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Allégations: i) actes de harcèlement, de stigmatisation et d’intimidation contre des dirigeants employeurs et leurs organisations, dont des actes de violence dirigés contre eux; et ii) marginalisation et exclusion, par les autorités publiques, de l’organisation professionnelle d’employeurs FEDECAMARAS lors des processus décisionnels, excluant ainsi tout dialogue social, le tripartisme et, d’une manière générale, la tenue de consultations sur la prise de décisions dans le domaine économique et social

  1. 313. Le comité a examiné ce cas (présenté en mars 2003) pour la dernière fois lors de sa réunion de juin 2025 et a présenté à cette occasion un rapport intérimaire au Conseil d’administration. [Voir 411e rapport, paragraphes 527 à 556, adopté par le Conseil d’administration à sa 354e session (juin 2025).]
  2. 314. Lors de sa réunion de mars 2026 [voir 413e rapport, paragraphe 7], le comité a adressé un appel urgent au gouvernement, indiquant que, conformément à la procédure prévue au paragraphe 17 de son 127e rapport, approuvé par le Conseil d’administration (1971), il pourrait présenter un rapport sur le fond de ce cas, même si les informations ou observations demandées n’étaient pas reçues dans les délais fixés. À ce jour, le gouvernement n’a transmis aucune information.
  3. 315. Le comité rappelle que plusieurs recommandations de la commission d’enquête – nommée par le Conseil d’administration à la suite de la plainte déposée contre la République bolivarienne du Venezuela par des délégués employeurs à la 104e session de la Conférence internationale du Travail en vertu de l’article 26 de la Constitution de l’OIT, et chargée d’examiner la non-application par ce pays de la convention (no 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, entre autres conventions – ont trait aux questions soulevées dans le présent cas. Le comité observe que la commission d’enquête a indiqué dans son rapport que, compte tenu de la gravité des questions soulevées, la situation et les progrès réalisés dans l’application de ses recommandations devraient faire l’objet d’une supervision active des organes de contrôle de l’OIT concernés. Compte tenu de la gravité et de la persistance des faits évoqués dans le cas en question, le comité a demandé au gouvernement d’adresser, au sujet de ses recommandations précédentes, des observations en tenant compte des recommandations pertinentes de la commission d’enquête, afin qu’il puisse poursuivre son examen du cas en toute connaissance de cause. Le comité observe que le Conseil d’administration examine à chacune de ses sessions le rapport périodique intérimaire sur tout fait nouveau concernant le forum de dialogue social visant à donner effet aux recommandations adressées par la commission d’enquête au gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela.
  4. 316. La République bolivarienne du Venezuela a ratifié la convention (no 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, et la convention (no 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective, 1949.

A. Examen antérieur du cas

A. Examen antérieur du cas
  1. 317. Lors de son examen antérieur du cas, à sa réunion de juin 2025, le comité a formulé les recommandations suivantes [voir 411e rapport, paragraphe 556]:
    • a) Le comité prie le gouvernement de fournir des informations détaillées sur: i) la tenue de la cinquième réunion et des prochaines sessions du forum de dialogue social et les résultats concrets de ces sessions qui mettent en œuvre les recommandations de la commission d’enquête; et ii) les mesures spécifiques prises pour instaurer un climat de confiance fondé sur le respect des organisations d’employeurs et des organisations syndicales, afin de promouvoir des relations professionnelles stables, et pour garantir un processus de dialogue et de consultation tripartite authentique, efficace et conforme aux modalités recommandées par la commission d’enquête et d’autres organes de contrôle de l’OIT. Le comité encourage vivement le gouvernement à recourir à l’assistance technique du Bureau prévue à cet effet, en particulier au service d’accompagnement présentiel par le conseiller spécial de l’OIT pour le dialogue social.
    • b) Le comité espère que les dirigeants de la FEDECAMARAS pourront exercer leurs activités de représentation syndicale dans un climat de liberté et de respect de leurs droits.
    • c) Le comité exhorte le gouvernement et toutes les autorités compétentes à prendre dans les meilleurs délais toutes les mesures nécessaires pour que tous les auteurs matériels et les commanditaires des attaques examinées dans le présent cas soient identifiés et dûment sanctionnés, et pour que les mesures de réparation que les victimes de ces actes ont pu demander leur soient appliquées. Le comité prie le gouvernement de fournir des informations précises sur les progrès accomplis en la matière.
    • d) Le comité espère que le gouvernement redoublera d’efforts pour garantir la mise en œuvre de tous les engagements pris dans le plan d’action et prie le gouvernement de fournir des informations précises sur les progrès réalisés à cet égard, y compris en ce qui concerne les conseils au sein desquels les travailleurs participent à la gestion des activités de production (CPT) et les cas d’expropriation de terres.
    • e) Le comité attire tout particulièrement l’attention du Conseil d’administration sur le caractère grave et urgent du présent cas.

B. Conclusions du comité

B. Conclusions du comité
  1. 318. Le comité rappelle que, dans le cadre de ce cas, il a examiné depuis 2004 de graves allégations de violation de la liberté syndicale concernant en particulier: i) des actes de harcèlement, de stigmatisation et d’intimidation contre des dirigeants employeurs et leurs organisations, y compris des actes de violence à leur encontre, et ii) la marginalisation et l’exclusion, par les autorités publiques, de l’organisation professionnelle d’employeurs FEDECAMARAS des processus décisionnels, excluant ainsi le dialogue social, le tripartisme et, de manière générale, la tenue de consultations relatives à l’adoption de décisions en matière économique et sociale.
  2. 319. Le comité regrette que, malgré le temps écoulé depuis le dernier examen du cas en juin 2025, le gouvernement n’ait pas présenté ses observations, bien qu’il y ait été invité par un appel urgent lancé à l’occasion de sa réunion de mars 2026. Dans ces conditions et conformément à la règle de procédure applicable [voir le 127e rapport, paragraphe 17, adopté par le Conseil d’administration à sa 184e session (1971)], le comité se voit contraint de présenter un rapport sur le fond de ce cas sans pouvoir tenir compte des informations qu’il espérait recevoir du gouvernement.
  3. 320. Le comité rappelle au gouvernement que l’ensemble de la procédure instituée par l’Organisation internationale du Travail pour l’examen d’allégations en violation de la liberté syndicale vise à assurer le respect de cette liberté en droit comme en fait. Le comité demeure convaincu que, si la procédure protège les gouvernements contre les accusations déraisonnables, ceux-ci doivent à leur tour reconnaître l’importance de présenter, en vue d’un examen objectif, des réponses détaillées aux allégations formulées à leur encontre. [Voir premier rapport du comité, 1952, paragraphe 31.]
  4. 321. Le comité observe, par ailleurs, que, depuis le dernier examen du cas, il n’a pas non plus reçu d’informations de la part des organisations plaignantes.
  5. 322. Le comité note que le Conseil d’administration a examiné, lors de ses 355e et 356e sessions, tenues respectivement en novembre 2025 et mars 2026, l’évolution de l’instance de dialogue social en vue de la mise en œuvre des recommandations de la commission d’enquête. Il note également que, lors de cette dernière réunion, le gouvernement a fait part de son intention d’organiser la cinquième session du forum au cours de la deuxième quinzaine d’avril 2026. Le Conseil d’administration, déplorant l’absence de progrès dans la mise en œuvre des recommandations de la commission d’enquête, a exprimé son ferme espoir que, grâce à l’assistance technique du Bureau, de préférence en présentiel, la cinquième session du forum de dialogue social permette l’adoption d’un plan d’action actualisé favorisant la pleine application de ces recommandations, afin de stimuler le dialogue social et de promouvoir la réconciliation nationale et la justice sociale comme fondement d’une paix et d’une prospérité durables en République bolivarienne du Venezuela. Il a également réitéré sa demande au gouvernement d’adopter les mesures nécessaires pour que le Bureau puisse fournir une assistance technique aux partenaires sociaux, de préférence en personne, pendant et entre les sessions du forum.
  6. 323. Le comité note que, selon les informations fournies au Bureau, la cinquième session du forum de dialogue social s’est tenue les 28 et 29 avril à Caracas, au Venezuela, et prend acte du fait que, à cette occasion, le gouvernement, ainsi que les organisations de travailleurs et d’employeurs participantes, parmi lesquelles la FEDECAMARAS, ont décidé, avec l’assistance technique du BIT, de continuer à adopter des mesures visant à approfondir et à renforcer le dialogue social dans le pays, ainsi qu’à actualiser le plan d’action. Le comité note que, entre autres aspects, et en particulier en ce qui concerne les questions examinées dans le présent cas, il a été convenu: i) de continuer à renforcer et à institutionnaliser les espaces de dialogue social tripartite en coordination avec la Table ronde nationale pour les consensus sociaux et du travail et d’évaluer la tenue d’une prochaine session du forum de dialogue social avec l’assistance technique du BIT; ii) en ce qui concerne les conseils au sein desquels les travailleuses et travailleurs participent à la gestion des activités de production, de poursuivre la révision de la législation et des pratiques, en invitant les organisations d’employeurs à transmettre leurs observations et propositions, ainsi qu’en organisant des réunions techniques, afin de réglementer leur fonctionnement dans un délai ne dépassant pas 90 jours; iii) en prenant note des démarches effectuées concernant les terres des dirigeants de la FEDECAMARAS et de la réduction du nombre de cas initialement identifiés, reprendre le dialogue et les contacts avec les organismes compétents pour le règlement des cas encore en suspens, en particulier ceux mis en évidence par la Commission d’enquête, dans un délai ne dépassant pas 30 jours; iv) maintenir la tenue de réunions trimestrielles, afin d’assurer la mise en œuvre et le suivi des engagements pris lors du cinquième forum, et d’établir un rapport détaillé sur les progrès réalisés; et v) solliciter et faciliter l’assistance technique du BIT sous ses différentes formes, notamment en matière de formation aux normes internationales du travail des fonctionnaires et de renforcement des organisations de travailleurs et d’employeurs.
  7. 324. Le comité se félicite de la tenue de la cinquième session du forum de dialogue social et de la mise à jour du plan d’action dans le sens indiqué. Le comité exprime son espoir le plus ferme que tous les efforts continueront d’être déployés pour garantir le respect de tous les engagements pris dans ledit plan d’action et demande au gouvernement de fournir des informations précises sur les progrès réalisés à cet égard, dans le prolongement des recommandations de la commission d’enquête, y compris celles relatives aux conseils au sein desquels les travailleurs participent à la gestion des activités de production et aux cas d’expropriation de terres.
  8. 325. Le comité espère vivement que le gouvernement continuera à prendre, conformément à ce qui a été convenu lors de la cinquième session du forum, des mesures permettant d’instaurer un climat de confiance fondé sur le respect des organisations patronales et syndicales, en vue de promouvoir des relations professionnelles stables, et de garantir que le processus de dialogue et de consultation tripartite soit authentique, efficace et conforme aux formalités recommandées par la commission d’enquête et d’autres organes de contrôle de l’OIT. Dans ce contexte, le comité veut croire que le gouvernement veillera à ce que les dirigeants de la FEDECAMARAS pourront exercer leurs activités de représentation syndicale dans un environnement de liberté et de respect de leurs droits.
  9. 326. Enfin, le comité rappelle que, lors de ses précédents examens du cas, il a exhorté le gouvernement à ce que les auteurs matériels et commanditaires des graves agressions commises contre des dirigeants de la FEDECAMARAS et contre les locaux de l’organisation (décrits en détail dans l’examen du cas de 2021) soient identifiés et dûment sanctionnés dès que possible, et à ce que les mesures de réparation qui auraient pu être demandées par les victimes de ces agressions soient mises en œuvre. Le comité a demandé au gouvernement de fournir des informations précises sur les progrès réalisés à cet égard. N’ayant reçu aucune information à ce sujet, le comité réitère ses recommandations formulées précédemment.

Recommandations du comité

Recommandations du comité
  1. 327. Au vu des conclusions intérimaires qui précèdent, le comité invite le Conseil d’administration à approuver les recommandations suivantes:
    • a) Le comité exprime son espoir le plus ferme que tous les efforts continueront d’être déployés pour garantir le respect de tous les engagements pris dans le plan d’action convenu lors de la cinquième session du forum de dialogue social et demande au gouvernement de fournir des informations précises sur les progrès réalisés à cet égard, dans le prolongement des recommandations de la commission d’enquête, y compris celles relatives aux conseils au sein desquels les travailleurs participent à la gestion des activités de production et aux cas d’expropriation de terres.
    • b) Le comité espère vivement que le gouvernement continuera à prendre, conformément à ce qui a été convenu lors de la cinquième session du forum, des mesures permettant de créer un climat de confiance fondé sur le respect des organisations patronales et syndicales, en vue de promouvoir des relations professionnelles stables, et de garantir que le processus de dialogue et de consultation tripartite soit authentique, efficace et conforme aux formalités recommandées par la commission d’enquête et d’autres organes de contrôle de l’OIT.
    • c) Le comité veut croire que le gouvernement veillera à ce que les dirigeants de la FEDECAMARAS pourront exercer leurs activités de représentation syndicale dans un environnement de liberté et de respect de leurs droits.
    • d) Le comité exhorte une nouvelle fois avec force le gouvernement et toutes les autorités compétentes à prendre dans les plus brefs délais toutes les mesures nécessaires pour que tous les auteurs matériels et commanditaires des attaques examinées dans le présent cas soient identifiés et dûment sanctionnés dès que possible, et pour que les mesures de réparation que les victimes de ces actes ont pu demander leur soient appliquées. Le comité prie le gouvernement de fournir des informations précises sur les progrès accomplis en la matière.
    • e) Le comité attire l’attention du Conseil d’administration sur le caractère grave et urgent de ce cas.
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