Allégations: Les organisations plaignantes allèguent des actes d’intimidation et
de harcèlement contre des travailleurs dans le cadre de manifestations publiques qui se sont
déroulées en 2019, une répression des libertés publiques par l’adoption, en 2020, de la loi
relative à la sécurité nationale, l’interdiction des rassemblements publics en vertu
du règlement relatif à la prévention et à la maîtrise des maladies (interdiction des
rassemblements), adopté dans le cadre de la lutte contre le COVID 19 en 2020, et les
poursuites engagées contre des dirigeants syndicaux au motif qu’ils ont participé à des
manifestations
- 109. Le comité a examiné le présent cas (soumis en mars 2021) pour la
dernière fois à sa réunion de mars 2025 et, à cette occasion, a présenté un rapport
intérimaire au Conseil d’administration. [Voir 409e rapport, paragr. 109-160, approuvé
par le Conseil d’administration à sa 353e session .]
- 110. Le gouvernement de la Chine a transmis les observations du
gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong-kong, Chine (ci-après «RAS de
Hong-kong») dans une communication en date du 30 janvier 2026.
- 111. La Chine a déclaré la convention (no 87) sur la liberté syndicale et
la protection du droit syndical, 1948, applicable sur le territoire de la RAS de
Hong-kong avec modifications. Elle a déclaré la convention (no 98) sur le droit
d’organisation et de négociation collective, 1949, applicable sans modifications.
A. Examen antérieur du cas
A. Examen antérieur du cas- 112. Lors de sa réunion de mars 2025, le comité a formulé les
recommandations suivantes [voir 409e rapport, paragr. 160]:
- a) Le comité exhorte
le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong-kong, Chine (ci-après
«RAS de Hong-kong»), en consultation avec les partenaires sociaux, de surveiller
l’impact que la loi relative à la sécurité nationale (LSN) a déjà eu et est
susceptible d’avoir sur l’exercice de la liberté syndicale afin que ce comité
dispose de toute l’information nécessaire pour examiner l’impact de la loi dans la
pratique.
- b) Le comité prie instamment le gouvernement de la RAS de
Hong-kong de revoir l’ordonnance relative à la sécurité nationale (OSN) en
consultation avec les partenaires sociaux et lui rappelle la possibilité de se
prévaloir de l’assistance technique du Bureau à cet égard. Il prie le gouvernement
de la RAS de Hong-kong de fournir des informations détaillées sur les mesures prises
en ce sens.
- c) Le comité prie instamment le gouvernement de la RAS de
Hong-kong de prendre toutes les mesures appropriées pour faire en sorte que M. Lee
Cheuk Yan ne soit pas poursuivi et ne soit pas emprisonné pour avoir exercé des
activités syndicales légitimes et demande au gouvernement de fournir des
informations sur toutes les mesures prises à cette fin. Le comité prie urgemment le
gouvernement de la RAS de Hong-kong de fournir des informations précises sur les
activités qui justifient la mise en accusation de M. Lee Cheuk Yan pour «incitation
à la subversion», et sur l’évolution de la procédure dont il fait l’objet, y compris
le jugement qui sera rendu par le tribunal. Il prie en outre instamment le
gouvernement de la RAS de Hong-kong de prendre toutes les mesures possibles afin de
permettre la libération de M. Lee Cheuk Yan dans l’attente de son prochain procès et
de faciliter une prise de décision expéditive dans l’affaire le
concernant.
- d) Le comité prie le gouvernement de la RAS de Hong-kong et les
organisations plaignantes d’indiquer s’il a été fait appel de la décision du
tribunal concernant Mmes Carol Ng et Winnie Yu, et de lui faire connaître la date
prévue de leur libération, étant donné que les deux militantes sont détenues dans
l’attente du procès.
- e) Le comité prie le gouvernement de la RAS de
Hong-kong de confirmer qu’aucune décision n’a été prise concernant Mme Elizabeth
Tang, et qu’il n’existe aucune mesure judiciaire en suspens la
concernant.
- f) Le comité prie instamment le gouvernement de la RAS de
Hong-kong de fournir des informations détaillées sur la situation qui concerne
M. Christopher Mung et d’autres syndicalistes sans autre délai.
- g) Le comité
prie le gouvernement de la RAS de Hong-kong de fournir des informations concernant
le résultat du recours en appel introduit en août 2023 par le département de la
justice contre l’acquittement de Mme Jackie Chan Hung-Sau, ancienne membre du comité
exécutif du Syndicat général des travailleurs sociaux de Hong-kong
(HKSWGU).
- h) Le comité prie le gouvernement de fournir des informations sur
l’issue de la procédure concernant Mme Kar Yue Cheng, ainsi que de mener une enquête
indépendante sur le licenciement allégué de Mme Selina Cheng, présidente de
l’Association des journalistes de Hong-kong (HKJA), et de fournir des informations
détaillées à cet égard.
- i) À la lumière des questions soulevées concernant
la LSN et l’OSN, le comité rappelle qu’il s’attend à ce que la LSN et les règlements
connexes ne soient pas appliqués aux interactions et activités normales des
syndicats et des organisations d’employeurs, y compris en ce qui concerne leurs
relations avec les organisations internationales d’employeurs et de travailleurs. Le
comité exhorte le gouvernement, en consultation avec les partenaires sociaux, à
prendre toutes les mesures nécessaires, y compris sur le plan législatif, pour
garantir, dans la législation et dans la pratique, la pleine jouissance des droits
syndicaux dans la RAS de Hong-kong, dans un climat exempt de violence, de menaces et
de pressions, et de fournir des informations détaillées sur toutes les mesures
prises en ce sens.
B. Réponse du gouvernement
B. Réponse du gouvernement- 113. Dans sa communication datée du 30 janvier 2026, le gouvernement de
la Chine transmet les observations du gouvernement de la RAS de Hong-kong sur les
précédentes recommandations du comité.
- 114. Tout d’abord, le gouvernement de la RAS de Hong-kong souligne que
les libertés et droits fondamentaux sont pleinement protégés dans la RAS de Hong-kong,
conformément à la Constitution de la République populaire de Chine et à la loi
fondamentale de la RAS de Hong kong. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong considère
que le comité devrait s’acquitter de ses fonctions de manière juste et objective,
respecter l’indépendance des tribunaux de la RAS de Hong-kong et empêcher quiconque de
détourner le mécanisme qu’il offre pour s’immiscer dans les procédures judiciaires en
cours.
- 115. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong rappelle à nouveau que
l’article 27 de la loi fondamentale dispose que les résidents de Hong-kong jouissent de
la liberté syndicale, du droit et de la liberté de former des syndicats et d’y adhérer,
ainsi que du droit de grève. L’article 18 de la Déclaration des droits de Hong-kong
garantit également que toute personne a le droit à la liberté d’association, y compris
le droit de former et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts. La
loi de la République populaire de Chine sur la sauvegarde de la sécurité nationale (LSN)
dans la Région administrative spéciale de Hong-kong (promulguée par le gouvernement
central de la République populaire de Chine en 2020, puis par le gouvernement de la RAS
de Hong-kong peu après) et l’ordonnance relative à la sécurité nationale (OSN)
(promulguée par la RAS de Hong-kong en 2024, conformément à son obligation
constitutionnelle) ont renforcé le système juridique et les mécanismes d’application
pour la sauvegarde de la sécurité nationale. Elles sont compatibles et complémentaires,
et elles établissent conjointement un système juridique efficace et complet permettant
de préserver la sécurité nationale et la stabilité dans la RAS de Hong-kong.
L’application de la législation pertinente a permis le retour à la normale des activités
de subsistance et économiques de la communauté de Hong-kong. L’environnement commercial
a été rétabli et ne cesse de s’améliorer. Le gouvernement réaffirme que la LSN et l’OSN
disposent clairement que les droits de l’homme doivent être respectés et protégés dans
la RAS de Hong-kong, et que les droits et libertés, notamment la liberté d’expression,
la liberté de presse, la liberté de publication, la liberté syndicale, le droit de se
réunir, de défiler et de manifester, dont les résidents de Hong kong jouissent en vertu
des dispositions de la loi fondamentale, du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux
et culturels telles qu’appliquées à Hong-kong, doivent être protégés conformément à la
législation. Cependant, ces droits et libertés ne sont pas absolus et les membres des
syndicats ont, comme tout un chacun, l’obligation de respecter toutes les lois.
- 116. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong indique qu’il a mené des
consultations publiques, notamment auprès des syndicats, au cours du processus
législatif concernant l’OSN. Plus de 13 000 communications ont été reçues, dont
98,6 pour cent étaient en faveur de l’OSN et comportaient des commentaires positifs,
reflétant pleinement le soutien massif du public à l’égard de l’exercice législatif et
les aspirations de la population. Trente syndicats, dont la Fédération des syndicats de
Hong-kong, le Syndicat général des employés du secteur de la construction de Hong-kong
et le Syndicat des ferrailleurs de l’industrie de la construction de Hong-kong, ont
soutenu explicitement la législation pour permettre à Hong-kong de répondre efficacement
aux risques et défis en constante évolution en matière de sécurité nationale et de
préserver la sécurité nationale.
- 117. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong estime que les infractions
inscrites dans la LSN et dans l’OSN sont associées à des éléments, sanctions, exceptions
et défenses clairement définis. Ces lois préviennent, répriment et punissent les actes
et activités qui mettent en danger la sécurité nationale, conformément au principe de
l’état de droit. En outre, elles ciblent une infime minorité de personnes et
d’organisations qui représentent des menaces pour la sécurité nationale, tout en
protégeant les vies et les biens de la population. Les personnes, y compris les
syndicalistes, qui respectent la loi ne prennent pas part à des activités mettant en
danger la sécurité nationale et n’enfreignent pas la loi involontairement; par
conséquent, elles n’ont aucune raison de s’inquiéter.
- 118. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong indique que les
préoccupations exprimées par plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations Unies et par la
Confédération syndicale internationale (CSI) au sujet de l’OSN reposent sur une
interprétation erronée des dispositions de la législation en l’espèce et souligne que
les personnes qui exercent dûment leurs droits syndicaux et leurs droits liés à la grève
ne contreviennent pas à l’OSN. À cet égard, le gouvernement renvoie à sa réponse de 2024
adressée au Haut-Commissariat aux droits de l’homme.
- 119. La RAS de Hong-kong est une société fondée sur l’état de droit et a
toujours adhéré au principe selon lequel «les lois doivent être respectées et les
contrevenants doivent répondre de leurs actes». Les mesures que les forces de l’ordre de
la RAS de Hong-kong prennent à l’égard des actes des personnes ou entités concernées
pour faire respecter la loi sont fondées sur des preuves et respectent rigoureusement la
législation, indépendamment de la position politique, des antécédents ou de la
profession des personnes ou des organisations impliquées. La police de la RAS de
Hong-kong prend toutes les mesures nécessaires conformément à la loi pour traduire en
justice les personnes qui se sont enfuies à l’étranger et sont soupçonnées d’avoir
enfreint la LSN. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong souligne que ces mesures sont
pleinement justifiées, nécessaires et légitimes, et que mettre en danger la sécurité
nationale constitue une infraction très grave.
- 120. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong précise que, en vertu de
l’article 63 de la loi fondamentale, le ministère de la Justice est chargé des
poursuites pénales et prend les décisions en matière de poursuites conformément à la loi
de manière indépendante, sans aucune ingérence. Toutes ces décisions sont fondées sur
une analyse objective de tous les éléments de preuve recevables et de la législation
applicable. Toutes les affaires, y compris celles mentionnées par le comité dans ses
recommandations, sont traitées rigoureusement sur la base d’éléments de preuve et
conformément à la loi.
- 121. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong réaffirme qu’il convient de
ne pas confondre activités criminelles présumées et activités syndicales légales. Compte
tenu des principes fondamentaux d’état de droit et d’égalité devant la loi, suggérer que
certaines personnes (telles que les syndicalistes) ou organisations devraient être
préservées de toute sanction lorsqu’elles se livrent à des actes ou activités illicites
revient à donner à ces personnes ou organisations le droit d’enfreindre la loi et est
absolument contraire à l’état de droit. Par ailleurs, le gouvernement de la RAS de
Hong-kong indique qu’il préserve l’indépendance du pouvoir judiciaire et soutient
pleinement la justice dans l’exercice indépendant de ses pouvoirs, garantissant ainsi la
bonne administration de la justice et l’état de droit. Toutes les affaires sont traitées
rigoureusement sur la base d’éléments de preuve et conformément à la loi. Toute
tentative d’un pays, d’une organisation ou d’une personne d’interférer avec les
poursuites judiciaires menées dans la RAS de Hong-kong par voie d’influence politique,
afin de permettre à un prévenu de se soustraire au processus de justice pénale qui le
concerne, constitue un acte flagrant d’atteinte à l’état de droit de la RAS de Hong-kong
et doit être condamné.
- 122. S’agissant des affaires mentionnées dans les recommandations du
comité, le gouvernement de la RAS de Hong-kong précise qu’il serait déplacé, les
procédures judiciaires concernant ces affaires étant toujours en cours, que quiconque
formule des commentaires susceptibles d’interférer avec l’exercice indépendant du
pouvoir judiciaire par les tribunaux, ce qui pourrait constituer une entrave au
fonctionnement de la justice.
- 123. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong exprime sa ferme volonté de
faire respecter le droit des syndicats d’organiser des activités pour promouvoir et
défendre les intérêts professionnels de leurs membres. Il conteste l’allégation selon
laquelle le droit à la liberté d’association aurait été considérablement restreint
depuis l’entrée en vigueur de la LSN et souligne que la hausse de 52,7 pour cent du
nombre de fédérations syndicales et de syndicats enregistrés, qui sont passés de 928 en
décembre 2019 à 1 417 en novembre 2025, prouve que les résidents de la RAS de Hong-kong
exercent librement leur droit à la liberté syndicale et leur droit d’organisation.
- 124. Le greffier chargé de l’enregistrement des syndicats du département
du travail du gouvernement de la RAS de Hong-kong administre le système mis en place par
l’ordonnance sur les syndicats pour favoriser une bonne gestion des syndicats et le
syndicalisme. Tout en exerçant le droit à la liberté syndicale, les syndicats doivent
fonctionner conformément à la LSN, à l’OSN, à l’ordonnance sur les syndicats et à son
règlement, aux autres lois pertinentes de Hong-kong et aux règles internes des syndicats
enregistrés. Si un syndicat enfreint la législation applicable ou ses propres règles, le
greffier prend les mesures qui s’imposent. Selon le cas, il peut donner des conseils
verbaux au syndicat concerné ou lui adresser des demandes d’information, des conseils ou
des avertissements écrits, et saisir les organismes chargés de faire respecter la loi.
Dans les cas graves de non-respect des règles, il peut annuler l’enregistrement du
syndicat conformément à la loi.
- 125. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong indique que le greffier
veille à ce que les droits des syndicats soient exercés dans le cadre prévu par la loi.
L’ordonnance sur les syndicats définit les conditions requises pour qu’un syndicat
demande son enregistrement et le greffier est tenu d’enregistrer toutes les demandes
admissibles. En cas de rejet d’une demande d’enregistrement d’un syndicat ou de
radiation, l’ordonnance sur les syndicats dispose que le greffier doit informer le
demandeur ou le syndicat concerné du motif du refus ou de la radiation. L’ordonnance sur
les syndicats définit en outre les voies de recours contre les décisions du greffier.
Lorsqu’un syndicat décide de se dissoudre, il doit obtenir l’approbation d’un nombre
suffisant de membres votants conformément à ses règles internes. L’ensemble du processus
de décision et de la procédure de dissolution est entièrement à l’initiative du syndicat
concerné, sans la moindre ingérence du greffier. Le régime d’enregistrement prévu par
l’ordonnance sur les syndicats est transparent et objectif et garantit la protection
totale des droits syndicaux.
- 126. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong réaffirme que les droits et
les libertés des résidents de Hong-kong de former des syndicats et d’y adhérer restent
inchangés depuis que la LSN est appliquée. Pour les motifs figurant dans sa réponse, il
affirme que les allégations portées contre lui sont fausses et dépourvues de fondement.
Les incidents isolés mentionnés dans le présent cas sont liés soit à des activités
illicites présumées sans lien avec l’exercice des droits syndicaux, soit à des décisions
librement prises par les syndicats concernés sans ingérence du gouvernement. Le
gouvernement de la RAS de Hong-kong indique qu’il continuera à attacher une grande
importance au respect de ses obligations au titre de la convention no 87 et demande au
comité d’envisager de mettre fin à l’examen de ce cas.
C. Conclusions du comité
C. Conclusions du comité- 127. Le comité rappelle que les questions en suspens dans le présent cas
concernent des allégations de répression des libertés publiques avec: 1) l’adoption de
la LSN en 2020 et de l’OSN en 2024; et 2) les poursuites, la condamnation et
l’emprisonnement dont font l’objet des dirigeants syndicaux en raison avant tout de leur
participation à des manifestations, et l’intimidation et le harcèlement de travailleurs
dans le cadre de manifestations publiques qui se sont déroulées en 2019, et
ultérieurement au titre de la LSN.
- 128. Le comité rappelle qu’il avait précédemment prié le gouvernement de
la RAS de Hong-kong, en consultation avec les partenaires sociaux, de surveiller
l’impact que la LSN avait déjà eu et était susceptible d’avoir sur l’exercice de la
liberté syndicale afin que le comité dispose de toute l’information nécessaire pour
examiner l’impact de la loi dans la pratique. Le comité note que le gouvernement de la
RAS de Hong-kong réaffirme que la LSN est nécessaire pour rétablir la stabilité de la
RAS de Hong-kong et répète que toute personne doit, lorsqu’elle exerce ses droits, y
compris le droit à la liberté syndicale et le droit de réunion pacifique, respecter la
loi en vigueur. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong affirme que toutes les
arrestations et les poursuites visent les actes criminels, que la personne concernée
soit un militant syndical ou non. Le comité note à nouveau avec regret que le
gouvernement de la RAS de Hong-kong ne donne aucune information sur les mesures prises
pour consulter les partenaires sociaux sur cette question essentielle ou pour surveiller
l’impact de la LSN sur l’exercice de la liberté syndicale. En ce qui concerne la demande
du comité d’examiner l’OSN en consultation avec les partenaires sociaux, le comité note
que, selon le gouvernement, les préoccupations exprimées au sujet de l’OSN reposent sur
une interprétation erronée de ses dispositions et que les infractions inscrites dans la
LSN et dans l’OSN sont associées à des éléments, sanctions, exceptions et défenses
clairement définis. Le gouvernement indique en outre que ces lois préviennent, répriment
et punissent les actes et activités qui mettent en danger la sécurité nationale,
conformément au principe de l’état de droit, et qu’elles ciblent une infime minorité de
personnes et d’organisations qui représentent des menaces pour la sécurité nationale,
tout en protégeant les vies et les biens de la population. Le comité rappelle que sa
demande de révision de l’OSN en consultation avec les partenaires sociaux était fondée
sur l’examen par le comité de plusieurs de ses dispositions et sur l’utilisation
présumée de l’OSN pour poursuivre des dirigeants syndicaux, comme indiqué ci-dessous. Il
regrette de constater ce qui semble être une absence d’intention de réviser l’OSN en
consultation avec les partenaires sociaux et rappelle que l’adhésion d’un État à l’OIT
lui impose de respecter dans sa législation les principes de la liberté syndicale. Il
rappelle que, dans l’exercice de la liberté syndicale, les travailleurs et leurs
organisations doivent respecter la loi du pays, qui devrait en retour respecter les
principes de la liberté syndicale. [Voir Compilation des décisions du Comité de la
liberté syndicale, sixième édition, 2018, paragr. 66.] Le comité prie instamment le
gouvernement de lui fournir des informations détaillées sur les mesures prises pour
collaborer avec les partenaires sociaux afin d’évaluer, de surveiller et de remédier à
tout impact de la LNS et de l’OSN sur la liberté syndicale dans la pratique. Le comité
rappelle au gouvernement qu’il a la possibilité de recourir à l’assistance technique du
BIT à cet égard, si nécessaire. Le comité renvoie les aspects législatifs de l’OSN à la
Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations (CEACR).
- 129. Le comité rappelle qu’il avait précédemment noté avec une profonde
préoccupation l’allégation de la CSI selon laquelle, depuis l’entrée en vigueur de la
LSN le 1er août 2024, 301 personnes avaient été arrêtées dans le cadre «d’affaires
impliquant des actes ou activités suspectés de mettre en danger la sécurité nationale»,
y compris les personnes arrêtées au titre du droit pénal en vigueur et de l’OSN, et
157 personnes sur les 176 accusées avaient été condamnées. Selon la CSI, au titre du
cadre législatif relatif à la sécurité nationale, le taux de condamnation pour les
délits liés à la sécurité nationale s’élevait à 89 pour cent et la majorité des
accusations étaient liées à des discours et à des publications. Tout en notant que le
gouvernement de la RAS de Hong-kong réaffirme à nouveau de façon générale que les actes
illicites dont les personnes concernées ont été reconnues coupables – et pour lesquels
elles ont été condamnées par un tribunal indépendant – n’avaient rien à voir avec des
activités syndicales ou la défense des droits des travailleurs, le comité rappelle que,
au cours des cinq années qui se sont écoulées depuis le premier examen de ce cas, il
s’est penché sur de nombreux cas de représailles justifiées par la LSN à l’encontre de
syndicalistes dans la RAS de Hong-kong pour avoir exercé des activités syndicales
légitimes, comme le fait de demander à ce que les libertés publiques et les droits
fondamentaux de l’homme leur soient reconnus.
- 130. En particulier, le comité rappelle qu’il avait exhorté le
gouvernement de la RAS de Hong-kong à prendre toutes les mesures adéquates pour faire en
sorte que M. Lee Cheuk Yan, ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats
de Hong-kong (HKCTU), ne soit pas poursuivi et ne soit pas emprisonné pour avoir exercé
des activités syndicales légitimes, et qu’il avait demandé au gouvernement de fournir
des informations sur toutes les mesures prises à cette fin. Le comité avait également
prié instamment le gouvernement de la RAS de Hong-kong de fournir des informations
précises sur les activités justifiant la mise en accusation de M. Lee Cheuk Yan pour
«incitation à la subversion», et sur l’évolution de la procédure dont il fait l’objet, y
compris le jugement qui serait rendu par le tribunal. Il avait en outre prié instamment
le gouvernement de la RAS de Hong-kong de prendre toutes les mesures possibles afin de
permettre la libération de M. Lee Cheuk Yan dans l’attente de son prochain procès et de
faciliter une prise de décision expéditive dans l’affaire le concernant. En s’appuyant
sur son précédent examen du cas en octobre 2022, le comité rappelle que M. Lee Cheuk Yan
a purgé sa peine d’emprisonnement de vingt mois pour sa participation à quatre
manifestations non autorisées, mais qu’il n’a pas été libéré et demeure en détention
provisoire dans l’attente de son procès pour d’autres chefs d’accusation au titre de la
LSN. Le comité note avec un profond regret qu’une fois de plus le gouvernement de la RAS
de Hong-kong n’a fourni aucune information précise sur les mesures concrètes prises pour
que M. Lee Cheuk Yan ne soit pas poursuivi et ne soit pas emprisonné pour avoir exercé
des activités syndicales légitimes. Par conséquent, il réitère sa demande précédente. Le
comité croit comprendre que le dernier procès de M. Lee Cheuk Yan a débuté en janvier
2026 et il exhorte le gouvernement de la RAS de Hong-kong à fournir des informations
précises sur les activités justifiant la dernière mise en accusation de M. Lee Cheuk
Yan, ainsi que sur l’évolution de la procédure dont il fait l’objet, y compris le
jugement qui sera rendu par le tribunal.
- 131. Le comité rappelle que, selon la CSI, le 19 novembre 2024, Mme Carol
Ng, ancienne présidente de la HKCTU, et Mme Winnie Yu, ancienne présidente de l’Alliance
des employés de l’autorité hospitalière, ont été condamnées à des peines de prison de
quatre ans et cinq mois, et de six ans et neuf mois, respectivement. Le comité avait
prié le gouvernement et les organisations plaignantes d’indiquer s’il avait été fait
appel de la décision du tribunal, et de lui faire connaître la date prévue de libération
de Mmes Carol Ng et Winnie Yu, étant donné qu’elles étaient détenues dans l’attente du
procès. Le comité regrette que ni le gouvernement de la RAS de Hong-kong ni les
organisations plaignantes n’aient fourni d’informations sur la situation actuelle des
deux dirigeantes syndicales et il réitère sa demande.
- 132. Le comité rappelle qu’il avait prié le gouvernement de la RAS de
Hong-kong de confirmer qu’aucune décision n’avait été prise concernant Mme Elizabeth
Tang, secrétaire générale de la Fédération internationale des travailleurs domestiques
(FITD), et qu’il n’existait aucune mesure judiciaire en suspens la concernant. Le comité
rappelle que Mme Elizabeth Tang a été arrêtée le 9 mars 2023 pour collusion présumée
avec un pays étranger dans le but de mettre en danger la sécurité nationale, avant
d’être libérée contre une caution, et que son passeport lui a été rendu. Le comité
regrette que le gouvernement de la RAS de Hong-kong ne fournisse aucune information à
cet égard. Par conséquent, il réitère sa demande précédente.
- 133. Le comité rappelle l’allégation selon laquelle, à la suite de
l’émission d’un mandat d’arrêt sur la base d’accusations de sécession, en juillet 2023,
le secrétaire à la sécurité de la RAS de Hong-kong avait annulé le passeport de
M. Christopher Mung Sui Tat, ancien secrétaire général de la HKCTU actuellement exilé au
Royaume-Uni, et que, le 12 juin 2024, M. Christopher Mung et six autres défenseurs des
droits de l’homme et syndicalistes ayant fait le choix de l’exil avait été déclarés en
fuite par le secrétaire à la sécurité en vertu de l’article 89 de l’OSN. Le comité prie
instamment le gouvernement de la RAS de Hong-kong de lui fournir des informations
détaillées sur la situation de M. Christopher Mung et des autres syndicalistes sans
autre délai. Regrettant l’absence d’observations du gouvernement de la RAS de Hong-kong
à cet égard, le comité réitère sa demande précédente.
- 134. Le comité rappelle l’allégation de la CSI selon laquelle Mme Jackie
Chan Hung-Sau, ancienne membre du comité exécutif du Syndicat général des travailleurs
sociaux de Hong-kong (HKSWGU), bien qu’ayant été acquittée d’accusations concernant des
émeutes, pourrait perdre son permis d’exercer si elle est condamnée à la suite du
recours en appel introduit par le département de la justice en août 2023. Le comité a
prié le gouvernement de la RAS de Hong-kong de fournir des informations concernant
l’issue du recours en appel introduit par le département de la justice en août 2023. Le
comité croit comprendre que la Cour d’appel a annulé l’acquittement initial de
Mme Jackie Chan Hung-Sau et l’a condamnée pour émeute. Regrettant l’absence
d’observations du gouvernement de la RAS de Hong-kong à cet égard, le comité prie le
gouvernement de lui fournir une copie de la décision judiciaire correspondante.
- 135. Le comité rappelle que, selon la CSI, Mme Selina Cheng Kar-Yue
(Mme Cheng), la présidente nouvellement élue de l’Association des journalistes de
Hong-kong (HKJA), a été licenciée par le journal qui l’employait le 17 juillet 2024. Le
comité note que, selon le gouvernement de la RAS de Hong-kong, le greffier a mené une
enquête sur les activités de la HKJA, présumées incompatibles avec ses règles internes.
Le greffier a examiné les réponses de la HKJA et les faits pertinents de manière
objective et prudente avant de prendre des mesures de suivi légitimes conformément à
l’ordonnance sur les syndicats. Le gouvernement de la RAS de Hong-kong a également
indiqué que Mme Cheng a adressé au département du travail, le 12 novembre 2024, une
plainte contre l’entreprise au motif de son licenciement allégué en raison de sa
participation à la HKJA, qu’une enquête sur les infractions présumées de discrimination
antisyndicale a été menée et que le département de la justice procède actuellement à
l’examen de l’affaire et décidera si les preuves dont il dispose sont suffisantes pour
engager des poursuites à l’encontre de l’employeur concerné. Le comité prie le
gouvernement de fournir des informations sur l’issue de la procédure concernant
Mme Cheng, de mener une enquête indépendante sur son licenciement allégué et de fournir
des informations détaillées à cet égard. Regrettant l’absence d’observations du
gouvernement de la RAS de Hong-kong à cet égard, le comité réitère sa demande
précédente.
- 136. Le comité observe avec un profond regret que, depuis le premier
examen du cas en mai 2021, à la suite de l’adoption de la LSN, la situation en matière
de droits syndicaux et de respect des libertés publiques nécessaires au développement
d’un mouvement syndical indépendant ne s’est pas améliorée et qu’avec l’adoption d’une
nouvelle législation – l’OSN – la marge de manœuvre permettant aux syndicats de mener
leurs activités légitimes s’est encore réduite. Le comité exhorte le gouvernement, en
consultation avec les partenaires sociaux, à prendre toutes les mesures nécessaires, y
compris sur le plan législatif, pour garantir, dans la législation et dans la pratique,
la pleine jouissance des droits syndicaux dans la RAS de Hong-kong, dans un climat
exempt de violence, de menaces et de pressions, et de fournir des informations
détaillées sur toutes les mesures prises en ce sens.
- 137. En ce qui concerne la demande du gouvernement visant à mettre fin à
l’examen de ce cas, le comité rappelle que si certains cas font l’objet d’un rapport
intérimaire, c’est parce que le comité demande au gouvernement ou aux plaignants de lui
communiquer des informations précises concernant certains aspects du cas à l’examen en
vue de lui permettre de se prononcer quant au fond sur lesdits aspects. Tout en se
félicitant des observations fournies par le gouvernement de la RAS de Hong-kong, le
comité regrette que celles-ci se limitent au rappel de déclarations générales déjà
formulées et regrette en outre l’absence de réponses détaillées à ses questions et
recommandations. Le comité s’attend à ce que le gouvernement de la RAS de Hong-kong lui
fournisse sans autre délai toutes les informations demandées.
Recommandations du comité
Recommandations du comité- 138. Au vu des conclusions intérimaires qui précèdent, le comité invite
le Conseil d’administration à approuver les recommandations suivantes:
- a) Le comité
prie instamment le gouvernement de lui fournir des informations détaillées sur les
mesures prises pour collaborer avec les partenaires sociaux afin d’évaluer, de
surveiller et de remédier à tout impact de la loi relative à la sécurité nationale
et de l’ordonnance relative à la sécurité nationale (OSN) sur la liberté syndicale
dans la pratique. Le comité rappelle au gouvernement qu’il a la possibilité de
recourir à l’assistance technique du BIT à cet égard, si nécessaire. Le comité
renvoie les aspects législatifs de l’OSN à la Commission d’experts pour
l’application des conventions et recommandations.
- b) Le comité prie instamment
le gouvernement de la RAS de Hong-kong de prendre toutes les mesures appropriées
pour faire en sorte que M. Lee Cheuk Yan ne soit pas poursuivi et ne soit pas
emprisonné pour avoir exercé des activités syndicales légitimes, et demande au
gouvernement de fournir des informations sur toutes les mesures prises à cette fin.
Le comité prie urgemment le gouvernement de la RAS de Hong-kong de fournir des
informations précises sur les activités qui justifient la mise en accusation de
M. Lee Cheuk Yan pour «incitation à la subversion», et sur l’évolution de la
procédure dont il fait l’objet, y compris le jugement qui sera rendu par le
tribunal.
- c) Le comité prie le gouvernement de la RAS de Hong-kong et les
organisations plaignantes d’indiquer s’il a été fait appel de la décision du
tribunal concernant Mmes Carol Ng et Winnie Yu, et de lui faire connaître la date
prévue de leur libération, étant donné que les deux militantes sont détenues dans
l’attente du procès.
- d) Le comité prie le gouvernement de la RAS de Hong-kong
de confirmer qu’aucune décision n’a été prise concernant Mme Elizabeth Tang, et
qu’il n’existe aucune mesure judiciaire en suspens la concernant.
- e) Le comité
prie instamment le gouvernement de la RAS de Hong-kong de fournir des informations
détaillées sur la situation de M. Christopher Mung et d’autres syndicalistes sans
autre délai.
- f) Le comité prie le gouvernement de la RAS de Hong-kong de
fournir une copie de la décision judiciaire dans le cadre de l’appel introduit en
août 2023 par le département de la justice contre l’acquittement de Mme Jackie Chan
Hung-Sau, ancienne membre du comité exécutif du Syndicat général des travailleurs
sociaux de Hong-kong.
- g) Le comité prie le gouvernement de la RAS de Hong-kong
de fournir des informations sur l’issue de la procédure concernant Mme Selina Cheng
Kar-Yue, présidente de l’Association des journalistes de Hong-kong, ainsi que de
mener une enquête indépendante sur son licenciement allégué, et de fournir des
informations détaillées à cet égard.
- h) Le comité exhorte le gouvernement de la
RAS de Hong-kong, en consultation avec les partenaires sociaux, à prendre toutes les
mesures nécessaires, y compris sur le plan législatif, pour garantir, dans la
législation et dans la pratique, la pleine jouissance des droits syndicaux dans la
RAS de Hong-kong, dans un climat exempt de violence, de menaces et de pressions, et
de fournir des informations détaillées sur toutes les mesures prises en ce
sens.
- i) Le comité s’attend à ce que le gouvernement de la RAS de Hong-kong lui
fournisse sans autre délai toutes les informations demandées
ci-dessous.