir une copie de l’enquête sur la main-d’œuvre la plus récente réalisée en République du Tadjikistan.
Pour finir, la commission note que le rapport du gouvernement ne comporte pas d’informations sur la manière dont il assure une coordination efficace entre l’orientation professionnelle et les politiques et programmes de formation professionnelle, d’une part, et l’emploi et les services publics de l’emploi, d’autre part. La commission tient à souligner à cet égard qu’une coordination efficace entre l’orientation professionnelle, les politiques de formation professionnelle et les services de l’emploi est vitale. Elle est la condition d’une transition harmonieuse de la formation à l’emploi, en réduisant les taux de chômage. Par ailleurs, en calquant la formation sur les besoins du marché de l’emploi, elle réduit l’inadéquation des compétences et accroît la productivité. La coordination évite aussi les duplications de ressources et apporte un soutien total (accompagne parfaitement) aux personnes, générant ainsi un système de mise en valeur de la main-d’œuvre plus dynamique et réactif, dont profitent (au profit de) toutes les personnes concernées. En conséquence, la commission prie le gouvernement de continuer à fournir des informations sur la teneur et l’impact des mesures adoptées dans le but de relever le niveau d’éducation professionnelle de la population, notamment les mesures d’orientation professionnelle et de formation adoptées dans le cadre de la Stratégie pour le secteur de l’éducation couvrant la période 2021-2030, du Programme de formation professionnelle pour les citoyens de la République du Tadjikistan 2021-2025 et du PPTD. Elle le prie également de continuer à fournir des informations actualisées, ventilées par sexe, âge et région, sur l’incidence des mesures mises en œuvre dans le but de promouvoir l’accès aux politiques et programmes d’orientation et de formation professionnelle et d’apprentissage tout au long de la vie, en particulier pour les femmes et les groupes de personnes en situation de vulnérabilité, comme les jeunes et les personnes handicapées. La commission prie en particulier le gouvernement de fournir des informations sur le nombre de diplômés de l’orientation et la formation professionnelles ayant trouvé un emploi après avoir achevé les cours de formation. Enfin, la commission prie le gouvernement de fournir des informations sur l’état d’avancement du projet de loi sur l’éducation et la formation professionnelles initiales (EFPI).
Article 1, paragraphe 5. Égalité de chances. La commission note avec intérêt que le gouvernement a adopté une série de programmes d’orientation professionnelle, de formation et de renforcement des capacités à l’intention des femmes et jeunes-filles, comme le Programme public pour le développement de l’esprit d’entreprise féminin (2023-2027), le Programme public d’éducation, de sélection et de placement de femmes et jeunes-filles douées à des postes de direction pour 2023-2030, la résolution du gouvernement de la République du Tadjikistan no 92 du 1er mars 2012 relative à l’approbation du Programme public pour la formation de spécialistes féminines et la promotion de leur emploi 2012-2015. La commission prie le gouvernement de fournir des informations détaillées sur l’impact de ces programmes et politiques d’orientation et formation professionnelles sur les perspectives d’emploi auxquelles les femmes ont accès.
Quoi qu’il en soit, la commission prend note de l’écart entre hommes et femmes s’agissant du taux d’activité. Beaucoup de femmes en âge de travailler n’ont pas d’emploi rémunéré (69 pour cent), contrairement aux hommes (49 pour cent). En outre, 49 pour cent des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont sans emploi et ne suivent ni études ni formation (les NEET), contre 7 pour cent pour les hommes. D’après le PPTD de l’OIT pour la période 2020-2024, les femmes qui travaillent sont concentrées dans un nombre réduit de professions dans les soins de santé (69,6 pour cent), l’éducation (59,4 pour cent) et l’agriculture (45.0 pour cent) et qui sont mal rémunérées. À ce propos, la commission renvoie au paragraphe 9, alinéa h) de la recommandation no 195 qui dit que les Membres doivent élaborer des stratégies, des mesures et des programmes pour l’égalité des chances afin de former les femmes à la promotion de leurs compétences et de leur accès à des opportunités d’emploi. La commission tient à souligner que, en termes de comparaison, l’élaboration de stratégies efficaces pour l’égalité de chances en matière de formation des femmes implique la démarche suivante: i) procéder à des évaluations des besoins pour identifier les obstacles que rencontrent les femmes; ii) élaborer des programmes de formation inclusifs avec des horaires souples et une aide à la garde des enfants; iii) promouvoir les possibilités de mentorat et constitution de réseaux; iv) appliquer des politiques d’égalité des chances comme pour l’égalité de rémunération et l’impartialité du recrutement; et v) assurer la continuité du soutien et des ressources, et contrôler et évaluer régulièrement les programmes. La commission invite le gouvernement à fournir des informations actualisées et détaillées sur les mesures prises afin d’éliminer l’écart entre hommes et femmes dans les possibilités d’emploi et la ségrégation professionnelle ayant cours. La commission prie en outre le gouvernement de continuer à fournir des données actualisées et ventilées sur la participation des travailleuses à divers secteurs économiques dans toutes les régions.
Article 4. Éducation des adultes. La commission prend note avec intérêt de l’adoption et la mise en application, dans le domaine de l’éducation des adultes, de la loi de 2017 sur l’éducation des adultes et de la loi de 2021 sur la formation des spécialistes en fonction des besoins du marché du travail. Le gouvernement signale qu’entre 2020 et 2022, les centres pour l’éducation des adultes du Tadjikistan ont dispensé une formation professionnelle et validé les compétences professionnelles de 120.081 personnes (dont 60 pour cent de femmes et 40 pour cent de jeunes), la province de Khatlon ayant le plus bénéficié de ces centres (35.472). La commission prie le gouvernement de fournir davantage d’informations statistiques détaillées et ventilées selon l’âge, le sexe et la région sur la fréquentation des centres d’éducation pour adultes et d’évaluer l’impact de ces programme d’orientation professionnelle et de formation professionnelle sur l’emploi à long terme des personnes les ayant fréquentés.
Article 5. Collaboration entre les organisations d’employeurs et de travailleurs. La commission prend note de l’information fournie par le gouvernement suivant laquelle des cours de formation professionnelle, de recyclage et de perfectionnement ont été organisés dans des entreprises et des organisations en collaboration avec l’association des employeurs. Ce sont au total 35.113 salariés qui ont achevé leur formation et leur recyclage, ont perfectionné leurs compétences et effectué des stages dans le courant de 2020. La commission observe que, dans le cadre du PPTD sont prévues des formations pour responsables syndicaux sur la participation effective au dialogue social et la gouvernance en matière de développement des compétences et de politiques d’EFP. La commission note toutefois que le gouvernement ne fournit pas d’informations sur la façon dont les partenaires sociaux et d’autres organismes intéressés participent à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques et programmes d’orientation et de formation professionnelles. En conséquence, la commission prie le gouvernement de fournir des informations détaillées sur le rôle, la contribution et la participation des partenaires sociaux l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques et programmes d’orientation et de formation professionnelles, comme le prescrit l’article 5 de la convention et le demandait la commission dans ses précédents commentaires.
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