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Informe provisional - Informe núm. 415, Junio 2026

Caso núm. 2609 (Guatemala) - Fecha de presentación de la queja:: 24-OCT-07 - Activo

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Allégations: Les organisations plaignantes allèguent un grand nombre d’assassinats et d’actes de violence à l’encontre de syndicalistes ainsi que des lacunes structurelles qui débouchent sur une situation d’impunité sur le plan pénal et en matière de travail

  1. 156. Le comité a déjà examiné ce cas quant au fond à de nombreuses reprises depuis qu’il a été présenté en 2007. Le comité a examiné ce cas la dernière fois à sa réunion de juin 2025, à l’occasion de laquelle il a présenté un rapport intérimaire au Conseil d’administration. [Voir 411e rapport, paragr. 281 à 300  .]
  2. 157. Le gouvernement du Guatemala a fait parvenir ses observations dans deux communications du 8 octobre 2025 et du 14 avril 2026.
  3. 158. Le Guatemala a ratifié la convention (nº 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, la convention (nº 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective, 1949, ainsi que la convention (nº 154) sur la négociation collective, 1981.

A. Examen antérieur du cas

A. Examen antérieur du cas
  1. 159. À sa réunion de juin 2025, le comité a formulé les recommandations suivantes [voir 411e rapport, paragr. 300]:
    • a) Le comité exprime de nouveau sa profonde préoccupation face à la gravité de ce cas qui fait état de nombreux assassinats, tentatives d’assassinat, agressions et menaces de mort et face au climat d’impunité qui prévaut; le comité se sent encouragé par l’engagement exprimé au plus haut niveau de l’État en faveur de la protection de la liberté syndicale et par les actions prises à cet égard, et s’attend à ce que celles-ci conduisent rapidement à des progrès tangibles.
    • b) Le comité prie de nouveau instamment le gouvernement et toutes les autorités compétentes de continuer de prendre et d’intensifier les mesures nécessaires pour enquêter efficacement sur tous les actes de violence perpétrés à l’encontre de dirigeants syndicaux et de syndicalistes, afin d’établir les motifs, les responsabilités et de sanctionner les auteurs et les instigateurs de ces actes, en tenant pleinement compte dans les enquêtes de l’activité syndicale des victimes. Tout particulièrement, le comité prie instamment le gouvernement de: i) continuer à veiller à ce que les ressources allouées au parquet spécialisé lui permettent d’être plus efficace dans la résolution des cas, tant anciens que plus récents; ii) garantir le renforcement de la coordination interinstitutionnelle, en particulier entre le ministère public, le ministère de l’Intérieur, la police nationale et le pouvoir judiciaire, afin que les homicides de membres du mouvement syndical fassent l’objet d’une action intégrée et prioritaire; et iii) s’assurer que des réunions régulières continuent à avoir lieu entre la Commission nationale tripartite des relations professionnelles et de la liberté syndicale (CNTRLLS) et le ministère public, d’une part, et entre le ministère public et les organisations syndicales, d’autre part, en vue d’encourager une collaboration continue et une approche intégrée dans le traitement des cas. Le comité prie le gouvernement de le tenir informé à cet égard.
    • c) Le comité prie de nouveau instamment le gouvernement de prendre, en coordination avec toutes les instances compétentes, les mesures nécessaires pour renforcer significativement l’efficacité des mesures de prévention de la violence antisyndicale et de protection des membres du mouvement syndical en danger. Le comité prie instamment le gouvernement: i) grâce aux efforts coordonnés du ministère de l’Intérieur, de la Police nationale civile, du ministère public et du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, d’identifier, en tenant compte du contenu des jugements déjà prononcés, en consultation avec le mouvement syndical et avec la participation des partenaires sociaux, les principaux foyers de risque de violence antisyndicale au niveau régional et sectoriel en vue de prendre des mesures de prévention efficaces; ii) d’assurer, notamment par l’adoption d’un protocole révisé de mesures de protection des syndicalistes et le renforcement de la ligne d’assistance téléphonique 1543, le fonctionnement de mécanismes efficaces de réaction immédiate en cas d’actes de violence ou de menaces d’actes de violence antisyndicale; et iii) de veiller à ce que le dialogue régulier entre la CNTRLLS et le ministère de l’Intérieur sur les mesures de prévention et d’atténuation des actes de violence antisyndicale soit renforcé. Le comité prie le gouvernement de le tenir informé à cet égard.
    • d) Le comité attire spécialement l’attention du Conseil d’administration sur le caractère grave et urgent du présent cas.

B. Réponse du gouvernement

B. Réponse du gouvernement
  1. 160. Dans ses communications du 8 octobre 2025 et du 14 avril 2026, le gouvernement réaffirme son engagement en faveur de la protection et de la promotion effective de la liberté syndicale, et transmet des informations et des données actualisées sur les mesures prises pour enquêter sur les actes de violence antisyndicale dénoncés dans le cadre du présent cas et pour protéger les membres du mouvement syndical en danger.
  2. 161. S’agissant de prendre et d’intensifier les mesures nécessaires pour enquêter efficacement sur tous les actes de violence perpétrés à l’encontre de dirigeants syndicaux et de syndicalistes (recommandation b)), le gouvernement affirme que des efforts sincères ont été faits dans le cadre des procédures judiciaires pour régler les différents cas en instance. Il indique que 86 cas d’homicide ont donné lieu aux résultats suivants: 28 cas ont abouti à 41 sentences judiciaires (29 condamnations, 11 acquittements et 1 condamnation assortie de mesures de sécurité et de correction); ii) dans 5 cas, les poursuites pénales se sont éteintes en raison du décès des personnes inculpées; et iii) 53 cas ont été classés sans suite en vertu de l’article 327 du Code de procédure pénale.
  3. 162. Pour ce qui est de la coordination entre les différentes instances compétentes en matière de violence antisyndicale, le gouvernement indique qu’une réunion s’est tenue le 24 juin 2025 entre le ministère de l’Intérieur et le ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, lors de laquelle le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il lui fallait recevoir en temps opportun toutes les informations utiles sur les syndicalistes menacés, ainsi qu’obtenir les listes des homicides dont disposent les organisations syndicales.
  4. 163. Le gouvernement ajoute que le groupe de travail technique syndical du ministère public a repris ses travaux et a tenu deux réunions, en mai et en août 2025, lors desquelles il a été proposé de renouveler les formations à l’intention du personnel du ministère public sur l’instruction no 1-2015 concernant la conduite effective d’enquêtes et de poursuites pénales relatives aux infractions visant des syndicalistes, des membres d’organisations de travailleurs et d’autres défenseurs des droits au travail et des droits syndicaux, et il a été insisté sur la nécessité d’avoir connaissance des informations dont disposent les organisations syndicales. Le gouvernement indique que le ministère public s’est efforcé d’organiser des réunions supplémentaires du groupe de travail technique syndical et est résolu à poursuivre les contacts et le dialogue pour assurer la continuité des activités de cette instance.
  5. 164. En ce qui concerne l’adoption de mesures de prévention de la violence antisyndicale et de protection des membres du mouvement syndical en danger (recommandation c)), le gouvernement affirme que les foyers de violence antisyndicale existant dans le pays sont identifiés sur la base des plaintes pour menaces, désobéissance et non-respect d’obligations contre des syndicalistes, pour abus et harcèlement au travail de la part d’employeurs, et pour répression d’activités syndicales. Il indique également que la Direction d’analyse criminelle du ministère public a élaboré en novembre 2025 un outil d’évaluation géographique dénommé «Cas de mort violente de membres du personnel judiciaire et de syndicalistes», qui s’est révélé déterminant pour disposer d’un indicateur graphique des foyers de violence antisyndicale dans le pays et structurer les actions de prévention.
  6. 165. Le gouvernement indique en outre que le ministère de l’Intérieur met actuellement en place un mécanisme de travail et de coordination avec le ministère public, plus précisément avec le parquet spécialisé dans les infractions contre le personnel judiciaire et les syndicalistes, dans le but de faciliter l’échange d’informations et la coordination opérationnelle en temps réel aux fins de l’ouverture d’enquêtes et de la poursuite en justice des auteurs de menaces, et ainsi réduire l’impunité et faire en sorte que chaque signalement soit traité de manière rapide et effective.
  7. 166. Le gouvernement fait également savoir que le ministère de l’Intérieur a achevé la révision et l’adaptation du nouveau Protocole relatif aux mesures de prévention, de protection et de réaction immédiate en faveur des défenseurs des droits de l’homme et des syndicalistes, qui a été modernisé pour être aligné sur les normes internationales les plus élevées en matière de droits de l’homme et de protection des défenseurs des droits de l’homme et des syndicalistes; il a également été adapté au contexte actuel de menaces et de risques au Guatemala, ce qui représente une approche préventive plus solide. Il fait valoir que ledit protocole a été élaboré suivant un processus participatif et transparent, fondé sur la collaboration et un dialogue constant avec les représentants syndicaux, les experts de la Division de la protection des personnes et de la sécurité de la police nationale civile.
  8. 167. Le gouvernement indique également que le protocole susmentionné élargit la notion de protection, pour couvrir non seulement les dirigeants et les responsables, mais aussi les travailleurs syndiqués menacés ainsi que les espaces physiques où s’exercent les activités syndicales. Il mentionne que le protocole est en cours d’approbation par la Direction générale de la police nationale civile; une fois approuvé, il sera mis en œuvre par la Division de la protection des personnes et de la sécurité de la police nationale civile.
  9. 168. En ce qui concerne la ligne d’assistance téléphonique 1543, le gouvernement indique qu’en 2024 le ministère de l’Intérieur a lancé une campagne de sensibilisation en vue de faire mieux connaître cette ligne, qui permet le signalement des menaces contre les défenseurs des droits de l’homme et les syndicalistes, et qu’il communique en permanence avec les organisations syndicales pour élargir la portée de cette campagne et faire en sorte que le message parvienne aux groupes les plus vulnérables. Il précise que le nombre de signalements effectués sur cette ligne est passé de 4 en 2024 à 41 en 2025. Par ailleurs, le gouvernement indique que le ministère de l’Intérieur, en se fondant sur une analyse des risques, a accordé en 2025 des mesures de protection de périmètre à quatre dirigeantes de l’Association des travailleuses domestiques, des travailleuses à domicile et des travailleuses des maquilas (ATRAHDOM) et du Syndicat des travailleuses domestiques, des travailleuses des maquilas et des travailleuses des secteurs apparentés (SITRADOM).
  10. 169. Par ailleurs, le gouvernement indique encourager un dialogue régulier entre la Commission nationale tripartite des relations professionnelles et de la liberté syndicale (CNTRLLS) et le ministère de l’Intérieur sur les mesures de prévention et d’atténuation de la violence antisyndicale. Il mentionne aussi que le ministère susmentionné ne dispose d’aucun crédit budgétaire spécifique destiné à couvrir les dépenses liées aux déplacements des agents de la police nationale civile qui fournissent des services de sécurité personnelle, raison pour laquelle il étudie la possibilité de proposer de créer une norme ou un accord prévoyant et régissant l’affectation de fonds à cette fin.

C. Conclusions du comité

C. Conclusions du comité
  1. 170. Le comité rappelle que le présent cas concerne de nombreuses allégations d’assassinats et d’actes de violence à l’encontre de dirigeants syndicaux et de syndicalistes, ainsi que la situation d’impunité qui en découle.
  2. 171. En ce qui concerne l’adoption et l’intensification des mesures visant à enquêter efficacement sur les actes de violence perpétrés à l’encontre de dirigeants syndicaux et de syndicalistes (recommandation b)), le comité prend note des renseignements actualisés communiqués par le gouvernement sur les résultats obtenus dans les cas d’homicides de membres du mouvement syndical examinés dans le présent cas. Le gouvernement prend note de ce que 86 cas d’homicide ont donné lieu aux résultats suivants: i) 28 cas ont abouti à 41 sentences judiciaires (29 condamnations, 11 acquittements et 1 condamnation assortie de mesures de sécurité et de correction); ii) dans 5 cas, les poursuites pénales se sont éteintes en raison du décès des personnes inculpées; et iii) 53 cas ont été classés sans suite en vertu de l’article 327 du Code de procédure pénale. En ce qui concerne les autres cas d’homicides de membres du mouvement syndical qui en sont à un stade intermédiaire de la procédure, ou encore au stade de l’enquête, le comité constate que les informations communiquées ne dénotent aucune évolution par rapport aux éléments fournis lors de l’examen précédent du cas.
  3. 172. Le comité prend note également des indications du gouvernement selon lesquelles: i) des efforts sincères ont été faits dans le cadre des procédures judiciaires pour régler les différents cas en instance; et ii) le groupe de travail technique syndical du ministère public a repris ses travaux et a tenu deux réunions, en mai et en août 2025, lors desquelles il a été proposé de renouveler les formations à l’intention du personnel du ministère public sur l’instruction no 1-2015, et il a été insisté sur la nécessité d’accéder aux informations dont disposent les organisations syndicales.
  4. 173. Le comité rappelle également que, lors de l’examen du cas no 3505, en mars 2026, il a déploré l’assassinat de la dirigeante syndicale municipale Mme Romelia Velásquez Funes, survenu en septembre 2025, et a prié le gouvernement de lui communiquer, dans le cadre du présent cas, des informations sur les mesures prises pour mener une enquête efficace sur cet assassinat afin que les auteurs et les instigateurs soient sanctionnés.
  5. 174. Le comité prend bonne note des éléments fournis par le gouvernement au sujet des mesures prises par les institutions compétentes pour élucider et sanctionner les nombreux homicides de membres et de dirigeants du mouvement syndical examinés dans le cadre du présent cas. Le comité constate que depuis son dernier examen du présent cas, en juin 2025, le nombre d’homicides ayant donné lieu à des sentences judiciaires est passé de 27 à 28, tandis que le nombre de condamnations prononcées est passé de 21 à 29 (certains homicides ayant donné lieu à plusieurs condamnations). S’il prend bonne note de l’évolution de ces données, le comité constate aussi avec une profonde préoccupation que la plupart des homicides enregistrés ne sont toujours pas élucidés, que le nombre de procédures classées sans suite est passé de 49 à 53 et qu’il n’est fait état d’aucune évolution des procédures relatives aux cas d’homicide en cours d’instance. Tout en reconnaissant la difficulté particulière que représente l’élucidation des homicides les plus anciens, le comité rappelle une fois encore qu’il importe que les enquêtes ouvertes sur des assassinats de syndicalistes aboutissent à des résultats concrets permettant d’établir les faits de manière incontestable, ainsi que les motifs de ces faits et leurs auteurs, de manière à pouvoir appliquer les sanctions appropriées et s’employer à éviter leur répétition à l’avenir. [Voir Compilation des décisions du Comité de la liberté syndicale, sixième édition, 2018, paragr. 96.]
  6. 175. Au vu de ce qui précède, le comité prie de nouveau instamment le gouvernement et toutes les autorités compétentes de continuer de prendre et d’intensifier les mesures nécessaires pour enquêter efficacement sur tous les actes de violence perpétrés à l’encontre de dirigeants syndicaux et de syndicalistes, afin d’établir les motifs, les responsabilités et de sanctionner les auteurs et les instigateurs de ces actes, en tenant pleinement compte dans les enquêtes de l’activité syndicale des victimes. Le comité prie tout particulièrement le gouvernement de: i) continuer à veiller à ce que les ressources allouées au parquet spécialisé lui permettent d’être plus efficace dans la résolution des cas, tant anciens que plus récents; ii) continuer à renforcer la coordination interinstitutionnelle, en particulier entre le ministère public, le ministère de l’Intérieur, la police nationale et le pouvoir judiciaire, afin d’assurer un traitement intégré et prioritaire des homicides de membres du mouvement syndical; et iii) continuer à favoriser une coopération et un dialogue réguliers entre le ministère public et les organisations syndicales, notamment par l’échange d’informations pertinentes, en vue de faciliter l’élucidation desdits homicides. Le comité prie le gouvernement de le tenir informé à cet égard. En vue de renforcer l’efficacité des enquêtes en cours, le comité invite également le gouvernement à étudier la possibilité de solliciter l’assistance du Bureau afin de pouvoir disposer des conseils techniques des ministères publics d’autres États Membres de l’OIT.
  7. 176. En ce qui concerne l’adoption de mesures de prévention de la violence antisyndicale et de protection des membres du mouvement syndical en danger (recommandation c)), le comité prend note des indications du gouvernement selon lesquelles: i) la Direction d’analyse criminelle du ministère public a élaboré en novembre 2025 un outil d’évaluation géographique dénommé «Cas de mort violente de membres du personnel judiciaire et de syndicalistes» afin de disposer d’un indicateur graphique des foyers de violence antisyndicale dans le pays et de structurer les actions de prévention à cet égard; ii) le ministère de l’Intérieur a entrepris de mettre en place un mécanisme de coordination avec la section du ministère public spécialisée dans les infractions contre le personnel judiciaire et les syndicalistes pour faciliter l’échange de renseignements et la coordination opérationnelle dans les enquêtes et la poursuite en justice des auteurs de menaces; iii) le ministère de l’Intérieur a achevé la révision du nouveau Protocole relatif aux mesures de prévention, de protection et de réaction immédiate en faveur des défenseurs des droits de l’homme et des syndicalistes, qui élargit la notion de protection à l’ensemble des travailleurs syndiqués menacés ainsi qu’aux espaces physiques où s’exercent les activités syndicales. et qui sera appliqué par la Division de la protection des personnes et de la sécurité de la police nationale civile; iv) le ministère de l’Intérieur communique en permanence avec les organisations syndicales pour élargir la portée de la campagne de sensibilisation engagée en 2024 pour faire connaître la ligne d’assistance téléphonique 1543, qui a reçu 41 signalements en 2025 après en avoir reçu 4 en 2024; v) des mesures de protection personnelle ont été accordées à quatre dirigeantes de l’ATRAHDOM et du SITRADOM en 2025; vi) un dialogue régulier est encouragé entre le ministère susmentionné et la CNTRLLS sur les mesures de prévention et d’atténuation de la violence antisyndicale; et vii) dans la mesure où le ministère de l’Intérieur ne dispose d’aucun crédit budgétaire spécifique destiné à couvrir les dépenses liées aux déplacements des agents de la police nationale civile qui fournissent des services de sécurité personnelle, il est envisagé de proposer l’élaboration d’un règlement ou d’un accord prévoyant l’affectation de fonds à cette fin.
  8. 177. Le comité salue les mesures prises par le gouvernement afin de prévenir les actes de violence antisyndicale et d’améliorer la protection des membres du mouvement syndical en danger, en particulier l’adoption du nouveau Protocole relatif aux mesures de prévention, de protection et de réaction immédiate en faveur des défenseurs des droits de l’homme et des syndicalistes. Le comité prend également bonne note de l’élaboration par le ministère public d’un outil d’évaluation géographique des actes de violence antisyndicale. Dans le même temps, le comité fait part de sa profonde préoccupation devant l’assassinat susmentionné de Mme Velásquez Funes, survenu en septembre 2025. À cet égard, le comité rappelle une nouvelle fois que les droits des organisations de travailleurs et d’employeurs ne peuvent s’exercer que dans un climat exempt de violence, de pressions ou de menaces de toutes sortes à l’encontre des dirigeants et des membres de ces organisations, et qu’il appartient aux gouvernements de garantir le respect de ce principe. [Voir Compilation, paragr. 84.]
  9. 178. Compte tenu de ce qui précède, le comité prie instamment le gouvernement de continuer de prendre et d’intensifier, en coordination avec toutes les instances compétentes, les mesures nécessaires pour renforcer significativement l’efficacité des mesures de prévention de la violence antisyndicale et de protection des membres du mouvement syndical en danger. Tout particulièrement, le comité prie instamment le gouvernement: i) en consultation avec le mouvement syndical et avec la participation des partenaires sociaux, et en tenant compte du contenu des jugements déjà prononcés, de continuer de renforcer l’instrument d’évaluation des principaux foyers de risque de violence antisyndicale tant au niveau régional que sectoriel en vue de prendre des mesures de prévention ciblées et efficaces; ii) d’assurer, notamment par l’application du nouveau Protocole relatif aux mesures de prévention, de protection et de réaction immédiate en faveur des défenseurs des droits de l’homme et l’utilisation de la ligne d’assistance téléphonique 1543, le fonctionnement de mécanismes efficaces de réaction immédiate en cas d’actes de violence ou de menaces d’actes de violence antisyndicale; iii) de le tenir informé de la création possible d’un mécanisme de coordination entre le ministère de l’Intérieur et la section du ministère public spécialisée dans les infractions contre le personnel judiciaire et les syndicalistes, et de l’élaboration possible d’un règlement ou d’un accord pour faciliter la prestation de services de sécurité personnelle; et iv) de continuer de veiller à ce que le dialogue régulier entre la CNTRLLS et le ministère de l’Intérieur sur les mesures de prévention et d’atténuation des actes de violence antisyndicale soit renforcé. Le comité prie le gouvernement de le tenir informé à cet égard.
  10. 179. Le comité rappelle également que la persistance de la violence antisyndicale et la situation d’impunité qui en découle font partie des allégations de la plainte déposée contre le Guatemala en juin 2023 en application de l’article 26 de la Constitution de l’OIT par différents délégués devant la Conférence internationale du Travail. S’il se sent encouragé par les mesures concrètes prises par le gouvernement et décrites ci-dessus, le comité le prie de prendre dûment en considération les points soulevés dans les présentes conclusions afin de continuer à réaliser des progrès tangibles dans les meilleurs délais.

Recommandations du comité

Recommandations du comité
  1. 180. Au vu des conclusions intérimaires qui précèdent, le comité invite le Conseil d’administration à approuver les recommandations suivantes:
    • a) Tout en reconnaissant les efforts déployés par le gouvernement, le comité, compte tenu de la situation actuelle, prie de nouveau instamment le gouvernement et toutes les autorités compétentes de continuer de prendre et d’intensifier les mesures nécessaires pour enquêter efficacement sur tous les actes de violence perpétrés à l’encontre de dirigeants syndicaux et de syndicalistes, afin d’établir les motifs, les responsabilités et de sanctionner les auteurs et les instigateurs de ces actes, en tenant pleinement compte dans les enquêtes de l’activité syndicale des victimes. Tout particulièrement, le comité prie instamment le gouvernement de: i) continuer à veiller à ce que les ressources allouées au parquet spécialisé lui permettent d’être plus efficace dans la résolution des cas, tant anciens que plus récents; ii) continuer à renforcer la coordination interinstitutionnelle, en particulier entre le ministère public, le ministère de l’Intérieur, la police nationale et le pouvoir judiciaire, afin d’assurer un traitement intégré et prioritaire des homicides de membres du mouvement syndical; et iii) continuer à favoriser une coopération et un dialogue réguliers entre le ministère public et les organisations syndicales, notamment par l’échange d’informations pertinentes, en vue de faciliter l’élucidation desdits homicides. Le comité prie le gouvernement de le tenir informé à cet égard. En vue de renforcer l’efficacité des enquêtes en cours, le comité invite également le gouvernement à étudier la possibilité de solliciter l’assistance du Bureau afin de pouvoir disposer des conseils techniques des ministères publics d’autres États Membres de l’OIT.
    • b) Le comité prie instamment le gouvernement de continuer de prendre et d’intensifier, en coordination avec toutes les instances compétentes, les mesures nécessaires pour renforcer significativement l’efficacité des mesures de prévention de la violence antisyndicale et de protection des membres du mouvement syndical en danger. Tout particulièrement, le comité prie instamment le gouvernement: i) en consultation avec le mouvement syndical et avec la participation des partenaires sociaux, et en tenant compte du contenu des jugements déjà prononcés, de continuer de renforcer l’instrument d’évaluation des principaux foyers de risque de violence antisyndicale tant au niveau régional que sectoriel en vue de prendre des mesures de prévention ciblées et efficaces; ii) d’assurer, notamment par l’application du nouveau Protocole relatif aux mesures de prévention, de protection et de réaction immédiate en faveur des défenseurs des droits de l’homme et l’utilisation de la ligne d’assistance téléphonique 1543, le fonctionnement de mécanismes efficaces de réaction immédiate en cas d’actes de violence ou de menaces d’actes de violence antisyndicale; iii) de le tenir informé de la création possible d’un mécanisme de coordination entre le ministère de l’Intérieur et la section du ministère public spécialisée dans les infractions contre le personnel judiciaire et les syndicalistes, et de l’élaboration possible d’un règlement ou d’un accord pour faciliter la prestation de services de sécurité personnelle; et iv) de continuer de veiller à ce que le dialogue régulier entre la CNTRLLS et le ministère de l’Intérieur sur les mesures de prévention et d’atténuation des actes de violence antisyndicale soit renforcé. Le comité prie le gouvernement de le tenir informé à cet égard.
    • c) Le comité prie à nouveau le gouvernement de fournir des informations sur les mesures prises pour garantir une enquête efficace sur l’assassinat de Mme Romelia Velásquez Funes, afin que les auteurs et les instigateurs soient sanctionnés.
    • d) Le comité attire spécialement l’attention du Conseil d’administration sur le caractère grave et urgent du présent cas.
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