Allégations: Arrestation et détention de huit conseillers et assistants
juridiques qui ont fourni des services de soutien à des travailleurs et à leurs
organisations en vue du règlement de conflits collectifs et/ou individuels du travail,
et ingérence de la police dans des conflits collectifs du travail
- 166. Le comité a examiné le présent cas (soumis en février 2016) pour la
dernière fois à sa réunion d’octobre 2023 et a présenté à cette occasion un rapport
intérimaire au Conseil d’administration. [Voir 404e rapport, paragraphes 208-224,
approuvé par le Conseil à sa 349e session (octobre-novembre 2023).]
- 167. Dans des communications en date du 24 octobre 2024, la plaignante a
fait parvenir des observations supplémentaires et de nouvelles allégations.
- 168. Le gouvernement a transmis ses observations partielles dans des
communications en date du 12 avril 2024, du 1er octobre 2024 et du 18 avril 2025.
- 169. La Chine n’a ratifié ni la convention (no 87) sur la liberté
syndicale et la protection du droit syndical, 1948, ni la convention (no 98) sur le
droit d’organisation et de négociation collective, 1949.
A. Examen antérieur du cas
A. Examen antérieur du cas- 170. À sa réunion d’octobre 2023, le comité a formulé les recommandations
suivantes [voir 404e rapport, paragr. 224]:
- a) Le comité prie à nouveau
instamment le gouvernement de communiquer une réponse détaillée sur toutes les
allégations d’arrestation, de détention, de mauvais traitements et de disparition
des militants syndicaux et de leurs partisans mentionnés à l’annexe I, sur les
accusations pénales retenues contre certains d’entre eux, ainsi que sur les
sanctions imposées. Le comité prie le gouvernement de fournir des informations
exhaustives concernant M. Wang Ji’ao, mentionné à l’annexe II.
- b) Le comité
prie à nouveau instamment le gouvernement de lui transmettre sans autre délai des
copies des décisions judiciaires concernant les cas de MM. Meng, Wu Lijie,
Zhang Zhiyu, Jian Hui, Wu Guijun, He Yuancheng, Song Jiahui, Yang Zhengjun,
Wei Zhili, Ke Chengbing, Mi Jiuping, Liu Penghua, Yu Juncong et Li Zhan.
- c)
Le comité s’attend à ce que le gouvernement lui transmette sans autre délai une
copie du rapport d’enquête sur les allégations de traitements cruels des militants
syndicaux pendant leur détention, qui concluait que M. Zeng et d’autres personnes
n’avaient pas subi de tels traitements durant leur détention.
- d) Le comité
prie instamment le gouvernement de fournir sans autre délai des informations sur
toutes les mesures prises ou envisagées pour assurer une protection adéquate contre
la discrimination antisyndicale, en droit comme dans la pratique, et de lui
communiquer une copie du rapport sur les résultats de l’enquête susmentionnée (cas
de MM. Liu Penghua et Yu Juncong) et des informations détaillées sur les allégations
de licenciement de MM. Mi Jiuping, Li Zhan, Song Yiao, Kuang Hengshu, Zhang Baoyan
et Chang Zhongge.
- e) Le comité prie à nouveau instamment le gouvernement de
prendre toutes les mesures nécessaires, avec l’assistance technique du Bureau, pour
faciliter un dialogue constructif et inclusif avec les partenaires sociaux en vue
d’assurer le plein respect de la liberté syndicale, en particulier le droit des
travailleurs de créer les organisations de leur choix, ce qui implique notamment la
possibilité effective de constituer, dans un climat de pleine sécurité, des
organisations indépendantes de celles qui existent déjà et de tout parti politique,
et de garantir le droit de manifestation pacifique des travailleurs et des
employeurs. Il prie le gouvernement d’indiquer toutes les mesures prises ou
envisagées à cet égard.
- f) Compte tenu de la détention arbitraire de M. Wang
pour avoir prétendument défendu les droits des travailleurs dans un environnement
où, comme le comité l’a indiqué précédemment, l’exercice de la liberté syndicale est
sérieusement limité en droit et en pratique et, compte tenu de l’absence de toute
information de la part du gouvernement, le comité le prie instamment d’ordonner la
libération immédiate de ce militant syndical et de fournir des observations
détaillées sur les allégations de la Confédération syndicale internationale (CSI),
notamment sur la situation de Mme Hiang Xueqin.
- g) Le comité s’attend à ce
que le gouvernement fasse les efforts supplémentaires nécessaires pour communiquer
sans autre délai les autres informations demandées, afin que le comité puisse
disposer de toutes les données nécessaires pour examiner ce cas en toute
connaissance de cause, et il invite à nouveau le gouvernement à accepter une mission
de contacts directs pour mieux comprendre la situation sur le terrain et résoudre
toute question en suspens.
- h) Le comité exprime sa préoccupation devant les
faits du présent cas qu’il examine depuis octobre 2016 et qui indiquent un problème
systémique dont il a été constaté l’impact sur la liberté syndicale des travailleurs
en raison des nombreuses personnes arrêtées, disparues et ayant fait l’objet
d’intimidation pour avoir tenté de défendre les intérêts collectifs des travailleurs
et au sujet desquelles le gouvernement a systématiquement manqué de fournir les
informations détaillées demandées par le comité, y compris sur la question de savoir
si des poursuites sont toujours en cours contre les militants syndicaux et sur les
mesures prises pour assurer le plein respect de la liberté syndicale. Compte tenu du
manquement persistant du gouvernement de fournir des informations détaillées sur les
points ci-dessus, ainsi que de prendre des mesures pour donner suite aux
recommandations de longue date qu’il formule, le comité se voit contraint d’attirer
l’attention du Conseil d’administration sur la nature grave et urgente du présent
cas.
B. Allégations supplémentaires de l’organisation plaignante
B. Allégations supplémentaires de l’organisation plaignante- 171. Dans sa communication en date du 24 octobre 2024, la Confédération
syndicale internationale (CSI) allègue que le gouvernement n’a montré aucune intention
de mettre la législation en conformité avec les recommandations du comité, ni de revoir
et de modifier la loi sur les syndicats. Elle soutient que, en vertu du cadre juridique
actuel, quiconque exprime une divergence d’opinion au sujet de la législation et des
pratiques qui régissent le travail et les relations professionnelles en Chine est
considéré comme contrevenant au droit pénal.
- 172. La CSI rappelle que, le 11 août 2022, M. Wang Jiangbing, militant
syndical, et Mme Hiang Xueqin, militante pour les droits des femmes, ont été accusés
d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État en vertu de l’article 105(2) du Code
pénal. Les accusations pesant contre eux n’ont pas été officiellement communiquées
jusqu’à la tenue de leur procès un an plus tard. Le 22 septembre 2023, les deux
militants ont comparu devant le tribunal populaire intermédiaire de Guangzhou pour y
être jugés. M. Wang Jiangbing était accusé d’avoir suivi un groupe Internet étranger
antichinois pendant qu’il faisait ses études au Royaume-Uni en 2020, d’avoir posté sur
les médias sociaux des déclarations mensongères visant à diffamer le gouvernement et le
système sociopolitique chinois et d’avoir reçu une formation en ligne sur les mouvements
non violents. Après son retour du Royaume-Uni en novembre 2020, M. Wang Jiangbing aurait
créé un groupe et organisé régulièrement des réunions avec Mme Hiang Xueqin, dans
l’appartement qu’il louait, pour discuter de questions sociales concernant la Chine et
inciter les participants à la subversion. Selon la CSI, le procureur a cité un certain
nombre d’actes de Mme Hiang Xueqin qui auraient un caractère subversif, notamment: 1) le
fait que, depuis 2019, elle ait à différentes reprises publié des articles et des
commentaires sur des plateformes en ligne et des médias sociaux en Chine et à
l’étranger, et que, en 2021, elle ait prononcé des interventions lors d’une conférence
internationale en ligne dans lesquelles elle aurait donné une représentation fausse et
diffamatoire du gouvernement chinois et promu des idées subversives; 2) le fait que,
entre 2020 et 2021, elle ait suivi une formation en ligne sur les mouvements sociaux et
non violents dans le monde organisée par des organisations étrangères, et y ait pris une
part active; et 3) le fait qu’elle ait organisé dix sessions de formation en ligne sur
des questions sociales, ainsi que des événements à son domicile et à l’étranger visant à
encourager le mécontentement à l’égard du gouvernement. Le 14 juin 2024, M. Wang
Jiangbing a été condamné à une peine d’emprisonnement de trois ans et demi et Mme Hiang
Xueqin à une peine d’emprisonnement de cinq ans. La CSI fournit une copie des décisions.
Les deux militants ont fait appel de leur condamnation et sont toujours détenus au
centre de détention no 1 de Guangzhou. Le 13 septembre 2024, M. Wang Jiangbing et
Mme Hiang Xueqin ont informé leurs avocats que leurs audiences en appel s’étaient tenues
à huis clos devant le tribunal municipal supérieur de Guangzhou, lequel avait confirmé
leurs condamnations et leurs peines. Leurs avocats n’ont pas été informés par le
tribunal de la tenue des audiences et ils n’ont pas pu représenter leurs clients lors de
la procédure en appel. La CSI dénonce la condamnation et les peines prononcées à
l’encontre de M. Wang, militant syndical, et de Mme Hiang Xueqin, militante pour les
droits des femmes, pour subversion du pouvoir de l’État. Elle fait valoir que leurs
condamnations sont exclusivement fondées sur leurs opinions et le fait qu’ils aient
organisé et diffusé sur les réseaux des activités touchant aux domaines syndical,
social, à l’égalité de genre, ainsi qu’à d’autres questions d’ordre politique et social,
auxquelles ont participé des travailleurs, des militants syndicaux, des jeunes et des
étudiants. La plaignante affirme à cet égard que l’acte d’accusation de trois pages
dressé contre les deux militants contient des accusations générales sans indiquer de
manière détaillée quels faits sont constitutifs d’actes subversifs. Elle souligne, en
outre, que l’infraction de subversion du pourvoir de l’État et du système socialiste
chinois figurant à l’article 105 du Code pénal n’est pas définie. L’incitation à la
subversion, prévue au paragraphe 2 de cet article, sur laquelle est fondée la
condamnation des intéressés, réprime «quiconque incite d’autres personnes, en répandant
des rumeurs ou des calomnies ou par tout autre moyen, à subvertir le pourvoir de l’État
ou à renverser le système socialiste [...]». Selon la CSI, cette disposition a été
utilisée pour réprimer l’expression d’opinions. La plaignante allègue en outre que,
pendant sa détention, M. Wang Jiangbing n’a pas reçu les soins ni le traitement médical
nécessaires pour les affections dont il souffrait.
C. Réponse du gouvernement
C. Réponse du gouvernement- 173. Dans ses communications en date du 12 avril 2024, du 1er octobre
2024 et du 18 avril 2025, le gouvernement réitère qu’il garantit pleinement la liberté
syndicale à ses citoyens, en veillant à ce que ce droit soit exercé conformément à la
Constitution et aux lois pertinentes. Il réaffirme en outre que les organisations
syndicales jouent un rôle important dans la protection des droits et des intérêts des
travailleurs. Le gouvernement souligne à nouveau que, en exerçant leurs droits, les
citoyens doivent se conformer à la législation nationale de façon à préserver l’ordre
social et public et à garantir le respect des droits légitimes des autres personnes et
organisations. Il rappelle à nouveau que les personnes mentionnées dans ce cas ont fait
l’objet d’une enquête et de sanctions non pas pour avoir créé des syndicats ou participé
à des activités syndicales, mais pour avoir utilisé des moyens illégaux dans le cadre du
règlement de conflits du travail et pour avoir contrevenu au droit pénal. Les
juridictions compétentes et les organes de sécurité publique traitent ces affaires en
stricte conformité avec les procédures établies par la législation, assurant ainsi la
protection effective des droits des parties.
- 174. Concernant M. Wang Ji’ao, le gouvernement indique que, le 18 janvier
2019, il a été soupçonné de vol et a fait l’objet d’une mesure de détention pénale par
l’organe de sécurité publique de la municipalité de Beijing. Le 2 mai 2019, cette mesure
a été convertie en ordre de constitution d’un garant dans l’attente d’un procès, ordre
qui a été levé à l’expiration du délai, conformément à la législation. M. Wang Ji’ao a
pu retrouver une vie normale; les organes de sécurité publique n’ont pas pris de mesures
coercitives contre lui.
- 175. En ce qui concerne Mme Hiang Xueqin et M. Wang Jiangbing, le
gouvernement indique que les organes de sécurité publique de la ville de Guangzhou, dans
la province de Guangdong, ont conclu l’enquête concernant ces deux personnes soupçonnées
de mettre en danger la sécurité nationale, et les ont légalement transférées au parquet
populaire de la ville de Guangzhou pour examen et poursuites. Le 22 septembre 2023, le
tribunal populaire intermédiaire de la ville de Guangzhou a entendu leur affaire
conformément à la loi et a conclu qu’ils avaient incité d’autres personnes, en répandant
des rumeurs ou des calomnies ou par d’autres moyens, à subvertir le pouvoir de l’État ou
à renverser le système socialiste, et que leurs actes constituaient le crime
d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État. Mme Hiang Xueqin et M. Wang Jiangbing
ont fait appel de la décision. Le tribunal populaire supérieur de la province de
Guangzhou entame actuellement les procédures de deuxième instance. Le gouvernement
souligne que les organes judiciaires ont traité les affaires de Mme Hiang Xueqin et de
M. Wang Jiangbing conformément à la loi et ont pleinement protégé leurs droits au cours
de la procédure. Le gouvernement souligne que les deux personnes ont été arrêtées et
jugées par les autorités judiciaires sur la base de soupçons d’atteinte à la sécurité
nationale et d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État, ce qui n’a rien à voir
avec l’organisation de syndicats ou la participation à des activités syndicales. Dans sa
communication en date du 18 avril 2025, le gouvernement indique que M. Wang Jiangbing a
exécuté sa peine et a été remis en liberté.
- 176. Le gouvernement fournit les informations ci-après au sujet des
individus mentionnés dans l’annexe:
- - Le cas de Mme Yue Xin a été traité
conformément à la loi par les organes chargés de la sécurité publique et ceux-ci ont
veillé à ce que les droits et intérêts légitimes de l’intéressée soient protégés.
Mme Yue Xin vit et travaille à Beijing, peut mener ses activités librement et sans
entrave et ne fait pas l’objet d’autres accusations.
- - Messieurs He
Pengchao, Zheng Shiyou, Liang Xiaogang, Mi Jiuping, Yu Juncong, Liu Penghua, et Li
Zhan se sont vu imposer des mesures de contrainte pénales par les organes chargés de
la sécurité publique pour avoir lancé une attaque contre l’entreprise technologique
Jasic de Shenzhen (ci-après l’entreprise technologique) et le poste de police
relevant de la juridiction de celle-ci, causant ainsi de graves troubles à l’ordre
social. Cette affaire a été transmise aux organes d’enquête à des fins d’examen et
de poursuites, et les intéressés ont été jugés par un tribunal. Ils ont été remis en
liberté et les organes chargés de la sécurité publique n’ont pas encore pris de
mesures coercitives contre eux.
- 177. En ce qui concerne les autres informations demandées par le comité,
le gouvernement souligne qu’il a coopéré avec le comité, dépensé beaucoup d’énergie et
fait des efforts considérables pour collecter et fournir des informations sur les
personnes et les deux sociétés mentionnées dans ce cas et a fourni des informations
spécifiques sur la façon dont les autorités judiciaires ont pleinement garanti les
droits et les intérêts légitimes des personnes concernées. Le gouvernement souligne
qu’en vertu de la loi de procédure pénale et de son interprétation judiciaire, il
n’existe aucune base juridique permettant au gouvernement de fournir des copies de
décisions judiciaires à des organisations internationales. Depuis le début de l’examen
de ce cas, le ministère chinois des Ressources humaines et de la Sécurité sociale a
maintenu la communication avec le comité et le Bureau, a soumis un grand nombre de
réponses, a développé à plusieurs reprises les principes et la position du gouvernement,
a expliqué la situation des personnes impliquées et a demandé au comité de clore le cas
dès que possible. Le gouvernement exprime son profond regret quant à l’état d’avancement
de l’affaire et espère que le comité adoptera une position objective et impartiale,
prendra pleinement en considération les informations qu’il a fournies et conclura
l’examen de cette affaire dès que possible. Le gouvernement indique sa volonté de
continuer à communiquer avec le BIT à cet égard.
D. Conclusions du comité
D. Conclusions du comité- 178. Le comité rappelle que ce cas, porté devant lui en février 2016,
concerne des allégations d’arrestation et de détention pour «organisation d’un
rassemblement en vue de troubler l’ordre public» de conseillers et d’assistants
juridiques qui ont fourni des services de soutien à des travailleurs et à leurs
organisations en vue du règlement de conflits collectifs et/ou individuels du
travail.
- 179. Le comité prend bonne note des efforts déployés par le gouvernement
pour lui fournir des informations sur les huit personnes qui auraient été arrêtées en
2018 – Mme Yue Xin et MM. He Pengchao, Zheng Shiyou, Liang Xiaogang, Mi Jiuping, Yu
Juncong, Liu Penghua et Li Zhan – et qui sont mentionnées dans l’annexe. Tout en se
félicitant de l’information communiquée par le gouvernement selon laquelle ces personnes
sont actuellement en liberté et ne font pas l’objet de poursuites, le comité regrette
que le gouvernement ne donne aucune précision sur la nature des accusations portées
contre elles et se contente de renvoyer à des troubles à l’ordre social dans le cas des
sept personnes autres que Mme Yue Xin. Le comité se voit à nouveau contraint de prier
instamment le gouvernement de fournir des informations détaillées sur chacune des
allégations restantes d’arrestation, de détention, de mauvais traitements et de
disparition de militants syndicaux et de leurs partisans figurant dans l’annexe, ainsi
que sur les éventuelles accusations pénales portées contre ces personnes et les
sanctions qui leur ont été imposées.
- 180. Le comité prend bonne note des informations communiquées par le
gouvernement au sujet de M. Wang Ji’ao, dont le nom figurait dans la liste de
l’annexe II. Il croit comprendre que M. Wang Ji’ao ne fait plus l’objet d’une enquête ni
d’aucune mesure coercitive.
- 181. Tout en notant l’indication du gouvernement selon laquelle il a
fourni des informations concernant un certain nombre de personnes citées dans la
plainte, le comité observe avec un profond regret qu’en dépit de ses demandes répétées
le gouvernement n’a toujours pas fourni une copie des décisions judiciaires relatives
aux cas de MM. Meng et Wu Lijie (reconnus coupables d’avoir exploité illégalement un
commerce et condamnés à trois ans d’emprisonnement et à une amende de 30 000 yuan
renminbi le 13 novembre 2019), Zhang Zhiyu, Jian Hui, Wu Guijun, He Yuancheng et
Song Jiahui (tous les cinq reconnus coupables du chef de rassemblement en vue de
troubler l’ordre public et condamnés à diverses peines de probation le 24 avril 2020),
Yang Zhengjun, Wei Zhili et Ke Chengbing (tous les trois jugés le 24 avril 2020 pour des
infractions présumées de provocation et condamnés à des peines d’emprisonnement d’un an
et six mois, assorties de périodes de probation de trois ans), Mi Jiuping, Liu Penghua,
Yu Juncong et Li Zhan (tous les quatre condamnés en avril 2019 à des peines
d’emprisonnement d’un an et six mois, assorties de périodes de probation de trois ans,
du chef de rassemblement en vue de troubler l’ordre public). Le comité note de nouveau
avec un profond regret que le gouvernement ne lui a pas transmis les copies des
décisions judiciaires demandées. Le comité note à cet égard que le gouvernement indique
qu’il ne peut pas fournir les jugements des tribunaux, car la législation en vigueur ne
prévoit pas une telle possibilité, ce qui implique que les décisions et les jugements
des tribunaux ne sont pas publics. Il rappelle donc à nouveau que, lorsque les
organisations plaignantes allèguent que des travailleurs ou dirigeants syndicaux ont été
arrêtés en raison de leurs activités syndicales et que le gouvernement mis en cause se
limite à opposer à ces allégations des dénégations générales ou des raisons liées à des
activités subversives, à la sécurité intérieure ou à des crimes de droit commun, il a
pour règle de demander au gouvernement en question des informations aussi précises que
possible sur les arrestations incriminées, en particulier en ce qui concerne les
procédures légales ou judiciaires engagées à ce titre et le résultat desdites
procédures, afin d’être en mesure de procéder en connaissance de cause à l’examen des
allégations. Le comité rappelle en outre de nouveau que, dans de nombreux cas, il a
demandé au gouvernement intéressé de communiquer le texte des décisions prononcées et
des motifs exposés à l’appui. [Voir Compilation des décisions du Comité de la liberté
syndicale, sixième édition, 2018, paragr. 178 et 179.] Tout en prenant dûment note de
l’indication du gouvernement selon laquelle ses décisions de justice ne sont pas
publiques, le comité se voit contraint d’observer de nouveau le caractère général des
accusations portées contre les militants syndicaux susmentionnés et le fait que le
gouvernement ne lui a pas communiqué d’informations détaillées, ce qui, en l’absence des
décisions judiciaires correspondantes, empêche le comité d’examiner si, comme le
soutient le gouvernement, ces accusations sont totalement sans rapport avec les
activités syndicales des travailleurs. Dans ces circonstances, le comité doit à nouveau
prier instamment le gouvernement de prendre les mesures nécessaires, y compris
législatives si nécessaire, afin de lui transmettre sans autre délai des copies des
décisions judiciaires concernant les cas de MM. Meng, Wu Lijie, Zhang Zhiyu, Jian Hui,
Wu Guijun, He Yuancheng, Song Jiahui, Yang Zhengjun, Wei Zhili, Ke Chengbing,
Mi Jiuping, Liu Penghua, Yu Juncong et Li Zhan.
- 182. Le comité rappelle que, selon la CSI, il n’existe en Chine
pratiquement aucun espace civique qui permette de mener en toute indépendance une action
de sensibilisation auprès de l’opinion publique ou d’entreprendre des activités
syndicales collectives. Cette situation est aggravée par la surveillance numérique et
les restrictions draconiennes qui pèsent sur les libertés civiles et la liberté
d’expression, voire par leur suppression. C’est dans ce contexte que s’est déroulée, le
19 septembre 2021, l’arrestation du militant syndical M. Wang Jiangbing et de Mme Hiang
Xueqin. Compte tenu du caractère arbitraire de la détention de M. Wang, auquel il est
reproché d’avoir défendu les droits des travailleurs dans un environnement où l’exercice
de la liberté syndicale est sérieusement limité en droit et en pratique, le comité a
prié instamment le gouvernement d’assurer la libération immédiate de ce militant
syndical et de fournir des observations détaillées sur les allégations de la CSI,
notamment sur la situation de Mme Hiang Xueqin. Le comité note avec un profond regret
que, pour toute réponse, le gouvernement s’est limité à indiquer que les cas de
Mme Hiang Xueqin et M. Wang Jiangbing avaient été examinés le 22 septembre 2023 par
l’instance populaire intermédiaire de la municipalité de Guangzhou, conformément à la
législation, que ces deux personnes ont fait appel de cette décision, et à la
déclaration générale selon laquelle leurs droits ont été protégés au cours de la
procédure. Le comité note également que, dans sa communication en date du 18 avril 2025,
le gouvernement indique que M. Wang Jiangbing a été remis en liberté une fois sa peine
exécutée. Le comité relève toutefois que, d’après la communication de la CSI en date du
24 octobre 2024, M. Wang Jiangbing et Mme Hiang Xueqin ont été condamnés respectivement
à trois ans et demi et cinq ans d’emprisonnement et que leur procès en appel s’est tenu
à huis clos et en l’absence de leurs avocats. La CSI allègue également que pendant sa
détention M. Wang Jiangbing n’a pas reçu les soins ni le traitement médical nécessaires
pour les affections dont il souffrait. Se référant aux considérations exposées au
paragraphe ci-dessus, le comité se dit profondément préoccupé par le fait que les
accusations portées contre les deux militants, qui semblent concerner leurs activités
dans les domaines syndical, social et économique et leur participation à des
conférences, ont donné lieu à leur condamnation à des peines d’emprisonnement de
trois ans et demi et cinq ans. Le comité prie instamment le gouvernement de fournir des
informations détaillées sur les accusations portées contre eux et de transmettre une
copie des décisions judiciaires rendues en appel dans les cas de M. Wang Jiangbing et
Mme Hiang Xueqin. Au vu de la contradiction manifeste entre les allégations de la
plaignante concernant la condamnation de cet individu et l’information fournie par le
gouvernement selon laquelle il aurait été remis en liberté, le comité demande au
gouvernement de confirmer que M. Wang Jiangbing ne se trouve plus en détention et, si
tel n’est pas le cas, de faire en sorte que celui-ci et Mme Hiang Xueqin soient libérés
sans délai s’ils ont bien été condamnés pour les activités susmentionnées. Le comité
prie à nouveau instamment le gouvernement de lui communiquer des observations détaillées
sur les allégations de la CSI.
- 183. Le comité rappelle par ailleurs qu’il a demandé au gouvernement de
lui transmettre une copie du rapport d’enquête sur les allégations de traitements cruels
subis par des militants syndicaux pendant leur détention, rapport dans lequel il était
conclu que M. Zeng et d’autres détenus n’avaient pas subi de tels traitements au cours
de leur détention. Notant avec un profond regret l’absence de toute information à cet
égard, le comité se voit contraint de réitérer sa demande et prie instamment le
gouvernement de lui transmettre sans autre délai une copie du rapport d’enquête
susmentionné.
- 184. En ce qui concerne sa recommandation antérieure relative au
licenciement de travailleurs de l’entreprise technologique, le comité note de nouveau
avec regret que le gouvernement ne fournit aucune information concrète et spécifique sur
les mesures prises ou envisagées pour assurer une protection adéquate contre la
discrimination antisyndicale, en droit comme dans la pratique, ni sur les licenciements
allégués de MM. Mi Jiuping, Li Zhan, Song Yiao, Kuang Hengshu, Zhang Baoyan et
Chang Zhongge. Le comité regrette également que le gouvernement ne lui ait pas transmis
une copie du rapport sur les résultats de l’enquête concernant MM. Liu Penghua et
Yu Juncong. Il réitère sa demande et prie à nouveau instamment le gouvernement de lui
communiquer les éléments demandés sans autre délai.
- 185. Le comité regrette profondément de noter les rapports persistants
soumis par l’organisation plaignante depuis 2016 alléguant que le gouvernement a procédé
à l’arrestation, la détention et la persécution de militants syndicaux pour avoir
participé à des manifestations pacifiques afin de défendre les intérêts
socio-économiques des travailleurs. Le comité rappelle que la détention de dirigeants
syndicaux ou de syndicalistes pour des motifs liés à leurs activités de défense des
intérêts des travailleurs constitue une grave violation des libertés publiques, en
général, et des libertés syndicales en particulier. [Voir Compilation, paragr. 123.] Le
comité rappelle en outre qu’il n’y a aucune chance qu’un système de relations
professionnelles stables fonctionne harmonieusement dans un pays tant que des
syndicalistes y seront soumis à des mesures d’arrestation et de détention. [Voir
Compilation, paragr. 127.]
- 186. Le comité rappelle aussi qu’il avait prié instamment le gouvernement
de prendre toutes les mesures nécessaires, avec l’assistance technique du Bureau, pour
faciliter un dialogue constructif et inclusif avec les partenaires sociaux en vue
d’assurer le plein respect de la liberté syndicale, y compris le droit des travailleurs
de créer les organisations de leur choix, ce qui implique notamment la possibilité
effective de constituer, dans un climat de pleine sécurité, des organisations
indépendantes de celles qui existent déjà et de tout parti politique, et de garantir le
droit de manifestation pacifique des travailleurs et des employeurs. Le comité regrette
de nouveau de constater que le gouvernement se limite à répéter que les organisations
syndicales jouent un rôle important dans la protection des droits et des intérêts des
travailleurs et que, en exerçant leurs droits, les citoyens doivent se conformer à la
législation nationale de façon à préserver l’ordre social et public et à garantir le
respect des droits légitimes des autres personnes et organisations. Notant avec un
profond regret l’absence de toute information sur les mesures prises, avec l’assistance
technique du Bureau, pour faciliter un dialogue constructif et inclusif avec les
partenaires sociaux, le comité réitère sa demande et s’attend à ce que le gouvernement
fournisse des informations sur toutes les mesures prises ou envisagées pour faciliter ce
dialogue afin d’assurer le plein respect de la liberté syndicale.
- 187. Le comité a rappelé par le passé que les graves allégations
examinées en l’espèce entraient dans le champ d’application du paragraphe 54 des
procédures spéciales de l’OIT régissant l’examen des plaintes pour violation de la
liberté syndicale. Le comité exprime à nouveau sa préoccupation devant les faits du
présent cas, qu’il examine depuis octobre 2016 et qui révèlent un problème systémique
dont l’impact a été constaté sur la liberté syndicale des travailleurs, en raison des
nombreuses personnes qui ont été arrêtées, ont disparu ou ont fait l’objet
d’intimidations pour avoir tenté de défendre les intérêts collectifs des travailleurs et
au sujet desquelles le gouvernement a systématiquement manqué de fournir les
informations détaillées demandées par le comité, y compris sur la question de savoir si
des poursuites sont toujours en cours contre les militants syndicaux et sur les mesures
prises pour assurer le plein respect de la liberté syndicale. Compte tenu du manquement
persistant du gouvernement de fournir des informations détaillées sur les points
ci-dessus, ainsi que de prendre des mesures pour donner suite aux recommandations de
longue date qu’il formule, le comité se voit à nouveau contraint d’attirer l’attention
du Conseil d’administration sur la nature grave et urgente du présent cas. Le comité
prie instamment le gouvernement de faire davantage d’efforts pour communiquer sans délai
additionnel les autres informations demandées, afin que le comité dispose de tous les
éléments nécessaires pour examiner ce cas en pleine connaissance de cause, et il invite
à nouveau le gouvernement à accepter une mission de contacts directs pour lui permettre
de mieux comprendre la situation sur le terrain et de résoudre toute question en
suspens.
Recommandations du comité
Recommandations du comité- 188. Au vu des conclusions intérimaires qui précèdent, le comité invite
le Conseil d’administration à approuver les recommandations suivantes:
- a) Le
comité prie à nouveau instamment le gouvernement de communiquer une réponse
détaillée sur toutes les allégations restantes d’arrestation, de détention, de
mauvais traitements et de disparition concernant les 23 militants syndicaux et
partisans de ceux-ci mentionnés à l’annexe, sur les éventuelles accusations pénales
retenues contre eux, ainsi que sur les sanctions imposées.
- b) Le comité prie
instamment le gouvernement de prendre les mesures nécessaires, y compris
législatives, si nécessaire, afin de lui transmettre sans autre délai des copies des
décisions judiciaires (ou, tout au moins, des résumés suffisamment détaillés pour
lui permettre de déterminer si les condamnations rendues sont motivées par les
activités syndicales des intéressés) concernant les cas de MM. Meng, Wu Lijie,
Zhang Zhiyu, Jian Hui, Wu Guijun, He Yuancheng, Song Jiahui, Yang Zhengjun,
Wei Zhili, Ke Chengbing, Mi Jiuping, Liu Penghua, Yu Juncong et Li Zhan.
- c)
Le comité prie instamment le gouvernement de fournir des informations détaillées sur
les accusations portées contre M. Wang Jiangbing et Mme Hiang Xueqin et de lui
transmettre sans délai des copies des décisions judiciaires rendues en appel les
concernant. Il le prie en outre de confirmer que M. Wang Jiangbing a été remis en
liberté et, si tel n’est pas le cas, de faire en sorte que celui-ci et
Mme Hiang Xueqin soient libérés sans délai s’ils ont bien été condamnés pour leurs
activités dans les domaines syndical, social et économique. Le comité prie à nouveau
instamment le gouvernement de communiquer des observations détaillées sur
l’allégation de la Confédération syndicale internationale selon laquelle il n’existe
en Chine pratiquement aucun espace civique qui permette de mener en toute
indépendance une action de sensibilisation auprès de l’opinion publique ou
d’entreprendre des activités syndicales collectives, la situation étant aggravée par
la surveillance numérique et les restrictions draconiennes qui pèsent sur les
libertés civiles et la liberté d’expression, voire par leur suppression.
- d)
Le comité prie instamment le gouvernement de lui transmette sans autre délai une
copie du rapport d’enquête sur les allégations de traitements cruels subis par des
militants syndicaux pendant leur détention, rapport dans lequel il était conclu que
M. Zeng et d’autres personnes n’avaient pas subi de tels traitements durant leur
détention.
- e) Le comité prie à nouveau instamment le gouvernement de fournir
sans autre délai des informations sur toutes les mesures prises ou envisagées pour
assurer une protection adéquate contre la discrimination antisyndicale, en droit
comme dans la pratique, et de lui communiquer une copie du rapport sur les résultats
de l’enquête susmentionnée (cas de MM. Liu Penghua et Yu Juncong) et des
informations détaillées sur les allégations de licenciement de MM. Mi Jiuping,
Li Zhan, Song Yiao, Kuang Hengshu, Zhang Baoyan et Chang Zhongge.
- f) Le
comité prie à nouveau instamment le gouvernement de prendre toutes les mesures
nécessaires, avec l’assistance technique du Bureau, pour faciliter un dialogue
constructif et inclusif avec les partenaires sociaux en vue d’assurer le plein
respect de la liberté syndicale, y compris le droit des travailleurs de créer les
organisations de leur choix, ce qui implique notamment la possibilité effective de
constituer, dans un climat de pleine sécurité, des organisations indépendantes de
celles qui existent déjà et de tout parti politique, et de garantir le droit de
manifestation pacifique des travailleurs et des employeurs. Il prie le gouvernement
d’indiquer toutes les mesures prises ou envisagées à cet égard.
- g) Le comité
prie instamment le gouvernement qu’il fasse les efforts supplémentaires nécessaires
pour communiquer sans autre délai les autres informations demandées, afin que le
comité puisse disposer de tous les éléments requis pour examiner ce cas en toute
connaissance de cause, et il invite à nouveau le gouvernement à accepter une mission
de contacts directs pour lui permettre de mieux comprendre la situation sur le
terrain et de résoudre toute question en suspens.
- h) Le comité exprime sa
préoccupation devant les faits du présent cas, qu’il examine depuis octobre 2016 et
qui révèlent un problème systémique dont il a été constaté l’impact sur la liberté
syndicale des travailleurs, en raison des nombreuses personnes arrêtées, disparues
et ayant fait l’objet d’intimidation pour avoir tenté de défendre les intérêts
collectifs des travailleurs et au sujet desquelles le gouvernement a
systématiquement manqué de fournir les informations détaillées demandées par le
comité, y compris sur la question de savoir si des poursuites sont toujours en cours
contre les militants syndicaux et sur les mesures prises pour assurer le plein
respect de la liberté syndicale. Compte tenu du manquement persistant du
gouvernement de fournir des informations détaillées sur les points ci dessus, ainsi
que de prendre des mesures pour donner suite aux recommandations de longue date
qu’il formule, le comité se voit contraint d’attirer l’attention du Conseil
d’administration sur la nature grave et urgente du présent cas.
Annexe
Annexe- 1. Mme Shen Mengyu: diplômée de l’Université Sun Yat-sen. Arrêtée pour
avoir soutenu les travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 2. Mme Gu Jiayue: diplômée de l’Université de Beijing, arrêtée à son
domicile le 24 août 2018 pour avoir «causé des altercations et provoqué des troubles» et
placée en «résidence surveillée dans un lieu désigné». Arrêtée pour avoir soutenu les
travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 3. M. Xu Zhongliang: diplômé de l’Université des sciences et technologies
de Beijing, détenu depuis le 24 août 2018 pour avoir «causé des altercations et provoqué
des troubles» et placé en «résidence surveillée dans un lieu désigné». Arrêté pour avoir
soutenu les travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 4. M. Zheng Yongming: diplômé de l’Université d’agriculture de Nanjing,
détenu depuis le 24 août 2018 pour avoir «provoqué des altercations et des troubles» et
placé en «résidence surveillée dans un lieu désigné». Arrêté pour avoir soutenu les
travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 5. M. Shang Kai: responsable du site Web de gauche Hongse Cankao, arrêté
par la police du Guangdong le 24 août 2018 au bureau de Hongse Cankao. Toujours porté
disparu.
- 6. M. Fu Changguo: membre du personnel du centre pour les travailleurs
Dagongzhe, détenu depuis août 2018 pour «organisation d’un rassemblement en vue de
troubler l’ordre public». Impossible de savoir où il est détenu depuis son arrestation.
Aucun accès à un avocat et à sa famille.
- 7. M. Yang Shaoqiang: diplômé de l’Université des sciences et
technologies de Beijing, arrêté à son domicile en août 2018 pour avoir «causé des
altercations et provoqué des troubles». Lieu inconnu. Aucune autre information.
- 8. M. Tang Jialiang: étudiant poursuivant des études universitaires
supérieures à l’Institut de technologie de Beijing. Victime de disparition forcée depuis
le début du mois de septembre 2018. Toujours porté disparu.
- 9. M. Zhang Shengye: diplômé de l’Université de Beijing, arrêté sur le
campus et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Arrêté pour avoir soutenu
les travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 10. Mme Sun Min: diplômée de l’Université de Beijing, arrêtée à Guangzhou
et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Arrêtée pour avoir soutenu les
travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 11. M. Zong Yang: diplômé de l’Université de Beijing, arrêté à Beijing et
victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Arrêté pour avoir soutenu les
travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 12. M. Tang Xiangwei: défenseur des travailleurs, arrêté par la police à
Wuhan pour avoir soutenu les travailleurs de l’entreprise Jasic et victime de
disparition forcée le 11 novembre 2018. Aucune autre information.
- 13. Mme Zheng Yiran: diplômée de l’Université des langues et cultures de
Beijing, arrêtée à Beijing et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Arrêtée
pour avoir soutenu les travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 14. M. Lu Daxing: diplômé de l’Université des sciences et technologies de
Nanjing, arrêté à Beijing et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Arrêté
pour avoir soutenu les travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 15. Mme Li Xiaoxian: diplômée de l’Université de médecine chinoise de
Nanjing, arrêtée à Beijing et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Arrêtée
pour avoir soutenu les travailleurs de l’entreprise Jasic. Injoignable.
- 16. Mme Wang Xiangyi: diplômée de l’Université de Beijing, fondatrice du
Centre d’action sociale Qingying Dreamworks, arrêtée par la police à Shenzhen et victime
de disparition forcée le 9 novembre 2018. Aucune autre information.
- 17. Mme Jian Xiaowei: diplômée de l’Université Renmin, membre du
personnel du Centre d’action sociale Qingying Dreamworks, arrêtée par la police à
Shenzhen et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Aucune autre
information.
- 18. Mme Kang Yanyan: diplômée de l’Université des sciences et
technologies de Beijing, membre du personnel du Centre d’action sociale Qingying
Dreamworks, arrêtée par la police à Shenzhen et victime de disparition forcée le
9 novembre 2018. Aucune autre information.
- 19. Mme Hou Changshan: diplômée de l’Université des langues étrangères de
Beijing, membre du personnel du Centre d’action sociale Qingying Dreamworks, arrêtée par
la police à Shenzhen et victime de disparition forcée le 9 novembre 2018. Aucune autre
information.
- 20. Mme Wang Xiaomei: diplômée de l’Université des sciences et
technologies de l’information de Nanjing, membre du personnel du Centre d’action sociale
Qingying Dreamworks, arrêtée par la police à Shenzhen et victime de disparition forcée
le 9 novembre 2018. Aucune autre information.
- 21. Mme He Xiumei: apportait son soutien au Centre d’action sociale
Qingying Dreamworks, arrêtée par la police à Shenzhen et victime de disparition forcée
le 9 novembre 2018. Aucune autre information.
- 22. Mme Zou Liping: membre du personnel d’un syndicat local, arrêtée à
Shenzhen le 9 novembre 2018 pour avoir «provoqué des querelles et des troubles». Arrêtée
par la police et victime de disparition forcée. Aucune autre information.
- 23. M. Li Ao: membre du personnel d’un syndicat local, placé en détention
à Shenzhen le 9 novembre 2018, accusé d’avoir «causé des altercations et provoqué des
troubles». Arrêté par la police et victime de disparition forcée. Aucune autre
information.