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Cas individuel (CAS) - Discussion : 2025, Publication : 113ème session CIT (2025)

Discussion par la commission

Président – J’ai l’honneur de donner la parole à l’honorable représentante du gouvernement de la Guinée-Bissau, Madame la Directrice générale du travail.
Interprétation du portugais: Représentante gouvernementale – Le gouvernement de la Guinée-Bissau a adressé au Directeur général du BIT, par l’intermédiaire du bureau de Dakar, une demande d’assistance technique portant, notamment, sur une étude de faisabilité destinée à apporter un soutien à nos mandants dans le cadre du processus de fixation et d’ajustement de notre salaire minimum national. Cette demande a été faite pour nous permettre de nous faire une idée plus précise de la situation du marché du travail en GuinéeBissau et d’étudier différentes possibilités de fixation d’un nouveau salaire minimum. Nous souhaitions disposer de davantage de statistiques sur le marché du travail dans notre pays pour pouvoir ensuite procéder à la fixation d’un nouveau salaire minimum.
Pour fixer de nouveaux salaires minima, il faut prendre en compte le contexte national. Vous connaissez la situation économique et commerciale de notre pays. Nous rencontrons malheureusement des difficultés dans tous les secteurs, car notre pays est globalement fragile. Le principal employeur est l’État et, dans le secteur public, le salaire minimum est actuellement de 50 000 francs CFA. Nous estimons toutefois qu’il est nécessaire d’adopter une nouvelle approche, reposant davantage sur la prise en compte de statistiques établies régulièrement, dans la fixation des salaires minima. En Guinée-Bissau, nous disposons d’un conseil permanent pour les questions sociales, qui est chargé de la question des salaires minima applicables dans le secteur public, et nous avons bénéficié de l’assistance technique du BIT pour la fixation des salaires minima applicables dans le secteur privé.
Comme je viens de le dire, c’est le secteur public qui emploie la plupart des personnes qui travaillent en Guinée-Bissau. Dans le secteur privé, la situation est quelque peu différente, tout comme l’est celle concernant les salaires minima. S’agissant de l’économie informelle et de l’agriculture, ces deux secteurs ne sont malheureusement pas encore couverts par la réglementation applicable aux salaires minima.
Des discussions ont eu lieu avec les organisations représentatives des employeurs et des travailleurs de notre pays, mais il nous a malheureusement été difficile de parvenir à un compromis tenant compte de la nécessité de pérenniser les entreprises et de les développer au sein d’un secteur privé qui est déjà très faible et fragile, de même que des intérêts des travailleurs et de leurs familles.
Nous nous efforçons d’augmenter le salaire minimum dans le secteur privé, mais celui-ci est généralement inférieur au salaire minimum garanti dans le secteur public. L’étude que nous avons utilisée pour actualiser le salaire minimum a été soumise, de façon tripartite, à nos partenaires sociaux, et une présentation portant sur la question de savoir quelle devrait être la proposition exacte concernant le montant d’un salaire minimal plus viable dans le secteur privé a été faite. Nous souhaitons que le salaire minimum soit identique dans les deux secteurs, public et privé, et espérons que ce montant atteindra les 50 000 francs CFA. Pour ce faire, nous devons toutefois obtenir l’approbation de nos mandants tripartites.
Nous sommes conscients que ce montant de 50 000 francs CFA qui est applicable dans le secteur public devra également faire l’objet d’une révision. Nous ne pouvons pas éternellement le laisser à ce niveau-là. Lorsque nous procéderons à la révision pour le secteur public, nous ferons la même chose pour le secteur privé, de sorte qu’il ne soit pas fait de différence entre les deux secteurs.
Nous disposons d’une étude portant sur l’augmentation du salaire minimum dans le secteur privé. Nous travaillons actuellement avec les organismes compétents en GuinéeBissau pour établir une structure salariale qui soit applicable aux deux secteurs, public et privé, afin d’éliminer les différences. Nous espérons pouvoir atteindre cet objectif d’ici la fin 2026 au plus tard. Le problème, c’est que le budget national alloué à cette fin est un peu court. Nous avons pris la décision d’établir cette structure, mais nous ne savons absolument pas si et quand nous pourrons le faire.
Bien sûr, nous sommes conscients qu’il est de notre responsabilité de garantir les droits fondamentaux au travail, car nous soutenons la politique de l’OIT. Cela signifie que nous devons nous conformer aux conventions que nous avons ratifiées, y compris la convention à l’examen.
Naturellement, compte tenu de notre situation, nous ne sommes pas toujours en mesure de le faire comme et quand nous le souhaiterions. Nous avons constaté que certaines entreprises versent des salaires supérieurs au salaire minimum, et que d’autres versent des salaires inférieurs au salaire minimum. Lorsque ce cas de figure se présente, c’est souvent dans le secteur informel. Nous nous efforçons de remédier à cela et d’encourager les entreprises et les commerces de ce secteur à rejoindre l’économie formelle car, le cas échéant, leurs travailleurs bénéficieraient de bien meilleures garanties de percevoir le salaire minimum qui a été fixé qu’ils n’en bénéficient actuellement dans le secteur informel. Leurs droits au travail seraient également davantage protégés.
Si nous voulons réduire la pauvreté et améliorer le contexte social et économique en Guinée-Bissau, nous devons absolument agir sur les salaires minima car, sinon, nous n’obtiendrons pas grand-chose. À l’heure actuelle, le niveau d’extrême pauvreté est élevé dans notre pays, comme vous le savez certainement. Si nous parvenons à intégrer davantage d’entreprises dans le secteur formel et à réduire la taille du secteur informel, nous augmenterons les recettes fiscales et serons en mesure d’offrir de meilleures conditions de travail. Le contexte actuel est toutefois très délicat.
Nous souhaitons aller de l’avant, notamment en ce qui concerne la fixation des salaires minima, mais, dans notre situation, c’est extrêmement difficile.
Le secteur formel pourrait être plus important si nous pouvions inciter les entreprises à quitter le secteur informel, mais cela est tout aussi difficile.
Concernant cette convention et son application par notre pays, l’OIT nous a encouragés à promouvoir et renforcer le dialogue social. Le dialogue social, nous y croyons fermement et nous en sommes de fervents défenseurs. Nos mandants tripartites sont bien sûr nos partenaires pour promouvoir et favoriser le développement en Guinée-Bissau. Nous ne pouvons parvenir à un développement et une croissance durables sans le soutien et l’implication de nos partenaires tripartites. Nous en sommes bien conscients. C’est pourquoi, pour améliorer la situation, nous mettons tout en œuvre pour impliquer les employeurs, les travailleurs, leurs organisations et la société civile.
Notre Conseil permanent de conciliation sociale, qui est en charge de ces questions, s’est réuni environ trois fois cette année. Chacun a le droit d’y contribuer. La liberté d’association est une réalité en Guinée-Bissau, ce qui signifie que nous sommes en mesure d’impliquer également les représentants des travailleurs.
Nous avons été confrontés à quelques difficultés qui ont entravé le bon fonctionnement de la chambre de commerce, notre association patronale. Actuellement, nous nous efforçons d’ajuster le salaire minimum applicable dans le secteur privé pour l’aligner sur celui du secteur public d’ici la fin 2026. Par la suite, nous étudierons la possibilité de l’augmenter à nouveau.
Nous serions très reconnaissants au BIT de bien vouloir nous accorder une assistance technique supplémentaire concernant la formalisation de l’économie informelle. L’OIT a toujours été un partenaire solide en matière de création et de développement d’emplois décents dans notre pays. En ce qui concerne la réduction de la taille du secteur informel, nous avons entrepris des efforts en ce sens mais, sans soutien technique et financier, notre tâche s’avère extrêmement difficile car, dans notre pays, l’économie informelle est dominante. S’agissant de la sécurité sociale, elle ne couvre que 2 pour cent, je répète, 2 pour cent de nos travailleurs. Vous comprendrez donc à quel point notre situation est délicate et difficile. Je profite de la parole qui m’est donnée dans le cadre de cette réunion pour prier instamment l’OIT de bien vouloir apporter à notre gouvernement le soutien dont il a désespérément besoin.
J’ai déjà dit que la liberté syndicale est une réalité dans mon pays, et c’est vrai. En GuinéeBissau, nous disposons d’une législation sur la protection des droits des travailleurs. La liberté syndicale ne fait l’objet d’aucune restriction légale dans le pays, mais les syndicats doivent s’organiser et inciter les travailleurs à s’affilier, et ils ont également besoin de soutien. Ils auront aussi besoin d’aide pour développer et renforcer les mouvements et les organisations de travailleurs, et je demande aux représentants des travailleurs de leur apporter leur soutien. De fait, des divergences d’opinions entre organisations syndicales et au sein de celles-ci sont parfois possibles, ce qui peut compliquer le dialogue tripartite et les efforts que nous, mandants de la Guinée-Bissau, déployons aux côtés de l’OIT pour remplir nos obligations et développer notre pays.
Nous sommes en train de mettre en œuvre un programme destiné à nous aider à lutter contre le travail des enfants, véritable fléau en Guinée-Bissau, dans le but de parvenir à une éradication complète de celui-ci.
En conclusion, nous souhaitons régler le problème de la fixation des salaires minima dans notre pays et espérons réaliser des progrès en ce sens au cours de l’année qui vient, avec le soutien de l’OIT.
Membres employeurs – Nous avons pris note avec intérêt des informations communiquées par le gouvernement de la Guinée-Bissau. Ce cas a déjà été examiné par notre commission en 2023 et, entre 2019 et 2024, il a, chaque année, fait l’objet de multiples observations. Ce cas concerne l’application, en droit et dans la pratique, de la convention en Guinée-Bissau, une convention technique adoptée en 1928. Avec 105 ratifications, cette convention demeure l’une des conventions de l’OIT les plus largement ratifiées, ce qui témoigne d’un large consensus autour de ses prescriptions et, de notre point de vue, de la flexibilité avec laquelle celles-ci peuvent être mises en œuvre. La Guinée-Bissau a ratifié 34 conventions, dont huit des dix conventions fondamentales de l’OIT. Bien que la GuinéeBissau ait ratifié la convention en 1977, elle n’a pas ratifié la convention (no 131) sur la fixation des salaires minima, 1970, dont la portée est beaucoup plus large. Il convient de relever que la convention no 26 a été conçue pour s’appliquer aux travailleurs de certains secteurs où il n’existe pas de régime efficace pour la fixation des salaires par voie de contrat collectif ou autrement et où les salaires sont exceptionnellement bas. La convention no 131, en revanche, couvre tous les salariés et exige la prise en compte de certains facteurs socioéconomiques pertinents, tels que les besoins des travailleurs et de leur famille, le niveau général des salaires, le coût de la vie, les prestations de sécurité sociale et les niveaux de vie comparés d’autres groupes sociaux.
Pour sa part, la convention no 26 exige des pays qui la ratifient qu’ils instituent ou conservent des méthodes permettant de fixer des taux minima de salaires pour les travailleurs employés dans les secteurs couverts par l’article 1 de la convention. Selon l’article 2 de la convention, les pays qui la ratifient ont la liberté de décider à quelles industries ou parties d’industries les méthodes de fixation des salaires minima seront appliquées. La convention comporte également certaines exigences en matière de consultation.
Conformément à l’article 3, paragraphe 2, alinéa 1), les représentants des employeurs et travailleurs intéressés, y compris les représentants de leurs organisations respectives, si de telles organisations existent, doivent être consultés avant d’appliquer les méthodes de fixation des salaires minima à un secteur ou une partie de secteur. En vertu de l’article 3, paragraphe 2, alinéa 2), les employeurs et travailleurs intéressés doivent participer à l’application des méthodes de fixation des salaires minima. Aux termes de l’article 3, paragraphe 2, alinéa 3), les taux minima de salaire qui sont fixés sont obligatoires pour les employeurs et travailleurs intéressés.
C’est l’absence d’adoption par la Guinée-Bissau de méthodes de fixation des salaires minima applicables au secteur privé qui nous réunit aujourd’hui. Les membres employeurs notent que la commission d’experts a de nouveau constaté que la Guinée-Bissau n’a fourni aucune information sur l’application de ces méthodes.
Nous notons également que le gouvernement n’a pas soumis le rapport qu’il devait présenter en 2024. En outre, nous notons avec regret les informations faisant état du caractère insuffisant des consultations et, ce qui est certainement le plus grave, qu’une mission de l’OIT, qui était planifiée pour avril 2024, a dû être reportée à la suite du refus du gouvernement d’autoriser la participation de l’organisation syndicale la plus représentative en Guinée-Bissau. Au surplus, nous notons que nos collègues syndicalistes ont fait état d’actes de violence et de menaces à l’encontre des travailleurs.
En ce qui concerne le respect par le gouvernement de l’article 3 de la convention, la situation est au point mort depuis un certain temps. Nous notons qu’il y a quatorze ans, une étude concernant l’élaboration de normes nationales en matière de salaires minima était en cours de finalisation. À notre connaissance, cette étude n’a pas été finalisée. Nous notons également qu’il est de notoriété publique que la Guinée-Bissau a fixé les salaires minima applicables aux travailleurs du secteur public, mais que la fixation des salaires minima applicables au secteur privé remonte à plus de trente ans.
Une assistance technique a été sollicitée – y compris aujourd’hui – et a été fournie, à l’exception de l’exemple notable que je viens de mentionner, notamment sous la forme d’un atelier tripartite d’une semaine qui s’est tenu en novembre 2022, puis, à nouveau, en 2023.
Même si nous sommes tout-à-fait conscients que, pour élaborer et mettre en œuvre des politiques, il faut du temps, mais pas uniquement, et que le contexte politique et d’autres circonstances peuvent entraver et retarder ce processus déjà difficile, nous prions instamment le gouvernement de finaliser ce travail important, avec toute la célérité voulue, en consultation avec les partenaires sociaux, et sans recourir à des actes de violence ni aux menaces, d’une manière qui soit digne d’un État souverain responsable de la vie professionnelle de ses citoyens.
Il est grand temps de finaliser ce travail. En vertu des articles 153 et 154 du Code du travail qui a été adopté relativement récemment, les salaires minima, dont le montant doit être fixé annuellement par le gouvernement après consultation des partenaires sociaux, sont applicables à l’ensemble des travailleurs, y compris les travailleurs ruraux, sans distinction fondée sur le sexe ou un autre motif.
Nous attendons avec intérêt de connaître l’avis des autres groupes sur ce cas.
Membres travailleurs – C’est la deuxième fois que notre commission est amenée à examiner la mise en œuvre de la convention par le gouvernement de la Guinée-Bissau. Ce cas a déjà été examiné au sein de notre commission en 2023. C’est l’absence de progrès qui, malheureusement, nous amène à réexaminer ce cas.
Les faits sont clairs. La convention est une convention technique sur le mécanisme de fixation du salaire minimum. Elle a été ratifiée par la Guinée-Bissau en 1977. Un décret fixant le salaire minimum a été adopté en 1988. Depuis lors, c’est-à-dire depuis trente-sept ans déjà, les salaires minima n’ont pas connu d’ajustements significatifs, à l’exception d’un léger ajustement pour le secteur public en 2018, lequel reste nettement insuffisant au regard des prix réels.
Depuis 2019, la commission d’experts a, à plusieurs reprises, fait part de sa préoccupation quant au retard pris pour réajuster le salaire minimum applicable au secteur privé et au mauvais fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum par le gouvernement en consultation avec les organisations représentatives des employeurs et des travailleurs.
En 2023, notre discussion a abouti à des conclusions claires appelant le gouvernement à revoir sans délai le salaire minimum pour les secteurs public et privé, conformément à la convention, à définir les méthodes de fixation des salaires minima en consultation avec les partenaires sociaux en vue de fixer et de mettre régulièrement à jour le salaire minimum, et à renforcer le dialogue social, y compris les méthodes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie, en droit et dans la pratique. En outre, notre commission a demandé au gouvernement de fournir à la commission d’experts une copie de la version promulguée et publiée du nouveau Code du travail. À cette fin, nous avons prié le gouvernement de se prévaloir de l’assistance technique du BIT, en étroite coopération avec les organisations de travailleurs et d’employeurs indépendantes et librement établies. Il n’a été donné suite à aucune de ces demandes.
Il ressort du rapport de la commission d’experts pour la Conférence de 2024 que, selon les indications du gouvernement, le ministère collabore avec les partenaires sociaux et est en train de procéder au recrutement d’un consultant chargé de réaliser une étude préliminaire et d’identifier les critères à prendre en considération pour déterminer le salaire minimum, conformément à l’article 154 du Code du travail. Nous comprenons que le gouvernement a sollicité une assistance technique mais qu’il a refusé que le syndicat le plus représentatif, à savoir l’Union nationale des travailleurs de Guinée-Bissau – Centrale syndicale (UNTG-CS), et son secrétaire général, M. Júlio Mendonça, participent aux consultations qui étaient prévues, ce qui constitue une violation de la liberté syndicale et de la convention no 87.
Aucune information complémentaire n’a toutefois été fournie depuis lors et, selon les observations formulées par les syndicats, aucun progrès n’a été réalisé. Par conséquent, le mécanisme de fixation du salaire minimum n’est toujours pas opérationnel et la baisse des salaires se poursuit.
Nous exprimons notre profonde préoccupation face au non-respect par le gouvernement des exigences de la convention et à son incapacité à mettre en place un mécanisme efficace de fixation du salaire minimum, et aussi face au manque de volonté politique pour garantir des salaires décents aux travailleurs. La situation devient de plus en plus intenable pour les travailleurs car l’inflation et la hausse du coût de la vie les plongent dans la pauvreté.
Par ailleurs, le dialogue social reste difficile. Nous sommes profondément préoccupés par l’hostilité permanente et les attaques du gouvernement à l’égard de l’organisation syndicale indépendante du pays. Le gouvernement continue de faire preuve de suspicion et d’hostilité ouverte à l’égard du syndicat représentatif UNTG-CS.
Rappelons que, le 4 mai 2023, les bureaux de l’UNTG-CS ont été attaqués et investis de force par des individus sous le contrôle et la direction du gouvernement, dans le but de substituer une direction favorable au gouvernement à la direction syndicale élue démocratiquement. Plus généralement, nous sommes préoccupés par l’état actuel de la démocratie, puisque le fonctionnement du Parlement est suspendu depuis décembre 2023.
Enfin, le gouvernement n’a fourni aucune des informations demandées à ce sujet. Le gouvernement n’envoie pas de rapports, et cela est inquiétant. Nous constatons que 20 commentaires de la commission d’experts concernant diverses conventions sont actuellement en suspens, dont 11 formulés l’année dernière, auxquels le gouvernement n’a pas répondu. Il semble donc que le gouvernement néglige complètement les obligations qui sont les siennes en matière de soumission de rapports.
En Guinée-Bissau, si le niveau des salaires des travailleurs reste bas, c’est parce que le gouvernement ne se conforme pas aux exigences de la convention de mettre en œuvre un mécanisme de fixation du salaire minimum. De plus, le dialogue social reste difficile compte tenu de la pression qui est exercée sur l’UNTG-CS et ses dirigeants légitimes.
Nous prions instamment le gouvernement de la Guinée-Bissau de prendre sans plus tarder, et dans le cadre de consultations tripartites, les mesures nécessaires au réajustement du salaire minimum dans les secteurs public et privé. Nous prions instamment le gouvernement de reconnaître pleinement l’UNTG-CS et ses dirigeants comme étant le syndicat le plus représentatif et de mettre fin à toute action hostile à leur égard afin qu’ils puissent accomplir leur mission en toute sécurité et en toute indépendance, comme l’exigent les normes de l’OIT.
Par conséquent, nous nous joignons à la commission d’experts pour prier instamment le gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour donner suite aux conclusions de notre commission dans les meilleurs délais et de fournir des informations détaillées sur les mesures prises à cet égard.
Interprétation du portugais: Membre travailleur, Guinée Bissau – J’interviens ici au nom de deux organisations syndicales: l’UNTG-CS et la Confédération générale des syndicats indépendants – Guinée-Bissau (CGSI-GB). Je suis secrétaire général de l’UNTG-CS. Je suis membre du comité central qui fait partie du congrès. Nous avons participé au cinquième congrès ordinaire de l’UNTG-CS du 28 au 29 avril 2023 et nous avons adopté les décisions prises lors du congrès par le biais d’un vote. Après avoir endossé notre rôle, nous avons décidé de nous pencher sur deux choses: tout d’abord la définition du salaire minimum, et ensuite, l’augmentation du salaire pour les fonctionnaires publics, étant donné que la situation des fonctionnaires est particulièrement drastique quant au salaire.
En 2023, nous nous sommes réunis à deux reprises au conseil directeur permanent pour analyser le sujet à l’examen. Et nous avons mené à bien des travaux en 2023 par le biais de ces deux réunions que j’ai mentionnées. Nous nous sommes réunis en 2024 également avec le syndicat et le gouvernement. Lorsque je parle de syndicat, je parle de ces deux organisations syndicales que je représente, l’UNTG-CS et la CGSI-GB.
Lors de notre dernière réunion au conseil avec ces représentants, nous avons tenté de demander au gouvernement de tenir compte des politiques des interlocuteurs sociaux et aussi de la politique du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Les deux syndicats représentés ont tenté de parvenir à un consensus avec la Banque mondiale et le FMI visant à dire que, en 2026 au plus tard, le gouvernement devrait augmenter le salaire des fonctionnaires et que, avant cette date, il devrait y avoir une définition du salaire minimum. Et nous avons entendu dire qu’il y a eu de l’hostilité contre l’UNTG-CS mais cela n’est pas conforme à la réalité. Il n’y a pas d’hostilité au sein de l’UNTG-CS. Nous sommes dirigés par des syndicalistes. Lors du cinquième congrès de cette organisation, le nouveau secrétaire général a été élu, et ce de manière publique. C’est suite à cette élection que le nouveau secrétaire général a endossé ses fonctions.
Il a été dit qu’il y avait une absence de dialogue entre les interlocuteurs sociaux. Ce n’est pas non plus conforme à la réalité, en tout cas d’après ce que nous constatons. En effet, à l’heure de fixer le salaire minimum d’une part et d’augmenter les salaires du secteur public d’autre part, nous nous sommes toujours penchés sur le dialogue tripartite entre gouvernement, employeurs et travailleurs. Nous nous sommes toujours penchés sur cet espace de concertation, ce dialogue, qui était absent au cours des quatre dernières années. Avant cela, entre 2017 et 2022, cet espace de dialogue ne fonctionnait pas. Ensuite, en 2023, lorsque la nouvelle direction a pris ses fonctions, cet espace de dialogue a repris et a été réactivé. Il est important, non pas uniquement pour régler des conflits mais surtout pour parvenir à un consensus, pour atteindre la paix sociale et réellement tirer des avantages pour les travailleurs.
L’espace de consultation et de dialogue social continue de fonctionner, et nous avons forgé un dialogue entre le gouvernement et les centrales syndicales. Et c’est grâce à ce dialogue que nous commençons à aboutir à des résultats. Nous avons pu obtenir un consensus entre le gouvernement et les centrales syndicales pour que, au plus tard en 2026, il y ait une augmentation du salaire des fonctionnaires et que l’on définisse le salaire minimum.
Nous avons pu également obtenir la création d’une commission qui serait chargée de la définition du salaire minimum parce que le coût de la vie augmente chaque jour et que les salaires des fonctionnaires sont très bas. Il est essentiel donc que le gouvernement tienne ses promesses et qu’il y ait une fixation du salaire minimum au niveau national.
Il convient également de dire que dans la fonction publique, il y a des disparités. D’une part, il y a un salaire qui a été défini de manière un peu plus officielle et, d’autre part, il y a un salaire un peu plus informel. Par conséquent, il nous semble essentiel que le gouvernement endosse ses responsabilités quant à la fixation du salaire minimum afin d’harmoniser les salaires pour les fonctionnaires du secteur public et ceux pour le secteur privé.
Autre élément essentiel qui nous a préoccupés, nous voyons que nous parlons ici de la fonction publique et des fonctionnaires du secteur privé – nous en avons parlé – néanmoins, n’oublions pas qu’il y a beaucoup de travailleurs migrants dans notre pays et nous souhaitons donc demander au gouvernement de définir une politique à cet effet, notamment avec l’Institut national de la sécurité sociale.
Par ailleurs, nous estimons qu’il est important d’uniformiser l’information dont nous disposons quant aux syndicats, aux employeurs – je parle de la chambre de commerce – et au gouvernement parce que nous travaillons toutes et tous pour le consensus, pour qu’il y ait une paix sociale. S’il n’y a pas de paix sociale, et à la lumière de la conjoncture actuelle, il est tout à fait possible que l’intérêt des travailleurs soit écarté. Sans paix sociale, nous serons voués à avoir des problèmes d’emploi. S’il n’y a pas de production, le rendement ne sera pas à la hauteur de ce qu’appellent de leurs vœux les travailleurs et employeurs. Notre philosophie est donc d’atteindre la paix sociale, de nous fixer pour objectif d’avoir un dialogue social responsable et de fixer des salaires minima pour les travailleurs des secteurs public et privé.
En outre, la CGSI-GB est traitée de manière inégale. Par conséquent, nous souhaitons que cette confédération soit traitée sur un pied d’égalité.
Autre point important, nous souhaitons le dire, un représentant de l’OIT à Dakar, au Sénégal, s’immisce, s’ingère, dans nos travaux et donc nous souhaitons demander à l’OIT de demander à son représentant qui est à Dakar, au Sénégal, de ne pas s’ingérer dans les travaux des syndicats. Nous avons nos propres normes et nous ne souhaitons pas que le représentant s’ingère dans nos affaires internes.
En outre, il est tout à fait vrai que les dirigeants syndicaux n’ont pas les moyens nécessaires, ils doivent donc être dotés des outils pour pouvoir renforcer leurs capacités et répondre aux exigences du marché du travail.
Membre employeur, République démocratique du Congo – Nous souscrivons pleinement aux observations faites par la commission d’experts ne nécessitant aucun atténuement à l’égard du gouvernement de ce pays frère, au contraire nous déplorons avec véhémence son comportement qui se résume en ceci.
Déjà, la commission d’experts avait pris note de la discussion en juin 2023 à propos de l’application de la convention au sein de la commission. Au vu de la violation manifeste de cette convention, non seulement l’article 1 de ladite convention a été violé, mais le pays frère GuinéeBissau, qui a bel et bien ratifié ladite convention, devrait faire montre d’engagement pris à instituer des méthodes permettant de fixer des taux minima des salaires pour les travailleurs où il n’existe pas de régime efficace pour la fixation des salaires, mais aussi où les salaires sont exceptionnellement bas. Mais, tel n’est pas le cas. D’ailleurs, dans ce pays, il y a une situation d’inflation et de hausse du coût de la vie qui rend la vie socio-économique insoutenable pour les travailleurs.
Par ailleurs, à l’article 3 de la convention, il est prévu que le Membre ayant ratifié ladite convention a la liberté de déterminer les méthodes de fixation des salaires minima et les méthodes de leur application. De ce fait, il incombe au gouvernement l’obligation, avant de faire application de ces méthodes, de consulter les représentants des employeurs et des travailleurs, ainsi que les représentants des organisations respectives. Secundo, les employeurs et les travailleurs intéressés devront participer à l’application de ces méthodes de fixation des salaires minima. Tertio, les taux minima de salaires qui auraient été fixés seront obligatoires pour les employeurs et les travailleurs intéressés. Mais, indiscutablement dans ce pays frère, il n’en est rien de tout cela. S’agissant des obligations conventionnelles susmentionnées auxquelles le gouvernement de la Guinée-Bissau devrait se soumettre, ce dernier les passe outre.
Ainsi, le dialogue en cette matière fait défaut. Bien plus, le gouvernement use de violence et de menaces envers les travailleurs.
À ce sujet, nous pouvons partager l’expérience de la République démocratique du Congo, qui, au travers sa loi no 015/2002 du 16 octobre 2002 telle que modifiée à ce jour par la loi no 16/010 du 15 juillet 2016 portant Code du travail, en appui de ses articles 87, 94, 96 et 97 renforcés par les décrets du 5 février 2009 déterminant les modalités de fonctionnement de la commission tripartite chargée du suivi de l’application du Salaire Minima Interprofessionnel Garanti (SMIG) actuellement modifié, a prévu les méthodes de fixation des salaires minima et les modalités de leur application dans ce cadre strictement tripartite, a non seulement ajusté le SMIG, mais aussi fixé un nouveau SMIG par le décret du 30 mai 2025 dans le respect de la méthode de fixation prévue pas nos textes juridiques. Aussi faut-il dire qu’en République démocratique du Congo, le dialogue social est une réalité vivante.
En guise de conclusion, nous exhortons la Guinée-Bissau, pays frère, à ce qui suit:
  • Se faire accompagner du BIT pour un réel renforcement des capacités des mandants tripartites, surtout en dialogue social. D’ailleurs, le Directeur général de notre Organisation, dernièrement, lors de l’une des dernières réunions du groupe des employeurs, y a pris part et a mis un point d’honneur, à ce sujet.
  • Définir les méthodes de fixation des salaires minima en consultation étroite avec les partenaires sociaux.
  • Revoir le salaire minimum autant pour le secteur public que privé.
Interprétation du portugais: Membre travailleur, Portugal – Je m’exprime au nom de la Confédération syndicale des pays de langue portugaise. Nous commencerons par souligner que notre discussion porte sur un cas qui a déjà été examiné et que les représentants légitimes de l’UNTG-CS n’ont, une fois de plus, pas été accrédités par le gouvernement en tant que représentants à cette Conférence. En outre, le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures pour fixer un salaire minimum qui soit également applicable au secteur privé. Lors de notre dernier examen de ce cas, outre la fixation de salaires minima en consultation avec les partenaires sociaux, il a été demandé au gouvernement de la Guinée-Bissau de renforcer le dialogue social.
J’en viens à la question de l’augmentation du salaire minimum. Compte tenu de la hausse du coût de la vie, de l’inflation et de la hausse des prix des produits de première nécessité, il est plus urgent que jamais de fixer un salaire minimum. Il est donc incompréhensible que, depuis 1988, il y a trente-sept ans, le salaire minimum n’ait pas été actualisé pour le secteur privé et que, s’agissant du secteur public, l’augmentation du salaire minimum qui a été appliquée ne soit pas suffisante. La Guinée-Bissau a ratifié la convention mais, de façon récurrente, elle ne se conforme pas à ses prescriptions. Il est essentiel de garantir aux travailleurs de la Guinée-Bissau un salaire minimum leur permettant de subvenir à leurs besoins essentiels.
Comme le reconnaît l’un des textes fondateurs de l’OIT, à savoir la Déclaration de Philadelphie, le salaire minimum garantit la participation de tous au progrès du pays. Il constitue donc un élément essentiel à la répartition équitable des richesses et à l’éradication de la pauvreté.
Il ressort de rapports récents portant sur la question des salaires que la Guinée-Bissau est un pays à faible revenu. Par exemple, entre 2010 et 2019, le salaire minimum a diminué de 1,6 pour cent, tandis que la productivité a augmenté, ce qui montre clairement qu’en GuinéeBissau la richesse produite par les travailleurs est confisquée et ne profite pas à la majorité de la population.
S’agissant du dialogue social, il ne pourra être renforcé s’il n’est pas tenu compte des revendications de l’UNTG-CS, la centrale syndicale qui, comme nous l’avons déjà dénoncé, a été attaquée, n’a pas été reconnue dans le cadre de cette Conférence et en a été exclue.
Comme nous l’avons indiqué la dernière fois, lors de l’examen de ce cas par notre commission, les bureaux de cette organisation, l’UNTG-CS, ont été envahis et occupés, et nombre de ses membres ont été persécutés et sont dans l’incapacité de remplir leur mission.
Au cours de ces dernières années, nous avons pu constater que cette centrale syndicale fait l’objet de persécutions. En conséquence, en Guinée-Bissau, nous avons, d’un côté, les travailleurs qui luttent pour obtenir une amélioration de leurs conditions de vie et de leurs salaires, et de l’autre, le gouvernement qui entrave le fonctionnement du syndicat en question. Nous devons exiger que son mode de fonctionnement soit défini librement, que ce syndicat bénéficie d’une liberté d’action suffisante et que ses intérêts soient défendus.
Outre la nécessité de soumettre des rapports et des informations sur les politiques mises en œuvre, nous pensons qu’il est urgent que le gouvernement de la Guinée-Bissau détermine un salaire minimum qui soit applicable à l’ensemble des secteurs, y compris le secteur privé, qu’il s’assure d’une augmentation réelle du salaire minimum qui garantisse l’amélioration des conditions de vie, qu’il respecte également les dirigeants légitimement élus de l’UNTG-CS, dont Júlio Mendonça est le secrétaire général, et qu’il respecte ainsi les normes de l’OIT et le droit des organisations à établir leurs propres organes.
Membre travailleur, Botswana – Je tiens à exprimer ma profonde préoccupation quant au fait que le gouvernement de la Guinée-Bissau n’a pas soumis de rapport à la commission d’experts. Ce manquement porte atteinte au fonctionnement du système de contrôle.
Selon l’article 2 de la convention, un dialogue social et/ou des consultations véritables avec les partenaires sociaux doivent avoir lieu avant que les méthodes de fixation des salaires minima ne soient appliquées. L’article 3 prévoit que la participation à l’application de ces méthodes doit se faire sur un pied d’égalité, comme déterminé par la législation nationale, et, enfin, que les salaires minima qui auront été fixés doivent être communiqués aux parties et qu’ils sont obligatoires. L’article 4, qui prévoit un système de réparation pour non-paiement du salaire minimum, est un élément fondamental de cette convention. Tous ces articles démontrent clairement l’importance de l’application des méthodes de fixation des salaires minima dans un pays donné. En ratifiant la convention en 1977, le gouvernement de la GuinéeBissau s’est engagé à garantir que tous les travailleurs jouissent des droits qui y sont énoncés. Malheureusement, cet engagement n’a jamais été tenu.
Nous tenons à souligner que la transposition des conventions en droit national ne peut se faire et être suivie d’effets que s’il existe des structures ou des organes législatifs appropriés, dont le Parlement constitue l’instance suprême dans une démocratie. Dans une démocratie représentative, le Parlement a la responsabilité de légiférer dans l’intérêt des citoyens, y compris des travailleurs.
Nous notons avec regret que le fonctionnement du Parlement en Guinée-Bissau a fait l’objet d’une mesure de suspension en mai 2022, qui a été prolongée en décembre 2023 jusqu’à ce jour. Cette situation complique encore, voire rend inexistant, le processus législatif en Guinée-Bissau, si rien n’est fait, et puisqu’il n’y a pas de pouvoir législatif à l’heure actuelle, les travailleurs de la Guinée-Bissau continueront de subir les conséquences de l’absence de méthodes de fixation des salaires minima. Le Comité de la liberté syndicale a déclaré que le système démocratique est fondamental pour le libre exercice des droits syndicaux. Notre commission doit appeler au retour de la démocratie en Guinée-Bissau afin de faciliter l’adoption de méthodes de fixation des salaires minima.
La commission d’experts ayant souligné les effets dévastateurs, tels qu’ils ont été observés dans le rapport de la Confédération syndicale internationale (CSI), de l’absence de méthodes de fixation des salaires minima, il est inutile de développer ce point.
Le rapport de la commission d’experts fait également état des menaces et des actes de violence de la part du gouvernement qui ont été constatés à l’encontre des travailleurs, lesquels s’ajoutent à la hausse des prix des denrées alimentaires et du coût de la vie. Ces éléments sont loin d’être synonymes de démocratie et/ou de société démocratique. Tous ces éléments sont également exacerbés par l’attitude du gouvernement à l’égard du dialogue social et des consultations tripartites, comme l’a, là aussi, constaté la CSI. Le gouvernement continue de s’ingérer dans les affaires de la fédération syndicale la plus représentative, l’UNTG-CS, en refusant de reconnaître ses dirigeants, et ce, en dépit d’une décision de justice qui a été rendue en faveur de celle-ci.
En conséquence, nous prions instamment et encourageons le gouvernement de la Guinée-Bissau à remédier à cette situation, à garantir le retour du Parlement et à lui permettre d’exercer pleinement son mandat législatif. De notre point de vue, cela donnera une nouvelle impulsion au processus législatif, non seulement en ce qui concerne les méthodes de fixation des salaires minima, mais aussi concernant tout autre texte susceptible d’être favorable aux travailleurs de Guinée-Bissau.
Membre gouvernemental, Eswatini – En juin 2023, notre commission a, entre autres choses, prié le gouvernement de la Guinée-Bissau de «revoir sans délai le salaire minimum pour les secteurs public et privé, conformément à la convention», en consultation avec les partenaires sociaux. La commission a en outre prié le gouvernement de «renforcer le dialogue social, y compris les méthodes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie, en droit et dans la pratique». La commission a, en outre, prié le gouvernement de consulter et de coopérer avec les organisations de travailleurs et d’employeurs indépendantes et librement établies, afin de garantir la pleine conformité avec la convention.
Il ne saurait y avoir de véritable consultation tripartite nationale dans un environnement de répression et d’oppression des syndicats indépendants. Le droit des organisations de travailleurs d’élire librement leurs représentants est une condition indispensable pour qu’elles puissent agir en toute liberté et promouvoir efficacement les intérêts de leurs membres. Pour que ce droit soit pleinement reconnu, il est essentiel que les pouvoirs publics s’abstiennent de toute intervention susceptible d’en entraver l’exercice, que ce soit dans la détermination des conditions d’éligibilité des dirigeants ou dans la conduite des élections des dirigeants syndicaux.
Il a été rapporté que le gouvernement s’est ingéré dans la succession à la tête de l’UNTGCS, ce qui atteste de sa volonté farouche de nommer ses «chouchous» aux fonctions de dirigeants syndicaux. Les dirigeants légitimes de l’UNTG-CS ont été démis de leurs fonctions et se voient interdire l’accès à leurs bureaux par les forces de l’ordre. Les partisans du gouvernement occupent illégalement les locaux. Le Comité de la liberté syndicale a demandé au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour restituer les locaux de l’UNTG-CS à ses dirigeants légitimes et de fournir des informations sur le suivi des actions en justice engagées par ces derniers. Le gouvernement a ignoré ces demandes.
En ce qui concerne la fixation de salaires minima en consultation avec les syndicats indépendants et librement établis, la situation reste bloquée.
Pour mettre un terme à ces violations, nous appelons le gouvernement de la GuinéeBissau à:
  • 1. Protéger l’autonomie des syndicats: dénoncer publiquement et enquêter sur toute ingérence du gouvernement dans les activités syndicales, comme la saisie des locaux de l’UNTG-CS en 2023, et faire respecter les décisions de justice qui donnent raison aux dirigeants syndicaux légitimes.
  • 2. Engager le dialogue: mettre en place des mécanismes de négociation collective fonctionnels, par exemple en remettant au centre de la scène le Conseil national de conciliation sociale, afin de régler les conflits portant sur les salaires et les conditions de travail.
Interprétation du portugais: Membre travailleur, Espagne – Je m’exprimerai au nom de la Confédération intersyndicale de Galice, qui fait partie de la communauté syndicale des pays de langue portugaise, pour exiger le respect des droits des travailleurs de Guinée-Bissau et des syndicalistes, comme M. Mendonça.
Il y a tout juste deux ans, le gouvernement de la Guinée-Bissau faisait l’objet, au sein de cette même commission, de discussions portant sur le non-respect de la convention, que la Guinée-Bissau a ratifiée en 1977. Depuis lors, le gouvernement n’a toutefois pas tenu compte des conclusions et demandes formulées par la commission, que ce soit en ce qui concerne la révision du salaire minimum national, qui n’a pas été actualisé depuis 1988, la consultation des partenaires sociaux, ou la fin des mesures répressives à l’encontre de ceux qui, face à cette situation injuste, exercent leur droit légitime de protester.
Nous discutons de salaires qui n’ont pas été actualisés depuis trente-sept ans, ni plus ni moins, en dépit d’un contexte de hausse du coût de la vie et d’inflation qui s’est aggravé en raison des changements dont l’économie du pays a fait l’objet par suite de l’adoption du franc CFA comme monnaie officielle, à savoir un système monétaire visant à contrôler les colonies africaines, et aussi des changements intervenus dans la situation mondiale depuis les années 1970, avec l’aggravation de l’endettement des pays africains et après l’imposition des plans d’ajustement structurel du Fonds monétaire international.
Il est primordial d’ajuster périodiquement les salaires minima afin de garantir aux travailleurs un niveau de vie décent. Puisqu’un tel réajustement n’a pas eu lieu en GuinéeBissau, les chiffres la concernant sont très préoccupants: 69 pour cent de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté; 0,9 pour cent seulement bénéficie d’au moins une prestation de protection sociale sous forme d’assistance ou d’assurance sociale; la scolarisation et l’alphabétisation demeurent précaires; et le salaire minimum est l’un des plus bas au monde, à l’instar de celui d’autres pays africains. Cette situation s’inscrit dans un contexte continental où, loin d’avoir engagé un processus de réparation équitable pour l’Afrique, les politiques néocolonialistes sont réactivées, continuent d’épuiser les ressources du continent, et se traduisent par une exploitation de la main-d’œuvre bon marché et une atteinte constante à la souveraineté des peuples, au mépris de leurs droits, comme cela a été confirmé récemment dans le cadre de l’examen par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui s’est déroulé entre le 28 avril et le 9 mai 2025.
La Guinée-Bissau, anciennement Royaume de Gabú, est, selon les organisations internationales, l’un des pays les plus pauvres au monde. Depuis son indépendance, impulsée par Amílcar Cabral, elle est en proie à une importante instabilité politique et économique, marquée par des conflits et des coups d’État, qui ont entravé son développement et la consolidation de la démocratie.
À la lumière des événements récents, les autorités du pays ne semblent, pour l’instant, pas être à l’origine du moindre changement positif. La vaste formation dont se targue le président actuel dans plusieurs pays, dont l’Espagne, a peut-être porté ses fruits sur le plan militaire, mais tel n’a pas été le cas en matière de valeurs démocratiques et de droits humains, comme en attestent sa décision de fermer le Parlement, représentant légitime du peuple, en décembre 2023, ou l’absence de programme gouvernemental ou de budget général de l’État, sans compter toutes les mesures répressives qu’il a récemment mises en œuvre (menaces, charges violentes contre les manifestants, arrestations arbitraires et actes de torture).
Par conséquent, nous demandons à cette commission de prendre les mesures appropriées pour qu’il soit mis fin aux manquements répétés du gouvernement de la GuinéeBissau à la convention et d’exiger de celui-ci de mettre en œuvre des mesures visant à établir et appliquer des méthodes de fixation des salaires minima, en consultation avec les partenaires sociaux évidemment. Nous demandons également qu’il soit mis fin aux mesures répressives dont les conventions de l’OIT et la législation nationale elle-même, comme la loi sur la liberté syndicale, la loi sur le droit de grève et les lois qui protègent le droit de réunion et de manifestation, font l’objet.
Membre travailleur, Nigéria – Je suis le secrétaire général du Congrès des syndicats du Nigéria et m’exprimerai au nom des travailleurs d’Afrique de l’Ouest, regroupés au sein de l’Organisation des syndicats d’Afrique de l’Ouest (OTUWA). Nous saluons le rapport de la commission d’experts sur l’application de cette convention. Nous souhaitons souligner que la Guinée-Bissau n’est pas le seul pays à ne pas disposer de méthodes de fixation des salaires minima. Par conséquent, nous considérons que notre discussion au sujet de cette convention constitue pour la Guinée-Bissau une opportunité de progresser sur cette question et, pour d’autres pays membres de cette organisation essentielle, d’en tirer des enseignements et de s’inspirer de la pratique de certains pays africains comme le Nigéria, mon pays.
Nous reconnaissons et sommes conscients de l’importance de fixer un salaire minimum, car il constitue une garantie contre la pauvreté. Il ne fait aucun doute que les travailleurs de Guinée-Bissau ont besoin du rempart que constitue un salaire minimum pour se prémunir contre l’aggravation de la pauvreté, qui est la conséquence d’un taux de chômage et de sousemploi élevé, ainsi que de la hausse de l’inflation, dès lors que l’absence de méthodes de fixation des salaires minima en Guinée-Bissau a eu pour effet d’augmenter les chances des travailleurs de retomber dans la pauvreté et le désespoir.
La Guinée-Bissau, avec un PIB par habitant de 494 dollars des États-Unis et un secteur informel représentant plus de 70 pour cent de l’activité économique, est confrontée à des défis structurels. Ceux-ci sont aggravés par l’instabilité politique, le faible respect de l’état de droit et l’absence de méthodes statutaires de fixation des salaires, en particulier pour les travailleurs du secteur privé.
Dans un tel contexte, lutter contre la pauvreté devient illusoire. La protection sociale repose avant tout sur les salaires, surtout dans les sociétés communautaires où, comme en Guinée-Bissau, un seul revenu permet souvent de subvenir aux besoins de six personnes à charge en moyenne. L’expérience du Nigéria est instructive, même si l’inflation a considérablement érodé la valeur réelle de notre salaire minimum.
L’existence de méthodes nationales de fixation des salaires minima permet toutefois d’apporter des réponses institutionnelles à la pression exercée par le marché du travail.
Au Nigéria, les syndicats sont parvenus à négocier que la période légale de révision des salaires soit abaissée de cinq à trois ans, ce qui a permis d’atténuer l’impact de l’inflation sur les revenus des travailleurs.
Nous prions instamment le gouvernement de la Guinée-Bissau de cesser de se retrancher derrière l’excuse habituelle qui consiste à se déclarer dans l’attente de rapports de consultants, et de prendre des mesures décisives pour adopter et adapter des approches éprouvées qui sont d’ores et déjà à sa portée.
De même, du fait que le droit d’organiser des négociations collectives n’est pas garanti et compte tenu de l’absence de dialogue social structuré en Guinée-Bissau, l’espace et l’environnement nécessaires au développement d’un salaire minimum juste et décent au niveau national continuent à se restreindre.
Un bon régime salarial contribue à renforcer l’harmonie au travail et à améliorer le moral et la productivité des travailleurs.
En outre, il garantira les salaires, stimulera la consommation et encouragera les investisseurs à se lancer dans la production, ce qui se traduira par l’embauche d’un plus grand nombre de personnes dans le processus de production.
Les avantages socio-économiques directs et indirects d’un salaire minimum national ne devraient pas se réduire à une analyse étroite et dépourvue d’intérêt de l’augmentation des coûts de production, ils devraient plutôt être considérés comme un mécanisme de stimulation de la production. Nous prions donc instamment le gouvernement de la Guinée-Bissau d’élaborer, dans un délai déterminé, un plan d’action pragmatique permettant la mise en place de méthodes nationales de fixation des salaires minima, en gardant à l’esprit que la dernière révision des salaires remonte à trente-sept ans, il est inacceptable que le gouvernement ne se conforme pas aux conclusions de cette commission.
À la suite de l’attaque contre les dirigeants syndicaux, le système de fixation des salaires s’est effondré, en Guinée-Bissau. Cette situation est inacceptable pour l’ensemble des travailleurs et doit être traitée de toute urgence.
Enfin, je prie instamment notre honorable commission de rédiger un paragraphe spécial à l’attention du gouvernement de la Guinée-Bissau.
Interprétation du portugais: Observateur, Confédération syndicale internationale (CSI) – En 2023, la commission a examiné pour la première fois le non-respect par le gouvernement de la Guinée-Bissau de la convention, ratifiée depuis 1977, la dernière révision du salaire minimum étant intervenue en 1988, à la suite de l’adoption du décret no 17 du 4 avril.
Cependant, le pays a adopté un nouveau Code de travail à travers la loi no 7/2022 du 18 juillet, dont l’article 154 impose l’obligation à l’exécutif de définir le salaire au niveau national en collaboration étroite avec les partenaires sociaux.
Cet impératif légal n’a pas été respecté alors même que des travailleurs du secteur privé et des retraités de l’administration publique perçoivent un salaire qui ne dépasse jamais 30 euros par mois, ce qui est inférieur au coût de 50 kilos de riz, produit de base de l’alimentation de la population.
Le Code du travail prévoit qu’il doit y avoir effectivement une collaboration avec les partenaires sociaux, ce qui n’a pas été le cas, malgré le fait que, dans le secteur privé, les salaires dépassent rarement les 30 euros par mois et ne permettent pas d’acheter 50 kilos de riz, l’aliment de base de la population. Donc il y a trente-sept ans que nous avons, pour la dernière fois, défini un salaire minimum. Et, depuis 2023, les recommandations de la commission n’ont pas été appliquées. Le gouvernement a reçu une assistance technique, mais elle n’a pas été prise en compte.
Ensuite, en octobre 2024, le Comité de la liberté syndicale, dans le cadre du cas no 3448, a effectivement continué à parler de cette absence de mécanisme pour les travailleurs, ce qui met en cause le dialogue social ouvert. Compte tenu de cette violation des droits des syndicats, en tant que représentants de la classe des travailleurs, il ne nous reste plus qu’à continuer à faire pression, puisque, en tant que représentants légitimes des travailleurs, nous ne pouvons pas renoncer à nos revendications. Il faut donner la priorité au dialogue avec les partenaires sociaux et il ne doit pas y avoir de menace de persécution à l’encontre des dirigeants syndicaux, car celle-ci constitue une violation de la loi no 8/91 du 3 octobre et de la convention no 87, qui a été ratifiée en 2023. Pour preuve, le gouvernement, par le biais du ministère de l’Intérieur, a pris d’assaut le siège de notre centrale syndicale, ne respectant pas les bureaux des syndicats, et notamment celui du secrétaire général, et a remplacé les serrures pour nous empêcher d’avoir accès à nos bureaux, et nous a remplacés par des personnes qui ne s’identifient pas à notre direction ni à la centrale syndicale. Même après une décision judiciaire finale, qui nous légitime et nous reconnaît comme les représentants de l’UNTG-CS et de la classe ouvrière guinéenne, l’exécutif n’a pas daigné nous rendre notre siège jusqu’à présent. Donc, pour nous réduire au silence, le gouvernement a violé les principes qui figurent dans la loi no 9/91 du 3 octobre en bloquant le paiement de mois entiers de salaires aux travailleurs. Il y a eu aussi violation de la loi no 3/92 pour éviter que nous puissions participer à des manifestations pacifiques.
Le gouvernement empêche ces dernières en ayant recours à des détentions arbitraires et en torturant les manifestants, les dirigeants syndicaux et les membres de la société civile, comme cela a été le cas tout récemment, le 25 mai de cette année. Le Parlement ne fonctionne plus depuis deux ans, et il n’y a pas d’instrument juridique pris par le gouvernement pour protéger la classe des travailleurs. Donc nous souffrons face au niveau de vie extrêmement élevé, et les hommes politiques ne tiennent pas compte de toutes ces souffrances.
Malgré tous les efforts que nous avons déployés, chaque année, nous devons nous adresser à la Commission de vérification des pouvoirs pour nous plaindre de notre exclusion de la délégation à la Conférence, mais nos plaintes n’ont jamais été suivies d’effet. Mais nous réaffirmons notre détermination à poursuivre la lutte et comptons toujours sur votre soutien.
Toutes les recommandations qui ont été faites n’ont pas été prises en compte. Nous demandons donc qu’un paragraphe spécial soit consacré à la Guinée-Bissau concernant effectivement toutes ces formes d’oppression.
Interprétation du portugais: Représentante gouvernementale C’est la deuxième fois que le gouvernement de la Guinée-Bissau est amené à se présenter en séance plénière pour parler de la convention. En juin 2023, nous avons discuté de la convention au sein même de cette commission. Et, après ce débat, le gouvernement de la Guinée-Bissau n’est pas resté les bras croisés. Le gouvernement de la Guinée-Bissau a reçu les recommandations de la commission et a pris des mesures pour s’y conformer et les mettre en œuvre. En juillet 2023, le gouvernement de la Guinée-Bissau a adressé au BIT une demande formelle d’assistance technique en indiquant qu’un consultant serait chargé de réaliser une étude visant à actualiser le salaire minimum dans le secteur privé.
Bien que la Guinée-Bissau ne dispose pas, pour l’instant, d’un organe législatif opérationnel, à savoir l’Assemblée nationale populaire, elle cherche à s’aligner sur les lignes directrices de l’OIT, ce qui l’a amenée à collaborer avec le consultant, les organisations représentatives des travailleurs et l’organisation représentative des employeurs.
Nous prenons note des observations qui ont été formulées et souhaitons souligner les points suivants.
Le gouvernement de la Guinée-Bissau ne s’ingère pas dans les affaires des syndicats. Il a noté qu’il y avait un problème interne au sein de la direction de l’UNTG-CS, mais celui-ci a été résolu, ce dont le secrétariat général de l’UNTG-CS nous a informés. L’UNTG-CS est notre partenaire, ce qui nous a conduits à rencontrer ses représentants et ses membres. Peut-être que M. Júlio Mendonça, comme cela a été dit tout à l’heure, n’a pas participé à ces réunions, mais ses camarades, collègues du syndicat, ont bien participé à plusieurs réunions avec le gouvernement, auxquelles le front social, qui est une nouvelle structure regroupant les syndicats du secteur de l’éducation et du secteur de la santé, a également participé.
En ce qui concerne la violation du droit de grève et de la liberté syndicale, la Guinée-Bissau a ratifié la convention no 87. Ceci atteste de son intérêt à garantir le droit des travailleurs à la liberté syndicale.
Le Code du travail garantit également la liberté syndicale.
De nombreuses conventions collectives ont été conclues dans divers secteurs économiques. Depuis 2023, année au cours de laquelle le cas de la Guinée-Bissau a été examiné, le gouvernement a renforcé le dialogue social, y compris les mécanismes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie en droit et dans la pratique.
En Guinée-Bissau, il existe deux grands syndicats. Il y a l’UNTG-CS, qui est le plus ancien, parce qu’il a été créé en premier, mais il y a aussi la CGSI-GB, qui a souvent fait l’objet d’un traitement discriminatoire puisqu’elle a été exclue de certaines activités. Dans toutes ses activités, le gouvernement invite à la fois l’UNTG-CS et la CGSI-GB à envoyer des représentants.
La commission d’experts a également demandé un exemplaire du Code du travail, lequel a été envoyé dès le mois de juin 2023, en même temps que la demande d’assistance du gouvernement portant sur la diffusion dudit code. Ceci témoigne de l’engagement dont le pays fait preuve, mais les changements, les politiques et leur mise en œuvre ne se font pas du jour au lendemain. Tout cela s’inscrit dans un processus.
Il y a deux ans, la Guinée-Bissau était déjà ici pour discuter de ce cas. En fait, il est regrettable qu’il nous ait fallu près de quarante ans pour discuter de l’actualisation du salaire minimum, qui a été fixé en 1988. Comme je l’ai déjà dit, nous travaillons, nous sommes engagés.
Nous avons fait du dialogue social un pilier de notre gouvernement et avons conclu plusieurs accords empêchant les grèves, principalement dans les domaines de la santé et de l’éducation. Nous sommes attachés aux conditions de travail des travailleurs et à leur sécurité.
Comme l’ont mentionné plusieurs orateurs, en Guinée-Bissau, le système de salaire minimum remonte à 1988. Depuis lors, il n’y a pas eu d’actualisation mais nous y travaillons. Le rapport établi par le spécialiste est déjà dans les mains du gouvernement et il a été présenté aux partenaires sociaux. Ceux-ci ont été consultés et ils sont impliqués dans ce travail.
En mars 2021, par le décret no 01/2001, le gouvernement de la Guinée-Bissau a créé le Conseil permanent de conciliation sociale. En d’autres termes, il a institutionnalisé le dialogue social et la consultation permanente entre le gouvernement et les principales organisations de travailleurs et d’employeurs du pays, en mentionnant toujours l’UNTG-CS et la CGSI-GB. Ce conseil est notamment chargé de procéder aux consultations sur les questions de politique du travail, y compris la résolution des conflits, afin de permettre les changements structurels indispensables à la modernisation de notre économie, lesquels peuvent ainsi être réalisés de manière concertée, afin de contribuer à la définition et à la mise en œuvre des politiques socioéconomiques du pays.
L’objectif de ce Conseil permanent de conciliation sociale est de promouvoir et garantir que la voix des parties prenantes, c’est-à-dire les organisations d’employeurs et de travailleurs, est entendue par le gouvernement avant que les décisions ne soient prises.
Au terme de l’étude que nous avons réalisée, il a été recommandé que la définition du nouveau salaire minimum tienne compte, d’une part, des besoins des travailleurs et de leur famille et, d’autre part, de la durabilité du secteur privé.
Si un salaire minimum peut contribuer à la protection des travailleurs les plus vulnérables et à la lutte contre la pauvreté, il serait contre-productif d’établir un plancher qui dépasse la capacité de paiement des secteurs privé et public, comme le souligne la Déclaration de Philadelphie de 1944.
Le gouvernement de la Guinée-Bissau n’a aucun problème avec l’UNTG-CS. En fait, dans ma première intervention, j’ai demandé le soutien de l’UNTG-CS pour que celle-ci nous aide à surmonter les difficultés que nous rencontrons dans le pays. Il s’agit de nos partenaires, de partenaires de développement, de partenaires avec lesquels nous voulons travailler.
Il a été dit qu’en Guinée-Bissau, les travailleurs sont persécutés. Cela n’est pas conforme à la réalité. Les travailleurs de Guinée-Bissau pensaient qu’ils pouvaient faire grève et continuer à percevoir l’intégralité de leur salaire.
Si le droit de grève leur est reconnu, l’employeur a également le droit de déduire le paiement du jour de grève correspondant. Le syndicat doit disposer d’un mécanisme lui permettant de compenser ce jour de grève.
Ainsi, les syndicats faisaient grève en considérant que le droit de percevoir l’intégralité du salaire était acquis, ce qui était inexact. Ils y ont vu une forme de répression de la part du gouvernement, mais tel n’était pas le cas, puisque c’est la loi.
L’absence est considérée comme justifiée, mais le gouvernement ne peut pas la financer. En Guinée-Bissau, une grève est en cours dans le secteur de l’éducation et de la santé. Les négociations sont en cours, et il y a même eu une intervention du Président de la République lui-même visant à essayer de rétablir une certaine paix sociale, parce que ce n’est qu’avec la paix sociale que nous pouvons créer les conditions favorables au développement et à la stabilité, lesquelles permettent aux travailleurs de travailler et nous offrent la possibilité d’avancer. Nous demandons aux syndicats, aux représentants des travailleurs, d’entretenir un dialogue ouvert avec le gouvernement, ainsi qu’avec les employeurs, de sorte que nous puissions déterminer où nous en sommes et, dans ce cadre, jeter des ponts pour nous permettre de construire et reconstruire notre pays, un pays qui souffre et qui, depuis son indépendance, a constamment traversé des cycles d’instabilité.
En effet, la Guinée-Bissau souhaite aller de l’avant. Nous sommes en possession de l’étude approuvée et nous voulons être en mesure de procéder à une actualisation simultanée des salaires minima dans les secteurs privé et public, parce que le montant du salaire minimum est extrêmement faible. Mais nous devons aussi reconnaître qu’en Guinée-Bissau, le secteur des entreprises est presque inexistant.
Nous devons donc créer les conditions nécessaires à l’amélioration du développement du pays lui-même afin que nous puissions disposer de salaires qui soient au même niveau que dans d’autres parties du monde. Le gouvernement tient à réitérer son engagement à cette fin et, parce que nous sommes conscients que ce besoin est impératif, je suis convaincue que l’application de la convention par la Guinée-Bissau ne fera pas l’objet d’une autre discussion au sein de cette commission.
Nous travaillons en ayant l’espoir de pouvoir organiser des élections à la fin de l’année et de disposer d’un organe législatif pleinement opérationnel, de sorte que les conditions soient réunies pour nous permettre d’avancer.
Membres travailleurs – Nous réitérons notre préoccupation face à l’incapacité persistante à se conformer aux exigences de la convention dont le gouvernement fait preuve en n’établissant pas de mécanisme efficace de fixation du salaire minimum ou en ne procédant pas au réajustement des niveaux de salaire minimum permettant de garantir un salaire décent à son peuple. Une action concrète de la part du gouvernement est attendue depuis déjà bien trop longtemps. Le gouvernement de la Guinée-Bissau doit démontrer son engagement à se conformer aux principes et processus énoncés dans la convention. Il est clair qu’il n’y a eu aucun progrès depuis 2023.
Le gouvernement doit de toute urgence mettre en place et maintenir un mécanisme approprié permettant de fixer, réviser périodiquement et réajuster les salaires minima.
Selon l’article 3 de la convention, les représentants des travailleurs et des employeurs doivent être consultés avant d’appliquer ce mécanisme et ils doivent participer à son fonctionnement, et la représentation légitime et librement choisie des travailleurs dans ce processus doit être garantie.
Nous regrettons de constater que les intérêts de la classe ouvrière, des travailleurs et des travailleuses, ne sont pas légitimement représentés en Guinée-Bissau ni à l’occasion de cette Conférence. Nous notons que le représentant des travailleurs qui est intervenu au nom de la Guinée-Bissau n’est pas le véritable représentant des travailleurs de ce pays. Nous regrettons également ses attaques contre l’OIT, qui accomplit sa mission conformément aux normes qu’elle a établies.
Nous informons cette commission qu’une fois de plus, les membres travailleurs ont déposé une plainte auprès de la Commission de vérification des pouvoirs contre le gouvernement de la Guinée-Bissau pour ingérence dans la nomination des délégués légitimes des travailleurs à la Conférence.
En outre, nous nous référons ici au 408e rapport du Comité de la liberté syndicale d’octobre 2024, dans lequel celui-ci a déclaré, je cite: «Le comité attend du gouvernement qu’il prenne les mesures qui s’imposent pour que les dirigeants élus lors du congrès de l’UNTG-CS de 2022 soient pleinement libres d’exercer leurs fonctions sans aucune ingérence de la part des autorités.»
Nous prions donc instamment le gouvernement de cesser immédiatement ses attaques contre l’UNTG-CS et de veiller à ce que l’UNTG-CS et ses dirigeants légitimes puissent participer pleinement et en toute indépendance au dialogue social et être consultés dans le cadre du mécanisme de fixation du salaire minimum.
La situation est grave et urgente.
Nous réitérons la demande qui a été formulée par le Comité de la liberté syndicale au gouvernement de la Guinée-Bissau de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour donner suite sans délai aux conclusions de la commission.
Cela implique, premièrement, de réviser sans délai le salaire minimum applicable tant au secteur public que privé, conformément à la convention.
Deuxièmement, d’établir le mécanisme de fixation du salaire minimum en consultation avec les partenaires sociaux, afin de fixer et d’actualiser le salaire minimum sur une base régulière.
Enfin, troisièmement, de renforcer le dialogue social, y compris le mécanisme de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie en droit et dans la pratique.
Le gouvernement est prié de fournir des informations détaillées sur les mesures prises à cet égard, y compris sur les consultations tripartites relatives à la question du salaire minimum.
Compte tenu de l’incapacité du gouvernement à donner suite aux commentaires de la commission d’experts et à se conformer aux demandes découlant des conclusions que celle-ci a formulées en 2023, ainsi que de la situation préoccupante en termes de dialogue social et d’indépendance des syndicats, nous prions instamment le gouvernement d’accepter une mission tripartite de haut niveau et de faire rapport à la commission d’experts, avant le 1er septembre 2025, sur les mesures qui auront été prises pour mettre en œuvre les recommandations formulées par notre commission.
De même, nous prions instamment le gouvernement de la Guinée-Bissau d’apporter une réponse précise aux diverses autres demandes qui ont été formulées par la commission d’experts et auxquelles il n’a pas encore été donné suite.
Membres employeurs – Les membres employeurs tiennent à remercier tous les orateurs qui ont pris la parole. Nous remercions également le gouvernement de la Guinée-Bissau pour les informations qu’il a fournies.
Les membres employeurs souhaitent à nouveau prier instamment la Guinée-Bissau de finaliser, en application de l’article 3 de la convention, des méthodes de fixation des salaires minima pour son secteur privé. Nous avons entendu l’appel du gouvernement à ce que davantage d’entreprises participent à l’économie formelle.
Les membres employeurs se félicitent de l’invitation qui a ainsi été lancée et soulignent qu’un moyen efficace de persuader les entreprises de participer à l’économie formelle est d’élaborer et de mettre en œuvre des régimes juridiques clairs et prévisibles, notamment ceux découlant de la convention.
Après avoir consciencieusement examiné les observations qui ont été formulées aujourd’hui et celles qui avaient été formulées précédemment sur ce cas, nous demandons respectueusement au gouvernement de la Guinée-Bissau:
  • De prendre les mesures nécessaires pour finaliser les méthodes de fixation des salaires minima, conformément aux articles 2 et 3 de la convention.
  • De communiquer, en application de l’article 5 de la convention, la liste des industries ou parties d’industries dans lesquelles ont été appliquées des méthodes de fixation des salaires minima, en faisant connaître les modalités d’application de ces méthodes ainsi que leurs résultats, de même que les nombres approximatifs de travailleurs soumis à cette réglementation.
  • D’engager un dialogue social véritable et constructif et de coopérer avec les partenaires sociaux sur ces questions, aujourd’hui, demain et au-delà.
Nous espérons qu’afin de se conformer pleinement aux exigences de la convention, le gouvernement mettra en œuvre ces recommandations sans délai.

Conclusions de la commission

La commission a pris note des informations orales fournies par le gouvernement et de la discussion qui a suivi.
La commission a déploré qu’aucune mesure n’ait été prise pour remédier à la situation, deux ans après que des préoccupations ont été formulées concernant les attaques violentes et les actes d’intimidation visant les syndicats indépendants, lesquelles nuisent au respect des obligations ainsi qu’à la portée des consultations prévues par la convention.
Compte tenu de la discussion, la commission a prié le gouvernement, en consultation avec les partenaires sociaux, de prendre des mesures efficaces dans un délai déterminé pour:
  • garantir l’indépendance immédiate des syndicats afin de leur permettre de représenter véritablement et efficacement leurs membres;
  • revoir sans tarder le salaire minimum des secteurs public et privé conformément à la convention;
  • mettre en place un mécanisme de fixation du salaire minimum afin de fixer et de mettre régulièrement à jour le salaire minimum;
  • renforcer le dialogue social, y compris le mécanisme de consultation avec les organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie en droit et dans la pratique;
  • fournir des informations statistiques détaillées et d’autres informations sur les mesures prises à cet égard, y compris sur les consultations tripartites relatives au salaire minimum qui ont eu lieu.
La commission a prié le gouvernement de se prévaloir de l’assistance technique du BIT et de soumettre un rapport détaillé sur les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations susmentionnées d’ici au 1er septembre 2025.

Cas individuel (CAS) - Discussion : 2023, Publication : 111ème session CIT (2023)

2023-GNB-026-Fr

Discussion par la commission

Président – Commençons notre discussion par le cas de la Guinée-Bissau à propos de l’application de la convention (nº 26) sur les méthodes de fixation des salaires minima, 1928. J’invite la représentante du gouvernement de la Guinée-Bissau, directrice générale du travail, à prendre la parole.

Interprétation du portugais: Représentante gouvernementale – C’est un grand honneur pour moi de m’exprimer devant vous en tant que représentante du gouvernement de la Guinée-Bissau. Je vous remercie de me donner l’occasion de dire toute la reconnaissance de la Guinée-Bissau vis-à-vis de l’OIT.

L’un des objectifs de l’Agenda 2030 auquel souscrit la Guinée-Bissau est une croissance économique durable, avec un emploi plein, productif et décent pour tous. Pour arriver au développement durable, la croissance économique doit aller de pair avec la promotion du travail décent. Malheureusement, partout dans le monde, il existe des cas de travail forcé, notamment de travail des enfants, ainsi que des situations de travail précaire, notamment pour les immigrants.

L’emploi n’est pas toujours stable ni décent, bien au contraire. L’emploi s’exerce souvent dans la pauvreté. Le travail décent suppose la création de chances égales pour les hommes, les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap. Pour qu’ils puissent se réaliser dans un travail productif avec une rémunération juste, avoir la possibilité d’être protégés, eux et leur famille, et avoir des perspectives de développement personnel, ils doivent avoir la liberté d’exprimer leurs inquiétudes et leurs aspirations. C’est vrai, aujourd’hui, on ne peut pas promouvoir une croissance économique solide, durable et inclusive si l’on ne travaille pas sur l’amélioration de la situation de travail, des conditions de vie de nos travailleurs et si l’on ne leur fournit pas des garanties de subsistance, notamment lorsqu’ils manquent de moyens ou qu’ils sont dans l’incapacité de travailler.

Le gouvernement de la Guinée-Bissau s’engage pleinement en faveur de la promotion du travail décent. Nous sommes l’un des États signataires de l’Accord de Cotonou sur le commerce et les normes du travail pour un emploi productif, sûr, de qualité et inclusif pour créer des conditions propices à une meilleure croissance économique du pays. C’est dans cette perspective que nous avons mis en œuvre un grand nombre de projets. Nous menons à bien les politiques économiques et sociales adoptées par notre gouvernement, qui sont censées créer des chances égales et dignes pour toute la population active afin de combattre le travail des enfants et de créer des conditions de rémunération justes. Par ailleurs, le pays est en train de se pencher sur toute une série de mesures à prendre.

S’agissant des normes internationales du travail, la ratification de la convention (no 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, est l’une des étapes que nous avons franchies. Nous prévoyons aussi de ratifier d’autres conventions.

Un nouveau Code du travail a été adopté en 2021 et promulgué par le Président de la République en 2022, avec le soutien de l’OIT. Tous les rapports de la Guinée-Bissau ont été présentés pour les années 2021-22. Ils ont été présentés dans les délais et nous avons aussi rattrapé notre retard. Par ailleurs, nous avons récemment organisé un atelier tripartite, lors duquel nous nous sommes penchés sur la question des normes internationales du travail.

S’agissant du salaire minimum, nous avons créé en 2021 une commission pluridisciplinaire, composée de représentants syndicaux et chargée notamment d’identifier les questions relatives à l’inflation et au salaire minimum. Cette commission n’a pas pu se réunir, mais nous avons pris un certain nombre de mesures par le biais de la réforme du Code du travail qui nous a permis de mettre en place les règles de fixation d’un salaire minimum. Il s’agit là d’une priorité pour le gouvernement de la Guinée-Bissau. Il s’agit de la fixation d’un salaire minimum pour le secteur privé, salaire minimum qui n’a pas été mis à jour depuis 1988 et qui a été fixé dans l’ancienne monnaie. Nous parlons d’un salaire qui tournait autour d’un euro à l’époque. Et, maintenant, la Guinée-Bissau demande au BIT de bien vouloir fournir l’assistance technique nécessaire à la détermination d’un salaire minimum en conformité avec la convention. C’est l’une des priorités de notre gouvernement. Il est vrai que nous avons des limitations techniques et financières parce que, pour fixer un salaire minimum, il faut mener à bien une étude. En outre, il faut à nouveau mettre sur pied un groupe de travail pluridisciplinaire, comprenant des représentants du gouvernement, des employeurs, des travailleurs et de la société civile, où l’on pourra discuter de toutes les questions qui concernent le salaire minimum. La Guinée-Bissau a mis en place un conseil de concertation sociale où l’on discute justement de ce type de sujet. Le Conseil permanent de la concertation sociale est présidé par le Premier ministre. D’autres ministres, qui ont des portefeuilles sociaux, siègent aussi en son sein, de même que des représentants des employeurs et des travailleurs. La société civile est également représentée. En fait, il pourrait constituer l’enceinte idoine pour discuter du salaire minimum puisque le fait que nous n’ayons pas encore fixé de salaire minimum crée des conditions de précarité et des divergences et offre à l’employeur la possibilité de disposer d’une certaine marge de manœuvre pour évaluer la prestation et la valeur du travail du travailleur. Nous avons connaissance de ces problèmes. Par ailleurs, nous avons bien à l’esprit que nous n’y arriverons pas seuls. Le gouvernement de la Guinée-Bissau demande donc à nouveau le soutien de l’OIT. Le BIT devrait identifier la Guinée-Bissau comme pays prioritaire, ou pays de première nécessité si vous voulez, pour que nous puissions fixer un salaire minimum, comme nous l’avons fait dans le cadre d’autres projets appuyés et accompagnés par le BIT. À cet égard, le programme par pays pour la promotion du travail décent (PPTD) est lui aussi mis à mal parce que nous manquons de moyens. Nous manquons de possibilités de préserver la dignité des travailleurs, or celle-ci nous est très chère.

En Guinée-Bissau, nous souscrivons pleinement aux valeurs de l’OIT. Nous avons un agenda pour le travail qui comporte un certain nombre d’activités sur lesquelles nous souhaitons avancer, pour la protection des travailleurs, et notamment la protection salariale, dans le secteur privé et dans le secteur public. Pour ce qui est du secteur public, nous avons fixé un salaire minimum de 50 000 francs de la Communauté financière africaine (FCFA). Par conséquent, il existe bien un salaire minimum dans la fonction publique, car nous sommes en présence d’indicateurs qui nous permettent de le déterminer.

Mais il nous faut quand même le soutien de l’OIT, notamment en matière de formation et d’acquisition de compétences pour les syndicats et les représentants des employeurs. En fait, il nous faut une analyse fidèle de la valeur du travail accompli par le travailleur bissao-guinéen. Il nous faut aussi élaborer des indicateurs, et c’est ainsi que nous pourrons aussi fixer un salaire minimum pour le secteur privé.

S’agissant du soutien à l’acquisition et au développement de compétences, je répète que nous avons besoin d’aide. Nous avons mené à bien une étude ou, plus exactement, nous avons besoin de mener une étude, pour pouvoir bien comprendre l’environnement économique de notre pays et mieux comprendre comment fixer les salaires pour garantir un travail et un salaire décents à nos travailleurs.

Membres employeurs – Les membres employeurs remercient le gouvernement de la Guinée-Bissau pour les informations fournies. Ce cas concerne l’application en droit et en pratique de la convention sur le mécanisme de fixation des salaires minima en Guinée-Bissau. Il s’agit d’une convention technique, adoptée en 1928 avec un statut provisoire. Elle reste l’une des conventions de l’OIT les plus largement ratifiées, avec 105 ratifications. La Guinée-Bissau a ratifié 32 conventions, dont 7 parmi les 10 conventions fondamentales de l’OIT. En particulier, cette convention a été ratifiée par la Guinée-Bissau après l’accession de l’État à l’indépendance. La ratification date de février 1977. En revanche, la Guinée-Bissau n’a pas ratifié la convention (nº 131) sur la fixation des salaires minima, 1970, dont le champ d’application est plus vaste.

C’est la première fois que le cas est discuté par la commission. Cependant, nous notons que la commission d’experts a émis des observations sur la mise en œuvre de la convention par la Guinée-Bissau en 2019, répétées en 2020, 2021 et 2022. La principale obligation découlant de la convention est d’établir et de maintenir un mécanisme de fixation des salaires minima pour les travailleurs employés dans certains métiers ou parties de métiers pour lesquels il n’existe pas de dispositions en vue d’une réglementation efficace des salaires et pour lesquels les salaires sont exceptionnellement bas. Conformément à l’article 2, les Membres qui ont ratifié cette convention seront libres de décider dans quels métiers ou parties de métiers le mécanisme de fixation des salaires minima visé à l’article 1, paragraphe 1, sera appliqué. Conformément à l’article 3, paragraphe 2 (1), les représentants des employeurs et des travailleurs concernés, y compris les représentants de leurs organisations respectives, s’il en existe, doivent être consultés avant qu’un mécanisme de fixation des salaires minima ne soit appliqué dans un secteur ou une partie d’un secteur. En vertu de l’article 3, paragraphe 2 (2), les employeurs et les travailleurs concernés sont associés au fonctionnement du mécanisme de fixation des salaires minima. En vertu de l’article 3, paragraphe 2 (3), les taux de salaires minima qui ont été fixés sont contraignants pour les employeurs et les travailleurs concernés.

Nous notons que la commission d’experts fonde son observation concernant la Guinée-Bissau et la convention sur le fait que, malgré des observations répétées, la Guinée-Bissau n’a fourni aucune information sur le fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. D’après les informations présentées à la commission d’experts, le salaire minimum dans le secteur privé est fixé par le décret no 17/88 du 4 avril 1988. La base juridique du décret de 1988 est la loi générale du travail de la Guinée-Bissau, la loi no 2 de 1986. Le Code du travail de 1986, articles 110 et 114, fournit une base juridique pour la fixation d’un salaire minimum par décret.

D’après les informations fournies par le gouvernement, les membres employeurs notent que le rapport de 2011 laissait entendre qu’une étude sur la fixation des salaires minima nationaux était en cours de finalisation.

Les membres employeurs prennent également note des informations fournies par le gouvernement concernant le nouveau Code du travail adopté par l’Assemblée nationale populaire en juillet 2021. En vertu de ses articles 153 et 154, le salaire minimum est payable à tous les travailleurs, y compris les travailleurs ruraux, sans distinction fondée sur le sexe ou tout autre motif, selon un montant fixé annuellement par le gouvernement, après consultation des partenaires sociaux.

Les membres employeurs notent que le gouvernement de la Guinée-Bissau - malgré les observations formulées par la commission d’experts au fil des ans – n’a fourni aucune information sur la date de mise en place d’un mécanisme de fixation des salaires minima conformément aux articles 2 et 3 de la convention. Les sources accessibles au public indiquent que le pays dispose d’un salaire minimum fixe pour les employés de la fonction publique. Toutefois, le décret le plus récent fixant le salaire minimum pour le secteur privé date maintenant de plus de trente ans et semble manifestement dépassé.

Les membres employeurs prennent note du nouveau Code du travail adopté par le Parlement en 2021 et promulgué en juillet 2022. À la suite de la demande d’assistance technique du BIT formulée par le gouvernement pour sensibiliser au contenu du nouveau Code du travail, un atelier tripartite d’une semaine a été organisé en novembre 2022 à cette fin. L’assistance technique du BIT a également été fournie en 2023, et une mission conjointe du BIT et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest est prévue pour le second semestre de 2023. Les membres employeurs sont convaincus que ces différents moyens d’assistance contribueront de manière positive à la résolution des problèmes dans ce cas.

Les membres employeurs sont bien conscients de l’instabilité qui règne en Guinée-Bissau depuis quelques années, mais ils soulignent également l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires. Les membres employeurs prennent note de la proposition de 2021 relative à une commission pluridisciplinaire, créée après consultation des organisations représentatives des travailleurs et des employeurs. Les membres employeurs rappellent que la commission d’experts a invité le gouvernement à fournir des informations, notamment sur la composition et le fonctionnement de la commission.

En conclusion, les membres employeurs invitent le gouvernement à prendre en considération les éléments suivants. Premièrement, les membres employeurs demandent au gouvernement de continuer à collaborer avec les organisations d’employeurs et de travailleurs les plus représentatives, ainsi qu’avec le BIT, par le biais de son assistance technique, afin de veiller à ce que les méthodes de fixation des salaires minima soient conformes aux articles 2 et 3 de la convention. Deuxièmement, ils demandent au gouvernement d’indiquer au BIT, conformément à l’article 5 de la convention, les industries ou parties d’industries dans lesquelles ont été appliquées des méthodes de fixation des salaires minima, en faisant connaître les modalités d’application de ces méthodes ainsi que leurs résultats, de même que les nombres approximatifs de travailleurs soumis à cette réglementation.

Membres travailleurs – C’est la première fois que la commission examine l’application de la convention sur les mécanismes de fixation des salaires minima par le gouvernement de la Guinée-Bissau. Nous notons que la Guinée-Bissau a ratifié la convention en 1977 et que la commission d’experts a émis quatre observations consécutives depuis 2019, montrant une préoccupation croissante face à la stagnation des salaires minima dans le pays et à l’incapacité du gouvernement à remédier à la situation. Les principales préoccupations soulevées par la commission d’experts concernent le réajustement du salaire minimum dans le secteur privé, qui aurait dû être effectué depuis longtemps, et l’incapacité du gouvernement à faire fonctionner correctement un mécanisme de fixation du salaire minimum en consultation avec les organisations représentatives des employeurs et des travailleurs.

En Guinée-Bissau, le dernier décret fixant le salaire minimum a été adopté en 1988. Depuis trente-cinq ans, le salaire minimum dans le secteur privé stagne à 29 000 francs de la Communauté financière de l’Afrique, soit 48 dollars des États-Unis d’Amérique (dollars É.-U.) par mois. À titre de référence, le coût d’un panier alimentaire de base est d’environ 14 000 francs, soit 23 dollars É.-U. Dans le secteur public, le salaire minimum a été relevé pour la dernière fois en 2018 à 50 000 francs, soit 82 dollars É.-U. Cependant, d’importantes lacunes persistent dans la mise en œuvre, car le gouvernement et les autorités publiques ont accumulé des arriérés de salaires allant jusqu’à neuf mois et n’ont toujours pas honoré leurs nombreux engagements d’apurer la dette et de payer les salaires impayés. La situation est tout simplement intenable pour les travailleurs qui doivent faire face à l’augmentation du coût de la vie et à l’inflation. Près de 70 pour cent de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté et, le 28 janvier 2021, le gouvernement a encore aggravé la situation du coût de la vie en augmentant de plus de 100 pour cent les taxes sur les biens et les services. Le prix de la plupart des produits de base a brusquement augmenté pour atteindre des niveaux inabordables.

Malgré les appels répétés de la commission d’experts depuis 1989, le gouvernement de la Guinée-Bissau n’a pas réalisé l’étude promise sur le réajustement du salaire minimum national dans le secteur privé. Dans son rapport de 2021, le gouvernement s’est référé à une ordonnance du Premier ministre du 9 juin 2021, qui a établi une commission pluridisciplinaire comprenant des représentants syndicaux pour effectuer une analyse du niveau actuel de l’inflation et proposer un salaire minimum national. En 2022, le gouvernement n’a pas communiqué de nouvelles informations à ce sujet. Nous sommes obligés de constater que deux ans après la création de cette commission, le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures pour suivre ses recommandations et augmenter enfin les salaires minima dans le pays. Nous exprimons notre profonde inquiétude devant l’incapacité du gouvernement à se conformer aux exigences de la convention et à mettre en place un mécanisme efficace de fixation du salaire minimum, ainsi que devant l’absence de volonté politique d’assurer un salaire décent aux travailleurs.

Nous rappelons que, en vertu de l’article 1 de la convention, les États Membres s’engagent à créer ou à maintenir des mécanismes permettant de fixer des taux de salaire minimum. L’incapacité persistante du gouvernement à réajuster les salaires a de graves conséquences pour les travailleurs du secteur privé en Guinée-Bissau. Même pendant la pandémie de COVID-19, les travailleurs de Guinée-Bissau n’ont reçu aucune aide financière du gouvernement pour atténuer les difficultés économiques causées par la pandémie. À l’époque, l’Union nationale des travailleurs de Guinée-Bissau (UNTG-CS) a tenté d’engager le dialogue avec le gouvernement, mais celui-ci a refusé de négocier. En réponse, le syndicat a lancé un appel à la grève pour réclamer un salaire décent. Le gouvernement a réagi en recourant à la violence, en frappant les manifestants et en les menaçant de mort. Nous déplorons que le gouvernement de Guinée-Bissau ait fait preuve d’un mépris total pour le dialogue social et les consultations tripartites et qu’il se soit récemment livré à une ingérence pure et simple dans la représentation authentique des travailleurs, ce qui est contraire à l’esprit et à l’objectif de l’article 2 de la convention.

La liberté d’association et la protection des organisations de travailleurs et d’employeurs authentiques sont fondamentales pour remplir les obligations découlant de la convention. Malheureusement, nous signalons à la présente commission que, le 4 mai 2023, les bureaux de l’UNTG-CS ont été attaqués et pris de force par des individus sous le contrôle et la direction du gouvernement, dans le but de remplacer les dirigeants démocratiquement élus du syndicat, notamment Julio Antonio Mendoza, par une direction progouvernementale. Les auteurs de cette prise de contrôle espéraient ensuite faire un clonage du syndicat, afin d’engager dans un but intéressé des négociations cosmétiques avec le gouvernement. Cette façon de procéder porte atteinte à une véritable représentation des intérêts des travailleurs et vide de son sens l’obligation de consulter les organisations de travailleurs et d’employeurs prévue par la convention. Il ne peut y avoir de véritable consultation avec des représentants qui n’ont pas été librement choisis par, respectivement, les travailleurs et les employeurs.

Nous sommes profondément préoccupés par l’hostilité et les attaques récentes du gouvernement contre l’organisation syndicale faîtière indépendante du pays, compte tenu notamment de l’intention déclarée du gouvernement de ratifier prochainement la convention no 87. Nous rappelons que, en vertu de l’article 3, paragraphe 2 (1), de la convention no 26, les employeurs et les travailleurs intéressés doivent être associés au fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. Depuis 1988, le salaire minimum n’a pas été revu et, lorsque les travailleurs, pressés par l’augmentation du coût de la vie et l’inflation, ont exercé leur droit de grève pour exiger un changement, le gouvernement a décidé de se substituer à la direction du syndicat. Compte tenu du temps écoulé depuis la dernière révision du salaire minimum, de l’écart entre l’augmentation du coût de la vie et les faibles niveaux du salaire minimum et des attaques contre la direction du syndicat authentique de l’organisation syndicale faîtière la plus représentative, nous demandons au gouvernement de la Guinée-Bissau de prendre les mesures nécessaires pour réajuster le salaire minimum pour les secteurs privé et public sans plus attendre, en consultation avec la direction authentique de l’UNTG-CS. À cette fin, le gouvernement doit immédiatement cesser ses attaques contre l’UNTG-CS et veiller à ce que les bureaux du syndicat soient restitués aux dirigeants et qu’ils puissent y travailler en toute sécurité.

Membre travailleur, Botswana – Veuillez noter que le Commonwealth Trade Unions Group (CTUG) et le Southern African Trade Union Coordination Council (SATUCC) s’associent à cette déclaration. La commission d’experts a rappelé que, la dernière fois que le gouvernement de Guinée-Bissau a fixé un salaire minimum actualisé pour le secteur privé, c’était en 1988, il y a environ trente-cinq ans. Cette situation s’est poursuivie en violation des lois applicables et en dépit des propositions formulées par le Président de la République en 2021 au cours de son mandat. La commission d’experts a demandé à plusieurs reprises des informations au gouvernement, en vain.

Nous réitérons notre reconnaissance quant au fait que «la fixation d’un salaire minimum constitue un élément d’une politique visant à vaincre la pauvreté et à assurer la satisfaction des besoins de tous les travailleurs et de leurs familles». Cela signifie que la fixation d’un salaire minimum par un pays, même si elle n’est pas efficace en tant que telle, est un élément important nécessaire pour garantir que les travailleurs reçoivent un salaire égal pour un travail de valeur égale, ce qui leur confère de la dignité et préserve leur bien-être. À l’évidence, l’absence de conception et de mise en œuvre d’un mécanisme solide de fixation du salaire minimum met les travailleurs en danger, compromet l’efficacité de la mise en œuvre et encourage l’informalité.

Il est important que nous continuions à reconnaître les effets négatifs d’une mise en œuvre insuffisante des salaires minima conventionnels sur les travailleurs, leurs familles et leurs emplois, car il existe un lien établi entre les salaires et la santé mentale. Je le répète, il existe un lien établi entre les salaires et la santé mentale.

Au cours des trois dernières années, la triple crise a déclenché et exacerbé l’inflation, avec des conséquences désastreuses pour les salariés. C’est dans des périodes comme celle-ci que l’on attend de gouvernements responsables et réactifs qu’ils envisagent des mesures de protection économique et sociale et l’adoption de salaires minima adéquats, entre autres mesures.

En conclusion, une distribution juste et équitable des fruits du progrès à tous est possible en Guinée-Bissau. Cependant, cela dépend de la révision et de la fixation régulières et cohérentes des salaires minima afin de garantir un salaire égal pour un travail de valeur égale, et cela dépend également de la protection des droits du travail. Cela permettra également de réduire les inégalités au sein des pays africains et entre eux, comme le préconisent les objectifs de développement durable (ODD). Nous appelons le gouvernement de la Guinée-Bissau à déployer efficacement les structures tripartites, conformément à la demande de la commission d’experts, et à fixer un salaire minimum actualisé pour le secteur privé.

Membre travailleur, Uruguay – Tout d’abord, nous tenons à souligner que nous regrettons vivement que les autorités bissau-guinéennes n’aient pas pris en compte la demande de la commission d’experts. Il est extrêmement grave que le salaire minimum dans le secteur privé n’ait pas été revalorisé depuis 1988 et que, comme cela a été dit ici, il existe d’autres problèmes qui dépassent la discussion que nous avons ici aujourd’hui, notamment dans le secteur public et dans l’éducation. Il est tout aussi grave qu’il y ait des États Membres de l’OIT qui, ayant ratifié la convention qui les oblige à établir ou à maintenir des méthodes de fixation des salaires minima pour les travailleurs masculins et féminins, ne veuillent pas se conformer à ses normes. La Déclaration de Philadelphie a intégré la garantie d’un salaire minimum vital adéquat et l’a considérée comme l’un des éléments les plus importants pour garantir une répartition équitable des fruits du progrès entre tous. Ainsi, le salaire minimum vital, par définition, vise à assurer une protection salariale garantissant un revenu permettant au travailleur de vivre dans la dignité et de satisfaire ses besoins vitaux pour la vente de sa force de travail.

Il est impératif que le gouvernement adopte les mesures nécessaires pour établir des salaires minimums actualisés pour le secteur privé dans le cadre de ses politiques de lutte contre l’inégalité et la pauvreté, ainsi que contre les écarts existants entre les hommes et les femmes, par la promotion de la négociation collective et le plein respect de la convention. Nous saluons à la fois ce qui a été proposé par le gouvernement et ce qui a été partagé par le secteur des employeurs, et nous espérons que des mécanismes, des voies et des moyens seront trouvés pour construire des accords et des consensus qui permettront non seulement de respecter les dispositions de la convention, mais aussi de contribuer à changer une réalité qui affecte actuellement les travailleuses et les travailleurs en Guinée-Bissau.

Interprétation du portugais: Membre travailleur, Portugal – La Confédération syndicale de commissions ouvrières (CCOO) se joint à cette intervention. La commission d’experts confirme qu’un meilleur salaire minimum n’a pas été établi depuis de nombreuses années. Les organisations représentatives ont soumis des propositions d’augmentation et, en 2019, un protocole d’accord pour l’augmentation du salaire minimum dans une commission supprimée par le gouvernement.

Nous savons que la situation des travailleurs en Guinée-Bissau se dégrade de jour en jour, ce qui se traduit par des salaires très bas, et qu’il n’y a pas de fixation d’un salaire minimum, élément essentiel pour une répartition équitable des richesses et l’éradication de la pauvreté.

L’augmentation des prix des produits de première nécessité et du coût de la vie fait que les propositions des travailleurs et l’absence de dialogue sont également ignorées. L’UNTG encourage les luttes, les manifestations et les grèves afin d’obtenir une augmentation du salaire minimum.

Face à cela, les manifestants sont attaqués, battus, les locaux syndicaux sont envahis, les directions syndicales sont interdites d’action. Or nous savons que la direction syndicale doit pouvoir définir librement ses actions et ses positions, jouir de la liberté d’action et agir pour la défense de ses intérêts. Pourtant, ces droits à la liberté syndicale sont attaqués. Outre l’absence de fixation d’un salaire minimum, le droit de grève et la liberté d’association sont également remis en cause. Nous en appelons donc à l’UNTG, dirigé Júlio António Mendoça, pour que la liberté d’association soit garantie, ainsi que le droit de grève, afin de répondre aux problèmes des travailleurs guinéens.

Interprétation du portugais: Membre travailleuse, Portugal – Dans le cadre de mon intervention au nom de la Confédération syndicale des pays de langue portugaise (CSPLP), je voudrais attirer l’attention sur l’importance des données et des rapports. La convention (nº 160) sur les statistiques du travail, 1985, souligne l’importance de la qualité de la production statistique pour l’élaboration de politiques éclairées, en insistant sur la nécessité pour les pays d’être en mesure d’étudier et de mettre en œuvre des systèmes statistiques solides qui collectent une gamme complète d’informations sur le monde du travail, y compris les niveaux d’emploi, les taux de chômage, les salaires, les conditions de travail, etc. Ces données permettent aux décideurs politiques de suivre les progrès, d’identifier les disparités et de concevoir des interventions sur le marché du travail fondées sur des données probantes.

Comment soutenir l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable sans de bonnes données statistiques et comment les partenaires sociaux peuvent-ils jouer leur rôle s’ils ne disposent pas de données actualisées et fiables?

Nous comprenons que le processus de collecte, d’analyse et de diffusion des données peut être difficile, mais il est extrêmement important d’impliquer les partenaires sociaux dans le processus de prise de décision et il est également important de respecter l’autonomie des partenaires sociaux, qui ne peuvent être conditionnés de quelque manière que ce soit dans leurs actions.

Nous demandons instamment au gouvernement de produire des informations statistiques de qualité et des rapports réguliers afin que les politiques et les programmes publics puissent être conçus et mis en œuvre pour promouvoir l’emploi productif pour tous et des conditions de concurrence équitables, créant ainsi les conditions d’un développement économique plus juste et plus inclusif, qui ne laisse personne de côté.

Membre travailleur, Nigéria – Je représente le Congrès syndical du Nigéria et la Confédération syndicale internationale (CSI). Je tiens à préciser que l’article 1 de la convention stipule explicitement qu’un salaire minimum national doit être mis en place lorsqu’il n’existe aucune disposition permettant de réglementer efficacement les salaires par le biais d’une convention collective ou autre et que les salaires sont exceptionnellement bas. La notion contenue dans cet article s’applique à la situation actuelle en Guinée-Bissau, avec une économie informelle très importante et des travailleurs du secteur privé sans salaire minimum réglementé. Nous savons tous qu’un salaire minimum est un ancrage salarial qui permet d’éviter que les salaires ne tombent en dessous d’un certain niveau. Il permet également de servir de porte-parole aux travailleurs syndiqués et de chercher à protéger les travailleurs vulnérables.

Tout aussi important est l’article 2 de la convention, qui parle de la consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs dans l’élaboration et les conclusions du salaire minimum. La convention stipule également que la consultation doit se faire dans des conditions favorables. Malheureusement, en Guinée-Bissau, le gouvernement facilite et supervise ouvertement la perturbation et la prise de contrôle par la force de l’UNTG-CS, la seule centrale syndicale nationale du pays. En mai, un groupe de personnes anonymes a été soutenu par la police pour prendre le contrôle des bureaux de l’UNTG-CS à la manière d’un coup d’État. Pour le confirmer, l’exécutif a activement soutenu cette action illégale et criminelle. Le Président a reçu les dirigeants de ce groupe sans visage lors d’une séance de photos officielle au bureau du Président.

Il est donc impossible d’avoir une consultation sincère et fructueuse dans de telles conditions. Nous savons de source sûre et crédible, notamment de la CSI-Afrique, que les dirigeants légitimes et reconnus de l’UNTG-CS sont ceux qui sont dirigés par le camarade Julio Antonio Mendoza en tant que secrétaire général.

La CSI-Afrique, qui s’est rendue en Guinée-Bissau du 17 au 19 mai 2023, peut confirmer que le groupe dûment élu et légitime est dirigé par le camarade Mendoza, ce qui a également été confirmé par la Fédération des employeurs de ce pays, qui s’est également rendue sur place. Par conséquent, la présente commission doit appeler le gouvernement de Guinée-Bissau à faire le nécessaire en veillant à ce que la direction légitime et démocratique de l’UNTG-CS dirigée par Júlio António Mendoça soit reconnue, et à travailler sans plus tarder à la mise en place d’un mécanisme national de fixation du salaire minimum.

L’article 4, paragraphe 1, de la convention prévoit également que le mécanisme de fixation des salaires minima à mettre en place doit prendre les mesures nécessaires, par le biais d’un système de contrôle et de sanctions, pour que les employeurs et les travailleurs concernés soient informés du taux de salaire minimum en vigueur et que les salaires ne soient pas payés à un taux inférieur à ce taux dans les cas où ceux-ci sont applicables.

Nous notons que la Guinée-Bissau a actuellement besoin de dispositions relatives à la supervision et à la sanction dans le processus d’élaboration du salaire minimum national. L’absence de ces dispositions explique en partie les raisons de la prévalence du non-respect du salaire minimum existant, qui doit être revu à la hausse immédiatement. En l’absence de contrôle et de sanctions, l’impunité et le mépris de la dignité humaine prévalent. Les sanctions doivent être rapides, intelligentes et décisives afin d’améliorer le respect des règles. Elles ne doivent pas être considérées comme une simple tape sur les doigts ou une prescription légère.

Enfin, l’article 5 prescrit l’établissement d’un rapport annuel sur l’application de la présente convention à l’OIT. La Constitution de l’OIT et la convention (nº 144) sur les consultations tripartites relatives aux normes internationales du travail, 1976, corroborent le fait que les rapports à l’OIT doivent être établis en consultation complète et authentique avec les partenaires sociaux, en tant que produit du dialogue social. Dans une situation où un gouvernement compromet et sape ouvertement ce processus, en s’ingérant dans l’administration et les fonctionnaires de l’organisation des partenaires sociaux, il est très peu probable qu’un tel gouvernement inclue les partenaires sociaux dans le processus d’établissement des rapports.

Nous demandons à la présente commission d’accompagner la Guinée-Bissau dans la mise en place du soutien nécessaire à l’amélioration de la viabilité du mécanisme national de fixation du salaire minimum.

Interprétation du portugais: Membre travailleur, Brésil – Ces dernières années, nous avons pris note des informations de la commission d’experts sur la Guinée-Bissau et la convention. Nous attirons l’attention sur le fait que la commission d’experts note que, depuis que le décret no 17.88 a fixé la valeur du salaire minimum, celui-ci n’a jamais été mis à jour, ce qui est, pour ainsi dire, une situation sans précédent.

Le nouveau Code du travail stipule, dans ses articles 153 et 154, que le salaire minimum doit concerner tous les travailleurs – y compris les travailleurs ruraux, sans distinction de sexe ou tout autre motif – et que le gouvernement doit fixer cette augmentation après consultation des partenaires sociaux. C’est précisément ce qui ne s’est pas produit depuis 1988 pour la majorité des travailleurs de Guinée-Bissau, à l’exception de la fonction publique; la commission d’experts, dans son rapport de 2021, indique qu’entre 2012 et 2017 le salaire minimum a été augmenté dans ce secteur grâce à des mesures gouvernementales. Cependant, cela implique que, pour le reste des travailleurs, le salaire minimum reste inchangé.

La commission d’experts regrette, dans le présent rapport, que le gouvernement ne fournisse pas d’informations sur l’ajustement du salaire minimum. Si nous pensons un instant que, conformément à la convention (nº 131) sur la fixation des salaires minima, 1970, celle-ci signifie que, en particulier dans les pays en développement , les États doivent tenir compte des besoins des travailleurs et de leurs familles, que pouvons-nous dire des conditions de vie et de travail de ceux qui n’ont pas bénéficié d’un tel ajustement salarial depuis trente-cinq ans? Récemment, de véritables syndicats ont été expulsés de leurs locaux, ce qui rend plus difficile la négociation des salaires, entraîne une détérioration des conditions de travail et empêche la liberté d’association et la liberté d’action de leurs dirigeants.

Pour ces raisons, il convient de toute évidence d’admettre qu’on ne peut pas parler de travail décent et digne dans le pays, et que ce cas est extrêmement grave. C’est pourquoi nous demandons instamment au gouvernement de faire un rapport sur les conditions salariales par rapport aux conditions de vie et de corriger d’urgence cette situation, tout en garantissant la pleine liberté syndicale dans le pays.

Membre travailleur, Nouvelle-Zélande – Je note dans le rapport de la commission d’experts que les salaires minima en Guinée-Bissau pour le secteur privé ont été révisés pour la dernière fois en 1988, il y a environ trente-cinq ans. Je suis vraiment alarmé par le fait que le gouvernement ne révise pas périodiquement les salaires minima de ses travailleurs.

Je voudrais vous faire part de certaines mesures prises par mon gouvernement et ses partenaires sociaux pour améliorer les salaires minima en Nouvelle-Zélande. En octobre dernier, la Nouvelle-Zélande a introduit une législation relative à un Fair Pay Agreement (accord de rémunération équitable), qui s’applique à l’ensemble ou à une partie du secteur ou du groupe professionnel. Cette loi est le fruit de négociations tripartites entre les partenaires sociaux au sein d’un groupe de travail qui a finalement abouti à cette nouvelle loi. Les négociations réunissent les représentants désignés des employeurs et des syndicats et, dans certaines circonstances, une décision peut fixer les termes de l’accord. À l’issue des négociations, l’accord sur la rémunération équitable devient une législation secondaire, applicable en tant que telle. Cet accord est un ensemble de règles supplémentaires qui ne porte pas atteinte aux conventions individuelles ou collectives applicables aux travailleurs et à leurs employeurs dans les entreprises, mais qui répond aux besoins des professions ou des industries par les entreprises et les travailleurs engagés dans ces professions ou ces industries.

Bien qu’elle n’en soit qu’à ses débuts, la loi a suscité un certain nombre d’initiatives de négociation de la part des syndicats, et trois d’entre elles ont été validées et approuvées par notre agence gouvernementale en vue de l’ouverture des négociations.

Je voudrais évoquer l’une d’entre elles, qui a été lancée et approuvée pour couvrir les agents de sécurité dans le cadre d’un accord de rémunération équitable basé sur la profession. Cet accord est soutenu non seulement par les 1 200 agents qui l’ont signé, mais aussi par le principal organisme représentant les employeurs, la New Zealand Security Association (Association néo-zélandaise de la sécurité).

Les deux principales parties à la négociation, E tu Union et la New Zealand Security Association, sont convenues que les taux de rémunération, la formation et la santé et la sécurité étaient les trois priorités d’une nouvelle convention collective basée sur la profession. Cette décision reflète l’intérêt commun des deux parties à voir s’établir dans le secteur de la sécurité une norme qui favorise des emplois de qualité, la stabilité de la main-d’œuvre et un meilleur environnement pour les entreprises. Ces dernières en ressortent bénéficiaires, car les accords de rémunération équitable mettent fin à la course au moins-disant inhérente à la signature de contrats de services. Cette course à l’abaissement des conditions d’emploi des travailleurs ne profite en fin de compte à personne.

Cette nouvelle étape consistant à introduire des accords de rémunération équitable afin d’améliorer la négociation collective et les normes du travail pour les professions et les industries n’a pas été sans controverse, mais il est clair, comme le montre l’exemple de la sécurité, que la nouvelle loi permet aux employeurs et aux syndicats de collaborer dans l’intérêt de l’industrie dans son ensemble. Cela pourrait créer une nouvelle ère de relations industrielles, progressistes et collaboratives, dans un pays où cela n’était pas la norme.

J’encourage le gouvernement de la Guinée-Bissau à considérer la Nouvelle-Zélande comme un exemple de modèle nouveau et positif de tripartisme dans les relations de travail, où la fixation de normes par le biais de taux de salaire minimum légaux, complétés par des négociations sectorielles réglementées, telles que notre législation secondaire sur les accords de rémunération équitable, est une option qui profite à tous les partenaires sociaux, aux entreprises et à l’économie.

Interprétation du portugais: Observateur, Confédération syndicale internationale (CSI) – Je voudrais remercier la Confédération syndicale internationale d’Afrique (CSI-Afrique) et la CSI, la direction du BIT et, en particulier, le Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) pour tout ce qu’ils ont fait en Guinée-Bissau en faveur des travailleurs. Aujourd’hui est un jour spécial pour mon organisation syndicale, l’UNTG, et surtout pour les travailleurs martyrs de la patrie d’Amilcar Cabral et les grands combattants pour la liberté de la patrie.

Le sujet que j’ai le plaisir d’aborder concerne le niveau d’application de la convention fixant le salaire minimum national, ratifiée trois ans après notre indépendance, c’est-à-dire en 1977. En 1988, les autorités ont fixé, par l’adoption du décret no 17/88 du 4 avril, le salaire minimum national à 15 000 pesos guinéens, soit environ 230 francs ouest-africains (CFA).

Il est important de noter que le salaire minimum n’a pas été actualisé pour les travailleurs du secteur privé, et il est également important de noter que la syndicalisation dans le secteur privé à l’époque, et encore aujourd’hui, est faible, en particulier en raison de la répression sévère de l’exercice de la liberté d’association et de la pratique de la négociation collective.

En 1997, notre pays a rejoint l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et a adopté le franc CFA comme monnaie, neuf ans après avoir adopté le salaire minimum national de 15 000 pesos guinéens. Le salaire minimum reste inchangé et les travailleurs du secteur privé continuent d’être laissés pour compte face à l’inflation galopante et au coût de la vie.

En 2016, notre organisation, l’UNTG-CS, a commencé à réformer sa direction et, en décembre 2017, cette «transformation du paradigme syndical» a eu lieu au sein de la direction de notre centrale syndicale. Nous avons élu notre direction, entamé une lutte pour acquérir des droits du travail et défendre les intérêts légitimes des travailleurs ayant diverses revendications. Notre centrale syndicale a réussi à convaincre le gouvernement de l’époque d’ajuster le salaire de la fonction publique afin que les fonctionnaires du secteur public reçoivent un salaire minimum de 50 000 francs CFA, contre 29 000 francs CFA auparavant. Les différents gouvernements ont promis de définir un nouveau salaire minimum national et de favoriser ainsi la révision du décret no 17/88 du 4 avril, déjà tombé en désuétude, et de réduire ainsi les souffrances des travailleurs du secteur privé, mais aucun d’entre eux n’a jamais tenu sa promesse. Les souffrances et les difficultés des travailleurs guinéens nous préoccupent en même temps qu’elles nous attristent. En tant que représentants légitimes dotés du pouvoir que les travailleurs nous ont conféré par les urnes, nous nous sentons obligés de nous y conformer, au niveau stratégique, et d’augmenter la pression sur les gouvernements successifs pour qu’ils remplissent l’obligation de définir le salaire minimum national et de prendre en considération l’engagement pris par l’État dans le cadre de la ratification, en 1977, de la convention.

Quand un gouvernement légifère pour fixer l’indemnité mensuelle du Président de la République à 50 000 000 de francs CFA et qu’il a droit à 650 000 francs CFA par jour pour ses déplacements à l’étranger, on est vraiment choqué que le gouvernement ne pense pas à la souffrance des travailleurs et du peuple. Aujourd’hui, un sac de riz de 50 kilos, denrée alimentaire de base, correspond à 50 pour cent du salaire minimum de la fonction publique et, le pire, c’est que le gouvernement approuve toutes sortes de prestations, de subventions et d’avantages pour ses représentants, alors que la situation est de plus en plus difficile pour les travailleurs et le peuple.

Pendant la pandémie de COVID-19, tout le monde a dû faire face à une crise économique, en particulier les travailleurs et les entreprises. En effet, celle-ci a entraîné la perte de milliers d’emplois, et le gouvernement, au lieu de soutenir et de subventionner les entreprises impactées, a imposé des taxes supplémentaires, a introduit une taxe démocratique et a augmenté les taxes sur les produits de première nécessité pour la population. Aujourd’hui, il est urgent de restructurer le salaire minimum national en tenant compte de la grave situation socio-économique à laquelle sont confrontés les communautés et les travailleurs. Il est de toute évidence nécessaire d’établir un mécanisme de fixation du salaire minimum et nous demandons à la présente commission de faire pression sur le gouvernement pour la mise en œuvre effective de la convention.

Interprétation du portugais: Représentante gouvernementale – Je souhaiterais rappeler que la Guinée-Bissau a ratifié la convention no 26, certes, mais, à cause des questions politiques et institutionnelles auxquelles le pays est confronté, nous n’avons pas encore pu mettre à jour le salaire minimum.

S’agissant du dialogue social, la Guinée-Bissau a fait beaucoup de progrès. La convention no 87 vient d’être ratifiée. Cette convention était en processus de ratification depuis trente ans. Nous avons enfin pu avancer et déposer l’instrument de ratification auprès de l’OIT. Cela montre l’engagement du gouvernement, et que nous souhaitons insuffler une nouvelle dynamique dans nos relations avec les travailleurs et les entreprises, ainsi que la dignité pour les travailleurs.

La Guinée-Bissau est un État responsable. À partir du moment où nous ratifions une convention, nous sentons la charge de la responsabilité pour la mise en œuvre de la convention en question. Nous en sommes conscients et nous sommes en train de prendre des mesures par le biais du dialogue social.

S’agissant du salaire minimum national et de sa fixation, il s’agit d’un sujet dont on débat beaucoup et de façon active au sein du gouvernement, et nous en discutons également avec les partenaires sociaux à travers des consultations. En tant que Directrice générale du travail, j’ai moi-même convoqué des réunions en présence des représentations syndicales, et notamment l’UNTG. Nous nous sommes rencontrés et nous avons bien signalé que le gouvernement souhaitait avancer dans le sens de la mise en œuvre de la convention.

Nous avons commencé à définir une trajectoire vers la fixation d’un salaire minimum. Des réunions ont eu lieu aussi avec des représentants des employeurs. Toutes ces réunions ont permis de définir des activités qui nous permettront de prendre des mesures avec l’assistance technique du BIT. Peut-être que nous pourrons aussi compter sur d’autres États Membres de l’OIT pour un soutien financier, parce qu’il nous faut des ressources financières pour mener à bien cette réforme.

La Guinée-Bissau est un pays en développement. C’est un pays qui doit faire face à un grand nombre de limitations et de restrictions qui nous freinent dans nos travaux. Nous avons bien écouté les partenaires sociaux, nous avons bien écouté les syndicats. Nous les prenons au sérieux et nous savons que, sans écouter nos partenaires sociaux, nous ne pourrons prendre aucune décision puisque ce sont eux qui répercutent la réalité dans laquelle se trouvent les travailleurs. Nous ne saurons subvenir aux besoins des travailleurs, si nous ne les écoutons pas.

S’agissant de la détermination du salaire minimum, des réunions ont eu lieu. Nous avons montré que nous souhaitions continuer d’avancer. La définition du salaire minimum dont nous disposons à l’heure actuelle remonte à 1988, c’est vrai. Mais il nous faut une analyse politique et une analyse sociale du pays pour bien comprendre pourquoi tout ce processus a fini par stagner. Mais je dois dire, quand même, que ces trois dernières années nous avons pris des mesures et montré l’engagement du gouvernement. J’en veux pour preuve, par exemple, la réforme du Code du travail. Nous avions une loi du travail générale qui datait d’il y a trente ans et qu’il fallait mettre à jour pour mieux refléter ce qui se passe dans le monde du travail. Le gouvernement est allé de l’avant et a œuvré pour que le nouveau Code du travail soit adopté. Cela montre bien notre engagement, notre investissement. Nous sommes soucieux de nos travailleurs, puisque le gouvernement lui aussi est composé de travailleurs.

Nous avons des projets de ratification d’autres conventions. Nous voulons établir le travail digne et décent, notamment par le biais de la ratification de conventions et par la détermination du salaire minimum, ce qui constitue une garantie, évidemment, pour les travailleurs. Nous réitérons une fois de plus que nous souhaiterions que la Guinée-Bissau bénéficie d’un statut prioritaire dans l’obtention de l’assistance technique du BIT, pour que nous puissions aller de l’avant et nous mettre en conformité avec la convention.

Je souhaiterais vous dire que la Guinée-Bissau est un petit pays. Notre population n’est pas très nombreuse et la plupart des travailleurs sont des travailleurs publics. C’est l’État qui est le plus grand employeur de la Guinée-Bissau et, à ce titre, nous nous sommes penchés sur ces travailleurs-là. Nous devons mieux comprendre comment fonctionnent les entreprises avant de déterminer un salaire minimum dans le secteur privé. Il faut bien comprendre notre réalité. La fixation du salaire minimum en Guinée-Bissau présuppose une étude rigoureuse. Il ne suffit pas que le gouvernement fixe le montant du salaire minimum pour le secteur privé. Il faut des consultations générales, ouvertes, complètes, d’ailleurs, comme cela a été fait lorsque nous avons débattu du Code du travail. C’était un débat très inclusif. Le BIT nous a appuyés à l’heure d’élaborer notre Code du travail. Et, à l’époque, nous avons pensé au salaire minimum, puisqu’un article du Code du travail prévoit la façon dont il convient de fixer un salaire minimum. Ce travail doit être fait maintenant pour la définition du salaire minimum dans le secteur privé. Le gouvernement de la Guinée-Bissau y est pleinement engagé, et les travailleurs et employeurs de la Guinée-Bissau doivent nous y aider également. Mais nous avons besoin de l’assistance technique et financière.

Nous sommes tout à fait ouverts à tout type d’assistance que vous pourriez nous apporter pour que nous puissions nous aligner sur la convention no 26, parce que le fait qu’il n’y ait pas de salaire minimum dans le secteur privé crée aussi des obstacles dans d’autres domaines, comme la sécurité sociale. Cela crée des difficultés dans la mesure où les travailleurs vivent de plus en plus dans la précarité. Les employeurs, eux, sont relativement libres maintenant de fixer leur salaire, ce qui aussi augmente le risque de précarité. Donc, il faudrait une étude pour fixer le salaire minimum dans le secteur privé et il faudrait peut-être se servir du salaire minimum de la fonction publique comme référence.

S’agissant du dialogue social tripartite, il est dans notre intérêt, et nous l’avons bien montré puisque nous avons établi le Conseil permanent de la concertation sociale. Cela démontre bien que nous sommes pleinement investis dans le dialogue social. Les réunions sont convoquées en fonction des besoins qui émergent dans notre pays. Or les défis sont multiples, mais notre volonté est très importante, et la détermination du gouvernement de la Guinée-Bissau est sans faille.

Nous remercions l’OIT de sa solidarité avec notre pays. L’OIT a déjà constaté que nous sommes dignes de confiance puisque nous avons pris des mesures. Nous sommes pleinement dans une logique d’engagement. Il y va de notre intérêt. Nous avons fait avancer notre législation, nous nous sommes engagés davantage vis-à-vis de l’OIT en nous acquittant de nos obligations en matière de soumission de rapports, en mettant en œuvre des activités de lutte contre le travail des enfants, en développant le PPTD. Cet engagement se traduit aussi par notre volonté de ratifier les conventions fondamentales sur la sécurité et santé au travail. Autant d’éléments qui montrent que le bien-être des travailleurs Bissau-Guinéens nous tient à cœur, parce que, sans donner de la valeur au travail, nous n’irons nulle part.

Président – Merci beaucoup à vous, à votre délégation pour votre participation aux travaux de cette commission, et pour avoir partagé des informations détaillées tout en nous communiquant votre point de vue.

Membres travailleurs – Nous remercions le gouvernement de la Guinée-Bissau pour les informations qu’il a fournies. Nous réitérons notre préoccupation quant à l’incapacité persistante du gouvernement à se conformer aux prescriptions de la convention, à savoir mettre en place un mécanisme efficace de fixation du salaire minimum et réajuster les niveaux du salaire minimum afin d’assurer un salaire de subsistance adéquat à sa population. Dans un contexte de hausse du coût de la vie et d’inflation, les niveaux de salaire minimum sont restés scandaleusement bas en Guinée-Bissau et ne permettent pas aux travailleurs de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

Nous rappelons l’importance de réajuster régulièrement les salaires minima afin de garantir aux travailleurs un niveau de vie décent. Si les taux ne sont pas ajustés, le système de fixation des salaires minima sera réduit à une simple formalité et ne sera plus du tout efficace comme moyen de lutte contre la pauvreté ou de protection sociale.

Une action gouvernementale concrète est attendue depuis longtemps. Le gouvernement de la Guinée-Bissau doit démontrer son engagement à l’égard des principes et des procédés énoncés dans la convention. À cette fin, le gouvernement doit mettre en place et maintenir un mécanisme approprié pour fixer, réviser régulièrement et réajuster les salaires minima. Conformément à l’article 3, paragraphe 2 (1), de la convention, les représentants des travailleurs et des employeurs doivent être consultés avant la mise en œuvre du mécanisme et être associés à son fonctionnement. Une représentation authentique et librement choisie des travailleurs doit être assurée dans ce processus.

Nous regrettons de constater que les intérêts des travailleurs ne sont pas véritablement représentés en Guinée-Bissau et au sein de la présente Conférence. Nous informons la commission que les membres travailleurs ont déposé une plainte auprès de la Commission de vérification des pouvoirs contre le gouvernement de la Guinée-Bissau pour ingérence dans la nomination des délégués travailleurs à ladite Conférence.

Nous avons également pris note de l’intention du gouvernement de convoquer une commission pluridisciplinaire composée du Premier ministre et d’autres ministres, de représentants des employeurs et des travailleurs et de la société civile. Nous devons insister sur le caractère tripartite du mécanisme de fixation du salaire minimum, comme le prévoit la convention. Les organisations de la société civile n’ont pas leur place dans le processus et nous demandons instamment au gouvernement de s’abstenir d’une telle ingérence dans le dialogue social tripartite.

Nous demandons instamment au gouvernement de cesser immédiatement ses attaques contre l’UNTG-CS et de garantir sa pleine participation et sa consultation dans le fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. Nous prions également le gouvernement de la Guinée-Bissau de solliciter l’assistance technique du BIT pour remédier à ces graves lacunes dans l’application de la convention. Compte tenu du fait que le gouvernement n’a pas répondu aux commentaires de la commission d’experts depuis 2019, nous le prions instamment d’accepter une mission de contacts directs.

Membres employeurs – Les membres employeurs remercient les différents intervenants qui ont pris la parole, et plus particulièrement les informations orales fournies par le gouvernement de la Guinée-Bissau.

Une fois de plus, les membres employeurs soulignent l’importance des progrès et de la dynamique des efforts déployés par la Guinée-Bissau pour obtenir un mécanisme de fixation des salaires minima dans le secteur privé conformément aux articles 153 et 154 du nouveau Code du travail, conformément à la convention. Les employeurs réitèrent l’appel lancé par la commission d’experts au gouvernement pour qu’il fournisse une réponse rapide aux observations formulées depuis 2019. Les membres employeurs notent que le nouveau Code du travail a été adopté par le Parlement et que la promulgation a eu lieu. Les membres employeurs invitent le gouvernement à continuer de travailler avec ses partenaires sociaux pour harmoniser les lois nationales avec la convention.

Après examen de la discussion, nous demandons au gouvernement, premièrement, de prendre les mesures nécessaires pour mettre le mécanisme de fixation des salaires minima en conformité avec les articles 2 et 3 de la convention et, deuxièmement, de communiquer, conformément à l’article 5 de la convention, les métiers ou parties de métiers dans lesquels le mécanisme de fixation des salaires minima a été appliqué, en indiquant les méthodes et les résultats de l’application du mécanisme, ainsi que le nombre approximatif de travailleurs couverts.

Conclusions de la commission

La commission a pris note des informations orales fournies par le gouvernement et de la discussion qui a suivi.

Bien que certaines mesures aient été prévues pour ajuster le salaire minimum national, la commission a regretté que celles-ci n’aient toujours pas été appliquées et que le salaire n’ait pas été révisé depuis 1988.

Prenant en compte la discussion qui a eu lieu, la commission prie le gouvernement, en consultation avec les partenaires sociaux, de:

revoir sans délai le salaire minimum pour les secteurs public et privé, conformément à la convention; et

définir les méthodes de fixation des salaires minima en consultation avec les partenaires sociaux, en vue de fixer et de mettre régulièrement à jour le salaire minimum, conformément à la convention.

La commission prie également le gouvernement de:

renforcer le dialogue social, y compris les méthodes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie, en droit et dans la pratique; et

fournir à la commission d’experts une copie de la version promulguée et publiée du nouveau Code du travail.

La commission prie le gouvernement de se prévaloir de l’assistance technique du BIT, en étroite coopération avec les organisations de travailleurs et d’employeurs indépendantes et librement établies, afin de garantir la pleine conformité avec la convention, et de transmettre un rapport sur les progrès accomplis à la commission d’experts d’ici au 1er septembre 2023.

Interprétation du portugais: Représentant gouvernemental – Nous avons écouté attentivement dans le cadre du présent forum de l’OIT les différentes observations formulées hier sur l’application par la Guinée-Bissau de la convention (no 26) sur les méthodes de fixation des salaires minima, 1928, dans le secteur privé.

Il est vrai que le décret no 17/88 du 4 avril est en vigueur depuis 35 ans, ce ne sont pas 35 mois, 35 jours ou 35 secondes, et cela justifie l’actualisation de celui-ci. C’est pour cela que, comme l’a expliqué la responsable de la délégation du gouvernement de la Guinée-Bissau, le gouvernement de mon pays s’attèle à l’actualiser en impliquant les partenaires sociaux pour que personne ne soit exclu. Compte tenu de la caducité de ce décret, aucun employeur n’applique la valeur du salaire prévue par le texte. Même si le texte n’a pas été actualisé, l’inspection du travail, dans ses actions d’inspection dans les entreprises, a assumé un rôle important en vue d’orienter les employeurs de manière pédagogique pour qu’ils appliquent les salaires minima dans les entreprises bien placées en termes de paiement de salaires.

Nous avons bien tenu compte des recommandations de la commission d’experts sur l’actualisation du salaire et, comme indiqué hier par la responsable de la délégation, nous demandons à l’OIT une assistance technique dans le domaine de la fixation du salaire minimum.

Observation (CEACR) - adoptée 2025, publiée 114ème session CIT (2026)

La commission prend note des observations de l’Union nationale des travailleurs de Guinée-Bissau – Centrale syndicale (UNTG-CS), reçues le 19 avril 2025, de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), reçues le 1er septembre 2025, de la Confédération syndicale internationale (CSI), reçues le 2 septembre 2025, et de l’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSIAfrique), reçues le 11 septembre 2025.

Suivi des conclusions de la Commission de l ’ application des normes (Conférence internationale du Travail, 113 e   session, juin 2025)

Article 3 de la convention. Application des méthodes de fixation des salaires minima. La commission prend note de la discussion qui a eu lieu au sein de la Commission de l’application des normes (ci-après la «Commission de la Conférence») en juin 2025 à propos de l’application de la convention, et relève que ce cas a déjà été examiné par la Commission de la Conférence en 2023. Elle note que la Commission de la Conférence a prié le gouvernement, en consultation avec les partenaires sociaux, de prendre des mesures efficaces dans un délai déterminé pour: i) garantir sans délai l’indépendance immédiate des syndicats afin de leur permettre de représenter véritablement et efficacement leurs membres; ii) revoir sans délai le salaire minimum pour les secteurs public et privé, conformément à la convention; iii) définir les méthodes de fixation des salaires minima en vue de fixer et de mettre régulièrement à jour le salaire minimum; iv) renforcer le dialogue social, y compris les méthodes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie en droit et dans la pratique; et v) fournir des informations statistiques détaillées et d’autres informations sur les mesures prises à cet égard, notamment sur les consultations tripartites qui ont eu lieu sur le salaire minimum. La Commission de la Conférence a également prié le gouvernement de se prévaloir de l’assistance technique du BIT.
La commission note avec une profonde préoccupation que les rapports du gouvernement pour 2024 et 2025 n’ont pas été reçus. La commission rappelle au gouvernement qu’il peut se prévaloir de l’assistance technique du Bureau à cet égard.
La commission note avec regret que, dans ses observations, la CSI indique que: i) depuis 1988, année durant laquelle un décret fixant le salaire minimum a été adopté, les salaires minima n’ont pas connu d’ajustements significatifs, à l’exception d’un léger ajustement pour le secteur public en 2018, lequel est insuffisant au regard des prix réels; ii) le gouvernement a refusé d’inclure dans les consultations prévues l’UNTG-CS, le syndicat le plus représentatif du pays, ainsi que son secrétaire général, ce qui constitue une violation de l’article 2 de la convention; iii) le mécanisme de fixation du salaire minimum n’est pas encore opérationnel et les salaires continuent de baisser; iv) la situation devient de plus en plus intenable pour les travailleurs car l’inflation et la hausse du coût de la vie les plongent dans la pauvreté; v) le dialogue social fait toujours défaut et les organisations syndicales indépendantes sont attaquées; et vi) le gouvernement continue de faire preuve de suspicion et d’hostilité ouverte à l’égard du syndicat représentatif UNTG-CS. La commission note également que la CSI-Afrique souligne que plus de 50 pour cent de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté et que les salaires stagnent. Elle note également que l’UNTG-CS, quant à elle, déclare que le gouvernement n’a pas suivi les recommandations de la Commission de la Conférence de 2023 alors que le coût de la vie a fortement augmenté sur fond d’accélération rapide de l’inflation, et que les salaires n’ont pas évolué.
En outre, la commission note que, dans ses observations, l’OIE espère que des progrès seront réalisés dans l’application de la convention, conformément aux conclusions de la Commission de la Conférence et en étroite concertation avec l’organisation d’employeurs la plus représentative en Guinée-Bissau.
La commission note également avec regret que les consultations qui devaient se tenir en avril 2024 avec l’assistance technique du BIT n’ont pas pu avoir lieu en raison du refus du gouvernement d’autoriser la participation de l’UNTG-CS. Compte tenu des informations qui précèdent, la commission déplore l’absence de progrès concernant la mise en place d’un mécanisme de fixation du salaire minimum et son application, en concertation avec les organisations les plus représentatives. Par conséquent, la commission prie de nouveau instamment le gouvernement de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour donner suite aux conclusions de la Commission de la Conférence. Elle prie le gouvernement de fournir des informations détaillées sur les mesures prises à cet égard, y compris sur les consultations tripartites qui ont eu lieu au sujet du salaire minimum.
[Le gouvernement est prié de répondre de manière complète aux présents commentaires en 2027.]

Observation (CEACR) - adoptée 2024, publiée 113ème session CIT (2025)

La commission note que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle se voit donc obligée de renouveler ses précédents commentaires.
Répétition
La commission prend note des observations de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), reçues le 1er septembre 2023.

Suivi des conclusions de la Commission de l ’ application des normes de la Conférence (Conférence internationale du Travail, 111 e  session, juin 2023)

Article 3 de la convention. Fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. La commission prend note de la discussion qui s’est tenue au sein de la Commission de l’application des normes de la Conférence (ci-après, la «Commission de la Conférence») en juin 2023 à propos de l’application de la convention. Elle note que la Commission de la Conférence a prié le gouvernement: i) de revoir sans délai le salaire minimum pour les secteurs public et privé, en consultation avec les partenaires sociaux, conformément à la convention; ii) de définir les méthodes de fixation des salaires minima en consultation avec les partenaires sociaux, en vue de fixer et de mettre régulièrement à jour le salaire minimum, conformément à la convention; iii) de renforcer le dialogue social, y compris les méthodes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie, en droit et dans la pratique; et iv) de fournir à la commission d’experts une copie de la version promulguée et publiée du nouveau Code du travail. En outre, la Commission de la Conférence a prié le gouvernement de se prévaloir de l’assistance technique du BIT, en étroite coopération avec les organisations de travailleurs et d’employeurs indépendantes et librement établies, afin de garantir la pleine conformité avec la convention.
La commission prend note avec regret que selon le rapport du gouvernement, un nouveau taux de salaire minimum pour le secteur privé n’a pas encore été fixé. Le gouvernement indique néanmoins que le ministère travaille avec les partenaires sociaux, et est en train de recruter un consultant afin de conduire une étude préliminaire et déterminer les critères du salaire minimum, conformément à l’article 154 du Code du travail. La commission prend note que, selon les observations de la CSI, la situation face à l’inflation et la hausse du coût de la vie, est devenue insoutenable pour les travailleurs. La CSI déplore également l’attitude du gouvernement par rapport au dialogue social et aux consultations tripartites, mentionnant l’utilisation par le gouvernement de violence et de menaces envers les travailleurs. La commission prend note que l’OIE souligne également l’impact causé par la hausse des prix des denrées alimentaires, priant le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour mettre le mécanisme de fixation des salaires minima en conformité avec la convention, en étroite consultation avec les partenaires sociaux. La commissionprie donc instamment le gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour donner suite aux conclusions de la Commission de la Conférence dans les meilleurs délais. Elle prie le gouvernement de fournir des informations détaillées sur les mesures prises à cet égard, y compris sur les consultations tripartites qui ont eu lieu au sujet du salaire minimum.
La commission espère que le gouvernement fera tout son possible pour prendre les mesures nécessaires dans un proche avenir.

Observation (CEACR) - adoptée 2023, publiée 112ème session CIT (2024)

La commission prend note des observations de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), reçues le 1er septembre 2023.

Suivi des conclusions de la Commission de l’application des norm e s de la Conférence (Conférence internationale du Travail, 111 e  session, juin 2023)

Article 3 de la convention. Fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. La commission prend note de la discussion qui s’est tenue au sein de la Commission de l’application des normes de la Conférence (ci-après, la «Commission de la Conférence») en juin 2023 à propos de l’application de la convention. Elle note que la Commission de la Conférence a prié le gouvernement: i) de revoir sans délai le salaire minimum pour les secteurs public et privé, en consultation avec les partenaires sociaux, conformément à la convention; ii) de définir les méthodes de fixation des salaires minima en consultation avec les partenaires sociaux, en vue de fixer et de mettre régulièrement à jour le salaire minimum, conformément à la convention; iii) de renforcer le dialogue social, y compris les méthodes de consultation des organisations de travailleurs et d’employeurs, en garantissant leur indépendance et leur autonomie, en droit et dans la pratique; et iv) de fournir à la commission d’experts une copie de la version promulguée et publiée du nouveau Code du travail. En outre, la Commission de la Conférence a prié le gouvernement de se prévaloir de l’assistance technique du BIT, en étroite coopération avec les organisations de travailleurs et d’employeurs indépendantes et librement établies, afin de garantir la pleine conformité avec la convention.
La commission prend note avec regret que selon le rapport du gouvernement, un nouveau taux de salaire minimum pour le secteur privé n’a pas encore été fixé. Le gouvernement indique néanmoins que le ministère travaille avec les partenaires sociaux, et est en train de recruter un consultant afin de conduire une étude préliminaire et déterminer les critères du salaire minimum, conformément à l’article 154 du Code du travail. La commission prend note que, selon les observations de la CSI, la situation face à l’inflation et la hausse du coût de la vie, est devenue insoutenable pour les travailleurs. La CSI déplore également l’attitude du gouvernement par rapport au dialogue social et aux consultations tripartites, mentionnant l’utilisation par le gouvernement de violence et de menaces envers les travailleurs. La commission prend note que l’OIE souligne également l’impact causé par la hausse des prix des denrées alimentaires, priant le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour mettre le mécanisme de fixation des salaires minima en conformité avec la convention, en étroite consultation avec les partenaires sociaux. La commissionprie donc instamment le gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour donner suite aux conclusions de la Commission de la Conférence dans les meilleurs délais. Elle prie le gouvernement de fournir des informations détaillées sur les mesures prises à cet égard, y compris sur les consultations tripartites qui ont eu lieu au sujet du salaire minimum.

Observation (CEACR) - adoptée 2022, publiée 111ème session CIT (2023)

Article 3 de la convention. Fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. Concernant son précédent commentaire, la commission prend note avec regret que le rapport du gouvernement ne contient aucune nouvelle information à cet égard et qu’un nouveau salaire minimum actualisé pour le secteur privé n’a toujours pas été fixé. Rappelant que le salaire minimum dans le secteur privé n’a pas été réajusté depuis 1988, la commission prie à nouveau le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour fixer dans les meilleurs délais, sur la base des propositions de la commission pluridisciplinaire instauré par l’Ordonnance du Premier Ministre du 9 juin 2021, un salaire minimum actualisé pour le secteur privé, après consultation des organisations représentatives des travailleurs et des employeurs, en application de la législation en vigueur. La commission prie également le gouvernement de fournir des informations à cet égard, en particulier sur la composition, le fonctionnement, les réunions et résultats de ladite commission.

Observation (CEACR) - adoptée 2021, publiée 110ème session CIT (2022)

Développements législatifs. La commission note que, dans son rapport, le gouvernement fournit une copie du nouveau Code du travail adopté par l’Assemblée nationale populaire en juillet 2021. La commission note aussi que de la lecture de ladite copie du nouveau Code du travail, il surgit que les articles 153 et 154 prévoient, inter alia, que le salaire minimum est payable à tous les travailleurs, y compris les travailleurs ruraux, sans distinction de sexe ou tout autre motif et est définit annuellement par le gouvernement, après consultation des partenaires sociaux. Le gouvernement indique à cet égard qu’une fois promulgué, le nouveau Code du travail révoquera la loi générale du travail n° 2/86. La commission prie le gouvernement de communiquer une copie de la version promulgué et publié du nouveau Code du travail.
Article 3 de la convention. Fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. Dans ses commentaires précédents, notant que le dernier décret fixant le salaire minimum a été adopté en 1988 (décret n° 17/88 du 4 avril), la commission avait prié le gouvernement de prendre sans délai les mesures nécessaires pour fixer le salaire minimum en application des articles 110 et 114 de la loi générale du travail n° 2/86, et de fournir des informations sur toute étude menée en la matière et sur la consultation des partenaires sociaux. La commission note l’indication du gouvernement selon laquelle le décret n° 17/88 a fait l’objet de plusieurs ajustements successifs. La commission note aussi que le gouvernement indique qu’en 2012 et en 2017 le salaire minimum de la fonction publique a été réajusté sur ordonnance du gouvernement. La commission observe que, concernant les catégories incluses dans le champ d’application du décret n° 17/88, qui exclut la fonction publique, le gouvernement ne fait pas référence à des ordonnances fixant récemment de nouveaux taux de salaire minimum. La commission note en outre, l’indication du gouvernement selon laquelle à ce jour, aucune étude sur la fixation du salaire minimum national n’a été entreprise, mais l’ordonnance du Premier ministre du 9 juin 2021 a instauré une commission pluridisciplinaire intégrant des représentants des syndicats, et visant à faire un diagnostic du niveau actuel d’inflation et à proposer l’actualisation du salaire minimum national. La commission exprime le ferme espoir que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour, sur la base des propositions de ladite commission pluridisciplinaire, fixer, dans les meilleurs délais, un salaire minimum actualisé, après consultation des organisations représentatives des travailleurs et des employeurs, en application de la législation en vigueur. La commission prie le gouvernement de fournir des informations à cet égard.
[Le gouvernement est prié de répondre de manière complète aux présents commentaires en 2022.]

Observation (CEACR) - adoptée 2020, publiée 109ème session CIT (2021)

La commission note que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle se voit donc obligée de renouveler ses précédents commentaires.
Répétition
Article 3 de la convention. Fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. Dans ses derniers commentaires, la commission a rappelé que le dernier décret fixant le salaire minimum en application des articles 110 et 114 du Code du travail a été adopté en 1988 et qu’il était obsolète. Notant que le gouvernement indiquait dans son rapport de 2011 qu’une étude sur la fixation du salaire minimum national était en cours de finalisation, elle l’a prié de fournir des informations sur tout progrès réalisé en la matière. La commission note avec regret qu’un nouveau décret fixant le salaire minimum n’a toujours pas été adopté. Elle note que le gouvernement se réfère dans son rapport à un accord signé avec les syndicats pour mener une étude visant à fixer le salaire minimum national. La commission prie le gouvernement de prendre sans délai les mesures nécessaires pour fixer le salaire minimum en application des articles 110 et 114 du Code du travail et de fournir des informations à cet égard, notamment sur toute étude menée en la matière et sur la consultation des partenaires sociaux.
La commission espère que le gouvernement fera tout son possible pour prendre les mesures nécessaires dans un proche avenir.

Observation (CEACR) - adoptée 2019, publiée 109ème session CIT (2021)

Article 3 de la convention. Fonctionnement du mécanisme de fixation du salaire minimum. Dans ses derniers commentaires, la commission a rappelé que le dernier décret fixant le salaire minimum en application des articles 110 et 114 du Code du travail a été adopté en 1988 et qu’il était obsolète. Notant que le gouvernement indiquait dans son rapport de 2011 qu’une étude sur la fixation du salaire minimum national était en cours de finalisation, elle l’a prié de fournir des informations sur tout progrès réalisé en la matière. La commission note avec regret qu’un nouveau décret fixant le salaire minimum n’a toujours pas été adopté. Elle note que le gouvernement se réfère dans son rapport à un accord signé avec les syndicats pour mener une étude visant à fixer le salaire minimum national. La commission prie le gouvernement de prendre sans délai les mesures nécessaires pour fixer le salaire minimum en application des articles 110 et 114 du Code du travail et de fournir des informations à cet égard, notamment sur toute étude menée en la matière et sur la consultation des partenaires sociaux.
[Le gouvernement est prié de répondre de manière complète aux présents commentaires en 2020.]

Demande directe (CEACR) - adoptée 2018, publiée 108ème session CIT (2019)

La commission note avec préoccupation que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle s’attend à ce que le prochain rapport fournisse des informations complètes sur les points soulevés dans ses précédents commentaires initialement formulés en 2011.
Répétition
Article 1 de la convention. Méthodes de fixation des salaires minima. La commission note, d’après les informations fournies par le gouvernement, que l’adoption du franc CFA en tant que monnaie nationale (un franc équivalant à 65 pesos) a rendu, dans une certaine mesure, obsolète le décret 17/88 du 4 avril 1988 sur le salaire minimum garanti, bien qu’il soit officiellement toujours en vigueur. Le gouvernement indique également que le salaire minimum a été augmenté pour répercuter la hausse de l’inflation.
En outre, la commission note l’indication du gouvernement selon laquelle une étude sur la fixation du salaire minimum national est en cours de finalisation, à la fois pour le secteur public et le secteur privé. Le gouvernement indique également que le projet de Code du travail, qui devrait remplacer la loi sur le travail, prévoit la révision annuelle du salaire minimum en consultation avec les partenaires sociaux dans le cadre du Conseil permanent de dialogue social, et en tenant compte d’éléments comme l’indice national des prix à la consommation, la productivité moyenne nationale ou le contexte économique général. Notant que le gouvernement réaffirme être en mesure de déclarer qu’un salaire minimum national sera fixé pour la Guinée-Bissau dans un proche avenir, la commission demande au gouvernement de tenir le Bureau informé tout autre progrès concernant l’adoption du projet du nouveau Code du travail et l’établissement d’un salaire minimum national, et de communiquer copie de tout texte juridique pertinent une fois qu’il aura été adopté.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2016, publiée 106ème session CIT (2017)

La commission note que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle espère que le prochain rapport fournira des informations complètes sur les points soulevés dans ses précédents commentaires.
Répétition
Article 1 de la convention. Méthodes de fixation des salaires minima. La commission note, d’après les informations fournies par le gouvernement, que l’adoption du franc CFA en tant que monnaie nationale (un franc équivalant à 65 pesos) a rendu, dans une certaine mesure, obsolète le décret 17/88 du 4 avril 1988 sur le salaire minimum garanti, bien qu’il soit officiellement toujours en vigueur. Le gouvernement indique également que le salaire minimum a été augmenté pour répercuter la hausse de l’inflation.
En outre, la commission note l’indication du gouvernement selon laquelle une étude sur la fixation du salaire minimum national est en cours de finalisation, à la fois pour le secteur public et le secteur privé. Le gouvernement indique également que le projet de Code du travail, qui devrait remplacer la loi sur le travail, prévoit la révision annuelle du salaire minimum en consultation avec les partenaires sociaux dans le cadre du Conseil permanent de dialogue social, et en tenant compte d’éléments comme l’indice national des prix à la consommation, la productivité moyenne nationale ou le contexte économique général. Notant que le gouvernement réaffirme être en mesure de déclarer qu’un salaire minimum national sera fixé pour la Guinée-Bissau dans un proche avenir, la commission demande au gouvernement de tenir le Bureau informé tout autre progrès concernant l’adoption du projet du nouveau Code du travail et l’établissement d’un salaire minimum national, et de communiquer copie de tout texte juridique pertinent une fois qu’il aura été adopté.
Enfin, la commission rappelle que, sur la base des recommandations formulées par le groupe de travail sur la politique de révision des normes (document GB.283/LILS/WP/PRS/1/2; paragr. 19 à 40), le Conseil d’administration du BIT a décidé que la convention no 26 fait partie des instruments qui ne sont plus complètement à jour mais qui restent pertinents à certains égards. La commission suggère donc au gouvernement d’envisager la possibilité de ratifier la convention (no 131) sur la fixation des salaires minima, 1970, qui présente certains avantages comparés aux anciens instruments sur la fixation des salaires minima, par exemple, un champ d’application plus large, l’obligation de mettre en place un système global de salaire minimum, et l’énumération de critères visant à déterminer le taux du salaire minimum. La commission demande au gouvernement de tenir le Bureau informé de toute décision prise ou envisagée à cet égard.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2011, publiée 101ème session CIT (2012)

Article 1 de la convention. Méthodes de fixation des salaires minima. La commission note, d’après les informations fournies par le gouvernement, que l’adoption du franc CFA en tant que monnaie nationale (un franc équivalant à 65 pesos) a rendu, dans une certaine mesure, obsolète le décret 17/88 du 4 avril 1988 sur le salaire minimum garanti, bien qu’il soit officiellement toujours en vigueur. Le gouvernement indique également que le salaire minimum a été augmenté pour répercuter la hausse de l’inflation, le salaire minimum dans le secteur public s’élevant actuellement à 19 200 francs CFA (environ 40 dollars des Etats-Unis) par mois, tandis que le salaire minimum dans le secteur privé est d’environ 25 000 francs CFA (environ 52 dollars des E.-U.) par mois.
En outre, la commission note l’indication du gouvernement selon laquelle une étude sur la fixation du salaire minimum national est actuellement en cours de finalisation, à la fois pour le secteur public et le secteur privé. Le gouvernement indique également que le projet de Code du travail, qui devrait remplacer la loi sur le travail, prévoit la révision annuelle du salaire minimum en consultation avec les partenaires sociaux dans le cadre du Conseil permanent de dialogue social, et en tenant compte d’éléments comme l’indice national des prix à la consommation, la productivité moyenne nationale ou le contexte économique général. Notant que le gouvernement réaffirme être en mesure de déclarer qu’un salaire minimum national sera fixé pour la Guinée-Bissau dans un proche avenir, la commission demande au gouvernement de tenir le Bureau informé tout autre progrès concernant l’adoption du projet du nouveau Code du travail et l’établissement d’un salaire minimum national, et de communiquer copie de tout texte juridique pertinent une fois qu’il aura été adopté.
Article 5 et Point V du formulaire de rapport. Application pratique. La commission demande au gouvernement de communiquer dans son prochain rapport des informations sur l’effet donné à la convention dans la pratique, y compris, par exemple, des informations sur l’évolution du taux du salaire minimum par rapport à l’évolution des indicateurs économiques comme l’indice national des prix à la consommation, le nombre approximatif de travailleurs rémunérés au salaire minimum, si possible, ventilé par sexe et par âge, les résultats des visites d’inspection faisant apparaître le nombre d’infractions observées à la législation sur le salaire minimum et les sanctions imposées, et des extraits d’études ou rapports officiels sur la politique relative au salaire minimum.
Enfin, la commission rappelle que, sur la base des recommandations formulées par le groupe de travail sur la politique de révision des normes (document GB.283/LILS/WP/PRS/1/2; paragr. 19 à 40), le Conseil d’administration du BIT a décidé que la convention no 26 fait partie des instruments qui ne sont plus complètement à jour mais qui restent pertinents à certains égards. La commission suggère donc au gouvernement d’envisager la possibilité de ratifier la convention (no 131) sur la fixation des salaires minima, 1970, qui présente certains avantages comparés aux anciens instruments sur la fixation des salaires minima, par exemple, un champ d’application plus large, l’obligation de mettre en place un système global de salaire minimum, et l’énumération de critères visant à déterminer le taux du salaire minimum. La commission demande au gouvernement de tenir le Bureau informé de toute décision prise ou envisagée à cet égard.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2007, publiée 97ème session CIT (2008)

Article 1 de la convention. Méthodes de fixation des salaires minima. La commission note que le gouvernement a transmis au Bureau pour commentaires un avant-projet de décret sur le salaire minimum national qui doit faire l’objet de consultations avec les partenaires sociaux avant d’être soumis au Conseil des ministres en vue de son adoption. Elle croit comprendre que le Bureau est en contact avec le gouvernement à ce sujet. Elle attire cependant d’ores et déjà l’attention du gouvernement sur les dispositions de l’article 8 du projet de décret, qui exemptent dans certains cas des entreprises de l’obligation de payer le salaire minimum garanti à leurs salariés en raison des difficultés économiques qu’elles rencontrent ou de la crise traversée par la région dans laquelle elles sont situées. A cet égard, la commission rappelle que le caractère obligatoire du salaire minimum, consacré par l’article 3, paragraphe 2 3), de la convention, constitue un principe fondamental pour l’application de celle-ci. Des dérogations à cette règle ne peuvent être prévues que par une convention collective et avec l’autorisation de l’autorité nationale compétente; en outre, elles doivent être strictement limitées. La commission veut croire que le gouvernement tiendra dûment compte de ce principe fondamental dans l’élaboration de la version définitive du projet de décret précité. Elle prie le gouvernement de la tenir informée de tout développement en la matière et du résultat des consultations menées avec les partenaires sociaux à ce sujet.

Article 3, paragraphe 2 2). Participation des organisations d’employeurs et de travailleurs. La commission note les indications du gouvernement en ce qui concerne la création d’une nouvelle organisation patronale, la Chambre d’agriculture, de commerce et d’industrie (CACI). Elle le prie de fournir de plus amples informations sur la distinction entre cette organisation et la Chambre d’agriculture, de commerce et d’industrie, déjà représentée au sein du Conseil de concertation sociale.

Article 5 et Point V du formulaire de rapport. La commission note avec intérêt que le gouvernement a mis en place un programme visant à la création de bases de données statistiques sur le travail et qu’il communiquerait au Bureau les informations recueillies dès qu’elles seront disponibles. La commission prie le gouvernement de la tenir informée de tout nouveau développement dans l’élaboration de ces bases de données.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2006, publiée 96ème session CIT (2007)

La commission note que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle espère qu’un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu’il contiendra des informations complètes sur les points soulevés dans sa précédente demande directe, qui était conçue dans les termes suivants:

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note les indications fournies dans les rapports du gouvernement, en particulier la prochaine adoption d’un projet de décret-loi sur le salaire minimum garanti, ainsi que d’un projet de décret-loi visant à actualiser le décret-loi no 17/88. Tout en espérant que le gouvernement transmettra copie de ces textes dès qu’ils auront été adoptés, la commission saisit cette occasion pour rappeler qu’un système de salaires minima perd toute signification si les taux de salaire minima ne sont pas révisés périodiquement en fonction de l’évolution du contexte socio-économique. Notant que les taux de salaire minima n’ont pas été ajustés depuis dix-sept ans et que, par conséquent, ils n’assurent peut-être plus un niveau de vie satisfaisant aux travailleurs et à leurs familles, la commission prie le gouvernement de revoir les niveaux des salaires minima et de faire son possible pour garantir que toute augmentation éventuelle tienne dûment compte des besoins des travailleurs et de leurs familles, par exemple en maintenant leur pouvoir d’achat par référence au panier de la ménagère.

Article 3, paragraphe 2 3). La commission note l’information communiquée par le gouvernement concernant le décret no 1/2001 qui, dans sa nouvelle teneur, garantit la nomination de cinq représentants des centrales syndicales et cinq représentants de la Chambre d’industrie, de commerce et d’agriculture, assurant ainsi une représentation en nombre égal au sein du Conseil de concertation sociale.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission note les informations fournies par le gouvernement dans son dernier rapport au sujet des procédures applicables en cas de non-respect des taux minima de salaires fixés par la loi.

Article 5 et Point V du formulaire de rapport. La commission note que le gouvernement n’est toujours pas en mesure de fournir des informations quant au nombre de travailleurs effectivement soumis à la réglementation sur le salaire minimum en raison du manque de statistiques à ce sujet. Elle espère que le gouvernement fera tout son possible pour recueillir et transmettre ces informations à l’occasion de son prochain rapport. La commission prie également le gouvernement de communiquer toutes autres informations qui lui permettraient de mieux évaluer l’application pratique de la convention.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2005, publiée 95ème session CIT (2006)

La commission prend note des rapports communiqués par le gouvernement ainsi que des documents qui y sont joints. Elle souhaiterait des précisions sur les points suivants.

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note les indications fournies dans les rapports du gouvernement, en particulier la prochaine adoption d’un projet de décret-loi sur le salaire minimum garanti, ainsi que d’un projet de décret-loi visant à actualiser le décret-loi no 17/88. Tout en espérant que le gouvernement transmettra copie de ces textes dès qu’ils auront été adoptés, la commission saisit cette occasion pour rappeler qu’un système de salaires minima perd toute signification si les taux de salaire minima ne sont pas révisés périodiquement en fonction de l’évolution du contexte socio-économique. Notant que les taux de salaire minima n’ont pas été ajustés depuis dix-sept ans et que, par conséquent, ils n’assurent peut-être plus un niveau de vie satisfaisant aux travailleurs et à leurs familles, la commission prie le gouvernement de revoir les niveaux des salaires minima et de faire son possible pour garantir que toute augmentation éventuelle tienne dûment compte des besoins des travailleurs et de leurs familles, par exemple en maintenant leur pouvoir d’achat par référence au panier de la ménagère.

Article 3, paragraphe 2 3). La commission note l’information communiquée par le gouvernement concernant le décret no 1/2001 qui, dans sa nouvelle teneur, garantit la nomination de cinq représentants des centrales syndicales et cinq représentants de la Chambre d’industrie, de commerce et d’agriculture, assurant ainsi une représentation en nombre égal au sein du Conseil de concertation sociale.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission note les informations fournies par le gouvernement dans son dernier rapport au sujet des procédures applicables en cas de non-respect des taux minima de salaires fixés par la loi.

Article 5 et Point V du formulaire de rapport. La commission note que le gouvernement n’est toujours pas en mesure de fournir des informations quant au nombre de travailleurs effectivement soumis à la réglementation sur le salaire minimum en raison du manque de statistiques à ce sujet. Elle espère que le gouvernement fera tout son possible pour recueillir et transmettre ces informations à l’occasion de son prochain rapport. La commission prie également le gouvernement de communiquer toutes autres informations qui lui permettraient de mieux évaluer l’application pratique de la convention.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2004, publiée 93ème session CIT (2005)

La commission note que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle espère qu’un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu’il contiendra des informations complètes sur les points soulevés dans sa précédente demande directe, qui était conçue dans les termes suivants:

La commission prend note des rapports communiqués par le gouvernement ainsi que des documents qui y sont joints. Elle note avec intérêt la création, par le décret no 1/2001 du 22 mars 2001, du Conseil de concertation sociale, organe consultatif tripartite. La commission note en outre l’indication du gouvernement selon laquelle ce conseil a été consulté en 2002 en vue de la fixation d’un salaire minimum applicable à la fonction publique et la fixation subséquente du salaire minimum dans ce secteur à 28 000 francs CFA par mois, avec effet rétroactif au 1er janvier 2002. Tout en priant le gouvernement de communiquer copie des textes normatifs établissant le taux de salaire minimum actuellement en vigueur pour la fonction publique, la commission saurait gré au gouvernement d’apporter, en outre, les précisions suivantes.

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note la déclaration du gouvernement selon laquelle la fixation d’un salaire minimum national constitue un souci constant de sa politique. Elle espère que le gouvernement sera en mesure d’adopter dans un très proche avenir, comme il s’y était précédemment engagé, les textes d’application des articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 pour les travailleurs du secteur privé, en particulier ceux pour qui il n’existe pas de régime efficace pour la fixation des salaires par voie de contrats collectifs ou autrement et dont les salaires sont exceptionnellement bas. Par ailleurs, la commission demande au gouvernement d’indiquer si le décret no 17/88 qui établissait un salaire minimum garanti reste toujours en vigueur ou au contraire a été abrogé par un instrument ultérieur.

Article 3, paragraphe 2 3). La commission note, aux termes de l’article 4, paragraphe 1, du décret no 1/2001, que le Conseil de concertation sociale est composé, entre autres, de trois représentants de chacune des centrales syndicales et de quatre représentants de la Chambre d’industrie, de commerce et d’agriculture. Elle note par ailleurs qu’en vertu du paragraphe 4 du même article les représentants effectifs des organisations d’employeurs et de travailleurs ainsi que leurs suppléants respectifs doivent être désignés en nombre égal. La commission prie le gouvernement d’apporter des précisions sur la manière dont est assurée, dans la pratique, la participation, en nombre égal et sur un pied d’égalité, des employeurs et travailleurs intéressés aux travaux dudit Conseil de concertation sociale en matière de fixation des salaires minima.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission note aux termes des rapports du gouvernement que l’application et la supervision des lois et règlements en matière de salaires minima incombent à la Direction générale du travail et à l’inspection du travail, qui ont le pouvoir d’intervenir en qualité de médiateurs, ou aux tribunaux devant lesquels tout travailleur peut engager une action en vue de recouvrer les sommes qui lui sont dues à titre de salaire. Elle note par ailleurs que le gouvernement indique que le travailleur peut également saisir le Conseil de concertation sociale lorsque les salaires lui ayant été versés sont inférieurs aux taux minima en vigueur. La commission prie le gouvernement de bien vouloir apporter de plus amples informations concernant les étapes de la procédure applicable en cas de non-respect des taux minima de salaires, et notamment les délais prescrits par la législation nationale dans lesquels les travailleurs sont fondés à engager une action tendant au recouvrement des sommes qui leur restent dues.

Article 5 (lu conjointement avec le Point V du formulaire de rapport). La commission note que le gouvernement n’est actuellement en mesure de fournir aucune précision quant au nombre de travailleurs effectivement soumis à la réglementation sur le salaire minimum en raison du manque de statistiques à ce sujet. Constatant cependant que les seuls travailleurs actuellement couverts par des normes relatives aux salaires minima sont les employés de la fonction publique, la commission espère le gouvernement s’attachera à recueillir ces informations et les communiquera à l’occasion de son prochain rapport. En outre, la commission prie le gouvernement de communiquer toutes autres informations relatives à l’application pratique de la convention tels des extraits de rapports ou avis émis par le Conseil de concertation sociale, des extraits de rapports relatifs aux activités des services de l’inspection du travail en vue d’assurer le respect du salaire minimum dans la fonction publique et établissant le nombre d’infractions relevées et les sanctions alors infligées, ainsi que des études relatives à l’évolution des indicateurs économiques comme l’indice des prix à la consommation permettant d’évaluer la pertinence du salaire minimum face aux réalités économiques.

[Le gouvernement est prié de répondre en détail aux présents commentaires en 2005.]

Demande directe (CEACR) - adoptée 2003, publiée 92ème session CIT (2004)

La commission prend note des rapports communiqués par le gouvernement ainsi que des documents qui y sont joints. Elle note avec intérêt la création, par le décret no 1/2001 du 22 mars 2001, du Conseil de concertation sociale, organe consultatif tripartite. La commission note en outre l’indication du gouvernement selon laquelle ce conseil a été consulté en 2002 en vue de la fixation d’un salaire minimum applicable à la fonction publique et la fixation subséquente du salaire minimum dans ce secteur à 28 000 francs CFA par mois, avec effet rétroactif au 1er janvier 2002. Tout en priant le gouvernement de communiquer copie des textes normatifs établissant le taux de salaire minimum actuellement en vigueur pour la fonction publique, la commission saurait gré au gouvernement d’apporter, en outre, les précisions suivantes.

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note la déclaration du gouvernement selon laquelle la fixation d’un salaire minimum national constitue un souci constant de sa politique. Elle espère que le gouvernement sera en mesure d’adopter dans un très proche avenir, comme il s’y était précédemment engagé, les textes d’application des articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 pour les travailleurs du secteur privé, en particulier ceux pour qui il n’existe pas de régime efficace pour la fixation des salaires par voie de contrats collectifs ou autrement et dont les salaires sont exceptionnellement bas. Par ailleurs, la commission demande au gouvernement d’indiquer si le décret no 17/88 qui établissait un salaire minimum garanti reste toujours en vigueur ou au contraire a été abrogé par un instrument ultérieur.

Article 3, paragraphe 2 3). La commission note, aux termes de l’article 4, paragraphe 1, du décret no 1/2001, que le Conseil de concertation sociale est composé, entre autres, de trois représentants de chacune des centrales syndicales et de quatre représentants de la Chambre d’industrie, de commerce et d’agriculture. Elle note par ailleurs qu’en vertu du paragraphe 4 du même article les représentants effectifs des organisations d’employeurs et de travailleurs ainsi que leurs suppléants respectifs doivent être désignés en nombre égal. La commission prie le gouvernement d’apporter des précisions sur la manière dont est assurée, dans la pratique, la participation, en nombre égal et sur un pied d’égalité, des employeurs et travailleurs intéressés aux travaux dudit Conseil de concertation sociale en matière de fixation des salaires minima.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission note aux termes des rapports du gouvernement que l’application et la supervision des lois et règlements en matière de salaires minima incombent à la Direction générale du travail et à l’inspection du travail, qui ont le pouvoir d’intervenir en qualité de médiateurs, ou aux tribunaux devant lesquels tout travailleur peut engager une action en vue de recouvrer les sommes qui lui sont dues à titre de salaire. Elle note par ailleurs que le gouvernement indique que le travailleur peut également saisir le Conseil de concertation sociale lorsque les salaires lui ayant été versés sont inférieurs aux taux minima en vigueur. La commission prie le gouvernement de bien vouloir apporter de plus amples informations concernant les étapes de la procédure applicable en cas de non-respect des taux minima de salaires, et notamment les délais prescrits par la législation nationale dans lesquels les travailleurs sont fondés à engager une action tendant au recouvrement des sommes qui leur restent dues.

Article 5 (lu conjointement avec le Point V du formulaire de rapport). La commission note que le gouvernement n’est actuellement en mesure de fournir aucune précision quant au nombre de travailleurs effectivement soumis à la réglementation sur le salaire minimum en raison du manque de statistiques à ce sujet. Constatant cependant que les seuls travailleurs actuellement couverts par des normes relatives aux salaires minima sont les employés de la fonction publique, la commission espère le gouvernement s’attachera à recueillir ces informations et les communiquera à l’occasion de son prochain rapport. En outre, la commission prie le gouvernement de communiquer toutes autres informations relatives à l’application pratique de la convention tels des extraits de rapports ou avis émis par le Conseil de concertation sociale, des extraits de rapports relatifs aux activités des services de l’inspection du travail en vue d’assurer le respect du salaire minimum dans la fonction publique et établissant le nombre d’infractions relevées et les sanctions alors infligées, ainsi que des études relatives à l’évolution des indicateurs économiques comme l’indice des prix à la consommation permettant d’évaluer la pertinence du salaire minimum face aux réalités économiques.

[Le gouvernement est prié de répondre en détail aux présents commentaires en 2004.]

Demande directe (CEACR) - adoptée 2001, publiée 90ème session CIT (2002)

La commission prend note des informations fournies par le gouvernement en réponse à ses demandes directes antérieures.

Articles 1 et 3, paragraphe 1, de la convention. La commission note l’indication du gouvernement selon laquelle il avait décrétéà un moment donné un salaire minimum de 12 000 XOF, qui a ensuite été porté par le gouvernement de l’Unité nationale à 42 000 XOF, sur la base d’un accord passé avec l’Union nationale des travailleurs de Guinée-Bissau (UNTG). La commission prend également note de l’information selon laquelle le salaire minimum initialement décrété par le gouvernement est toujours officiellement en vigueur, mais n’est pas appliqué dans la pratique du fait que les syndicats n’acceptent plus ce taux salarial et exigent une augmentation de 2 500 XOF, plus un sac de riz pour chaque agent de la fonction publique. En outre, la commission note que le gouvernement prend pour la première fois des mesures en vue d’établir un salaire minimum national d’ici à l’année prochaine. Rappelant que la fixation d’un salaire minimum suppose que l’on garantisse aux salariés les taux minima de salaire admissibles compte tenu des besoins des travailleurs et de leurs familles, la commission espère que des mesures appropriées seront prises prochainement afin de mettre en pratique le mécanisme législatif prévu à l’article 110, paragraphe 1, de la loi générale du travail no 2 du 5 avril 1986, conformément aux dispositions de la convention. Elle demande au gouvernement de la tenir informée de tout nouveau développement à cet égard.

Article 3, paragraphe 2 1) et 2). La commission prend note de l’indication fournie par le gouvernement selon laquelle il est toujours difficile de mener des consultations tripartites d’une manière institutionnalisée, mais la consultation des organisations représentatives d’employeurs et de travailleurs demeure une priorité et figure dans le programme que le gouvernement prévoit de mettre en oeuvre cette année. La commission souligne une fois de plus la nécessité d’associer les organisations d’employeurs et de travailleurs à l’établissement et au fonctionnement du mécanisme de fixation des salaires minima, étant bien entendu que leurs représentants devraient être en mesure d’exercer une influence réelle sur les décisions à prendre et qu’ils devraient participer en nombre égal et sur un pied d’égalité au système de fixation des salaires minima. La commission espère que des mesures seront bientôt prises pour donner effet aux exigences de cet article et demande au gouvernement de la tenir informée de tout progrès réaliséà cet égard.

Article 4. Faisant suite à ses précédents commentaires, la commission note l’indication du gouvernement selon laquelle, en l’absence d’un salaire minimum fixe, il n’informe pas les agents de la fonction publique ou les travailleurs des taux minima de salaire, et un travailleur peut s’adresser à son supérieur hiérarchique s’il reçoit moins qu’il ne devrait à son grade. Elle demande à nouveau au gouvernement de spécifier les dispositions législatives ou réglementaires pertinentes prévues pour garantir le respect des taux minima de salaire, telles que les possibilités de recouvrer par des moyens juridiques, judiciaires ou autres le montant dû aux travailleurs qui auraient reçu des salaires inférieurs au taux minimum, ainsi que les pénalités prévues en cas d’infraction aux dispositions relatives au salaire minimum.

Article 5 de la convention et Point V du formulaire de rapport. La commission note que le gouvernement n’a pas été en mesure de préciser le nombre de travailleurs recevant le salaire minimum et qu’il n’y a pas de rapports d’inspection disponibles. La commission ne peut qu’espérer que le gouvernement fera tout son possible pour recueillir et communiquer dans ses rapports futurs des informations détaillées sur l’application pratique de la convention, telles que le nombre et les différentes catégories de travailleurs couverts par les dispositions relatives au salaire minimum, les taux minima de salaire en vigueur, les résultats de toutes les inspections effectuées, les infractions relevées et les sanctions infligées.

Demande directe (CEACR) - adoptée 2000, publiée 89ème session CIT (2001)

La commission note avec regret que le rapport du gouvernement n’a pas été reçu. Elle espère qu’un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu’il contiendra des informations complètes sur les points soulevés dans sa précédente demande directe, qui était conçue dans les termes suivants:

  Articles 1 et 2 de la convention. La commission note avec intérêt que les articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 prévoient une méthode de fixation des salaires minima horaire et mensuel établie par décret en Conseil des ministres et après consultation des organisations de travailleurs et d'employeurs ou, à défaut, de leurs représentants légitimes. Elle prie le gouvernement d’indiquer si un tel décret a été adopté et, le cas échéant, d’en communiquer copie.

  Article 3, paragraphes 1 et 2. La commission note que l’autorité compétente en matière d’application des lois et règlements sur la fixation des salaires minima est le ministère de l’Administration publique et du Travail qui agit par l’intermédiaire de la Direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi que par l’inspection générale du travail. La commission prie le gouvernement de fournir des renseignements sur la méthode utilisée pour la consultation des représentants des employeurs et des travailleurs intéressés dans le cadre de la fixation des salaires minima. Elle le prie également d'indiquer les moyens par lesquels les employeurs et les travailleurs intéressés participent à l’application des méthodes de fixation des salaires minima.

  Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission prie le gouvernement de préciser les mesures prises pour que les employeurs et travailleurs intéressés aient connaissance des taux minima des salaires en vigueur et que, d’autre part, les salaires effectivement versés ne soient pas inférieurs aux taux minima applicables. Elle prie également le gouvernement d’indiquer s’il existe des moyens de recours permettant au travailleur, auquel les taux minima sont applicables et qui a reçu des salaires inférieurs à ces taux, de recouvrer le montant de la somme qui lui reste due.

  Article 5, lu conjointement avec la Partie V du formulaire de rapport. La commission réitère la demande faite depuis de nombreuses années au gouvernement de fournir des informations concernant le nombre approximatif de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que toutes autres données sur l’application pratique de la convention telles que, par exemple, extraits de rapports relatifs aux activités des services de l’inspection du travail en vue d’assurer le respect des salaires minima (nombre d’infractions relevées, sanctions prises, etc.).

La commission espère que le gouvernement ne manquera pas de fournir prochainement les informations pertinentes.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1999, publiée 88ème session CIT (2000)

La commission note avec regret que le rapport du gouvernement n'a pas été reçu. Elle espère qu'un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu'il contiendra des informations complètes sur les points soulevés dans sa précédente demande directe, qui était conçue dans les termes suivants:

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note avec intérêt que les articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 prévoient une méthode de fixation des salaires minima horaire et mensuel établie par décret en Conseil des ministres et après consultation des organisations de travailleurs et d'employeurs ou, à défaut, de leurs représentants légitimes. Elle prie le gouvernement d'indiquer si un tel décret a été adopté et, le cas échéant, d'en communiquer copie.

Article 3, paragraphes 1 et 2. La commission note que l'autorité compétente en matière d'application des lois et règlements sur la fixation des salaires minima est le ministère de l'Administration publique et du Travail qui agit par l'intermédiaire de la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle ainsi que par l'inspection générale du travail. La commission prie le gouvernement de fournir des renseignements sur la méthode utilisée pour la consultation des représentants des employeurs et des travailleurs intéressés dans le cadre de la fixation des salaires minima. Elle le prie également d'indiquer les moyens par lesquels les employeurs et les travailleurs intéressés participent à l'application des méthodes de fixation des salaires minima.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission prie le gouvernement de préciser les mesures prises pour que les employeurs et travailleurs intéressés aient connaissance des taux minima des salaires en vigueur et que, d'autre part, les salaires effectivement versés ne soient pas inférieurs aux taux minima applicables. Elle prie également le gouvernement d'indiquer s'il existe des moyens de recours permettant au travailleur, auquel les taux minima sont applicables et qui a reçu des salaires inférieurs à ces taux, de recouvrer le montant de la somme qui lui reste due.

Article 5, lu conjointement avec la Partie V du formulaire de rapport. La commission réitère la demande faite depuis de nombreuses années au gouvernement de fournir des informations concernant le nombre approximatif de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que toutes autres données sur l'application pratique de la convention telles que, par exemple, extraits de rapports relatifs aux activités des services de l'inspection du travail en vue d'assurer le respect des salaires minima (nombre d'infractions relevées, sanctions prises, etc.).

La commission espère que le gouvernement ne manquera pas de fournir prochainement les informations pertinentes.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1998, publiée 87ème session CIT (1999)

La commission note avec regret que le rapport n'a pas été reçu. Elle espère qu'un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu'il contiendra des informations complètes sur les points suivants soulevés dans la précédente demande directe:

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note avec intérêt que les articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 prévoient une méthode de fixation des salaires minima horaire et mensuel établie par décret en Conseil des ministres et après consultation des organisations de travailleurs et d'employeurs ou, à défaut, de leurs représentants légitimes. Elle prie le gouvernement d'indiquer si un tel décret a été adopté et, le cas échéant, d'en communiquer copie.

Article 3, paragraphes 1 et 2. La commission note que l'autorité compétente en matière d'application des lois et règlements sur la fixation des salaires minima est le ministère de l'Administration publique et du Travail qui agit par l'intermédiaire de la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle ainsi que par l'inspection générale du travail. La commission prie le gouvernement de fournir des renseignements sur la méthode utilisée pour la consultation des représentants des employeurs et des travailleurs intéressés dans le cadre de la fixation des salaires minima. Elle le prie également d'indiquer les moyens par lesquels les employeurs et les travailleurs intéressés participent à l'application des méthodes de fixation des salaires minima.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission prie le gouvernement de préciser les mesures prises pour que les employeurs et travailleurs intéressés aient connaissance des taux minima des salaires en vigueur et que, d'autre part, les salaires effectivement versés ne soient pas inférieurs aux taux minima applicables. Elle prie également le gouvernement d'indiquer s'il existe des moyens de recours permettant au travailleur, auquel les taux minima sont applicables et qui a reçu des salaires inférieurs à ces taux, de recouvrer le montant de la somme qui lui reste due.

Article 5, lu conjointement avec le Point V du formulaire de rapport. La commission réitère la demande faite depuis de nombreuses années au gouvernement de fournir des informations concernant le nombre approximatif de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que toutes autres données sur l'application pratique de la convention telles que, par exemple, extraits de rapports relatifs aux activités des services de l'inspection du travail en vue d'assurer le respect des salaires minima (nombre d'infractions relevées, sanctions prises, etc.).

La commission espère que le gouvernement ne manquera pas de fournir prochainement les informations pertinentes.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1997, publiée 86ème session CIT (1998)

La commission note que le rapport n'a pas été reçu. Elle espère qu'un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu'il contiendra des informations complètes sur les points suivants soulevés dans la précédente demande directe.

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note avec intérêt que les articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 prévoient une méthode de fixation des salaires minima horaire et mensuel établie par décret en Conseil des ministres et après consultation des organisations de travailleurs et d'employeurs ou, à défaut, de leurs représentants légitimes. Elle prie le gouvernement d'indiquer si un tel décret a été adopté et, le cas échéant, d'en communiquer copie.

Article 3, paragraphes 1 et 2. La commission note que l'autorité compétente en matière d'application des lois et règlements sur la fixation des salaires minima est le ministère de l'Administration publique et du Travail qui agit par l'intermédiaire de la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle ainsi que par l'inspection générale du travail. La commission prie le gouvernement de fournir des renseignements sur la méthode utilisée pour la consultation des représentants des employeurs et des travailleurs intéressés dans le cadre de la fixation des salaires minima. Elle le prie également d'indiquer les moyens par lesquels les employeurs et les travailleurs intéressés participent à l'application des méthodes de fixation des salaires minima.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission prie le gouvernement de préciser les mesures prises pour que les employeurs et travailleurs intéressés aient connaissance des taux minima des salaires en vigueur et que, d'autre part, les salaires effectivement versés ne soient pas inférieurs aux taux minima applicables. Elle prie également le gouvernement d'indiquer s'il existe des moyens de recours permettant au travailleur, auquel les taux minima sont applicables et qui a reçu des salaires inférieurs à ces taux, de recouvrer le montant de la somme qui lui reste due.

Article 5, lu conjointement avec le Point V du formulaire de rapport. La commission réitère la demande faite depuis de nombreuses années au gouvernement de fournir des informations concernant le nombre approximatif de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que toutes autres données sur l'application pratique de la convention telles que, par exemple, extraits de rapports relatifs aux activités des services de l'inspection du travail en vue d'assurer le respect des salaires minima (nombre d'infractions relevées, sanctions prises, etc.). La commission espère que le gouvernement ne manquera pas de fournir prochainement les informations pertinentes.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1995, publiée 82ème session CIT (1995)

La commission note avec regret que le rapport n'a pas été reçu. Elle espère qu'un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu'il contiendra des informations complètes sur les points suivants soulevés dans sa précédente demande directe:

La commission a noté que le gouvernement n'était pas en mesure pour le moment de recueillir des informations statistiques, conformément à ce qui est prévu à l'article 5 de la convention, concernant le nombre de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que d'autres informations (par exemple des extraits de rapports des services d'inspection) prévues par le Point V du formulaire de rapport. La commission espère que le gouvernement prendra prochainement les mesures nécessaires pour obtenir ces informations et les transmettre au Bureau international du Travail.

Par ailleurs, la commission rappelle que le gouvernement avait indiqué dans des rapports précédents qu'un avant-projet de loi générale de travail était en préparation, des mesures ayant été prises afin de combler les lacunes de l'avant-projet en ce qui concerne les méthodes de fixation des salaires minima. La commission prie le gouvernement de fournir des informations au sujet de l'adoption de la nouvelle législation du travail.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1995, publiée 83ème session CIT (1996)

La commission prend note des informations communiquées dans le rapport du gouvernement en réponse aux précédents commentaires.

Articles 1 et 2 de la convention. La commission note avec intérêt que les articles 110, 111 et 114 de la loi générale du travail du 5 avril 1986 prévoient une méthode de fixation des salaires minima horaire et mensuel établie par décret en Conseil des ministres et après consultation des organisations de travailleurs et d'employeurs ou, à défaut, de leurs représentants légitimes. Elle prie le gouvernement d'indiquer si un tel décret a été adopté et, le cas échéant, d'en communiquer copie.

Article 3, paragraphes 1 et 2. La commission note que l'autorité compétente en matière d'application des lois et règlements sur la fixation des salaires minima est le ministère de l'Administration publique et du Travail qui agit par l'intermédiaire de la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle ainsi que par l'inspection générale du travail. La commission prie le gouvernement de fournir des renseignements sur la méthode utilisée pour la consultation des représentants des employeurs et des travailleurs intéressés dans le cadre de la fixation des salaires minima. Elle le prie également d'indiquer les moyens par lesquels les employeurs et les travailleurs intéressés participent à l'application des méthodes de fixation des salaires minima.

Article 4, paragraphes 1 et 2. La commission prie le gouvernement de préciser les mesures prises pour que les employeurs et travailleurs intéressés aient connaissance des taux minima des salaires en vigueur et que, d'autre part, les salaires effectivement versés ne soient pas inférieurs aux taux minima applicables. Elle prie également le gouvernement d'indiquer s'il existe des moyens de recours permettant au travailleur, auquel les taux minima sont applicables et qui a reçu des salaires inférieurs à ces taux, de recouvrer le montant de la somme qui lui reste due.

Article 5, lu conjointement avec le Point V du formulaire de rapport. La commission réitère la demande faite depuis de nombreuses années au gouvernement de fournir des informations concernant le nombre approximatif de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que toutes autres données sur l'application pratique de la convention telles que, par exemple, extraits de rapports relatifs aux activités des services de l'inspection du travail en vue d'assurer le respect des salaires minima (nombre d'infractions relevées, sanctions prises, etc.). La commission espère que le gouvernement ne manquera pas de fournir prochainement les informations pertinentes.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1994, publiée 81ème session CIT (1994)

La commission note avec regret que le rapport n'a pas été reçu. Elle espère qu'un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu'il contiendra des informations complètes sur les points suivants soulevés dans sa précédente demande directe:

La commission a noté que le gouvernement n'était pas en mesure pour le moment de recueillir des informations statistiques, conformément à ce qui est prévu à l'article 5 de la convention, concernant le nombre de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que d'autres informations (par exemple des extraits de rapports des services d'inspection) prévues par le Point V du formulaire de rapport. La commission espère que le gouvernement prendra prochainement les mesures nécessaires pour obtenir ces informations et les transmettre au Bureau international du Travail.

Par ailleurs, la commission rappelle que le gouvernement avait indiqué dans des rapports précédents qu'un avant-projet de loi générale de travail était en préparation, des mesures ayant été prises afin de combler les lacunes de l'avant-projet en ce qui concerne les méthodes de fixation des salaires minima. La commission prie le gouvernement de fournir des informations au sujet de l'adoption de la nouvelle législation du travail.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1993, publiée 80ème session CIT (1993)

La commission note que le rapport n'a pas été reçu. Elle espère qu'un rapport sera fourni pour examen par la commission à sa prochaine session et qu'il contiendra des informations complètes sur les points suivants soulevés dans sa précédente demande directe.

La commission a noté que le gouvernement n'était pas en mesure pour le moment de recueillir des informations statistiques, conformément à ce qui est prévu à l'article 5 de la convention, concernant le nombre de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que d'autres informations (par exemple des extraits de rapports des services d'inspection) prévues par le point V du formulaire de rapport. La commission espère que le gouvernement prendra prochainement les mesures nécessaires pour obtenir ces informations et les transmettre au Bureau international du Travail.

Par ailleurs, la commission rappelle que le gouvernement avait indiqué dans des rapports précédents qu'un avant-projet de loi générale de travail était en préparation, des mesures ayant été prises afin de combler les lacunes de l'avant-projet en ce qui concerne les méthodes de fixation des salaires minima. La commission prie le gouvernement de fournir des informations au sujet de l'adoption de la nouvelle législation du travail.

Demande directe (CEACR) - adoptée 1989, publiée 76ème session CIT (1989)

La commission note avec intérêt le décret no 17/88 fixant des nouveaux taux de salaire minima. Elle note que le gouvernement n'est pas en mesure pour le moment de recueillir des informations statistiques, conformément à ce qui est prévu à l'article 5 de la convention, concernant le nombre de travailleurs soumis aux salaires minima, ainsi que d'autres informations (par exemple des extraits de rapports des services d'inspection) prévues par le point V du formulaire de rapport. La commission espère que le gouvernement prendra prochainement les mesures nécessaires pour obtenir ces informations et les transmettre au Bureau international du Travail.

Par ailleurs, la commission rappelle que le gouvernement avait indiqué dans des rapports précédents qu'un avant-projet de loi générale de travail était en préparation, des mesures ayant été prises afin de combler les lacunes de l'avant-projet en ce qui concerne les méthodes de fixation des salaires minima. La commission prie le gouvernement de fournir des informations au sujet de l'adoption de la nouvelle législation du travail.

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